Primaire: Peillon n’aurait pas été candidat face à Hollande
Vincent Peillon, qui a annoncé dimanche soir sa candidature à la primaire de la gauche, n'aurait pas été candidat face à François...

Primaire: Peillon n’aurait pas été candidat face à Hollande

Vincent Peillon, qui a annoncé dimanche soir sa candidature à la primaire de la gauche, n'aurait pas été candidat face à François...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Vincent Peillon, qui a annoncé dimanche soir sa candidature à la primaire de la gauche, n'aurait pas été candidat face à François Hollande, indique-t-il lundi, jugeant par ailleurs que Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron sont "deux candidats respectables hors de cette primaire".

"Je pensais que François Hollande serait candidat parce que je considérais que l’appréciation de son bilan, comme celle de sa personne, était injuste par rapport à la réalité. Il me semblait que quelle que soit la difficulté, il était le mieux placé pour expliquer aux Français ce qu’il avait fait", déclare l'ancien ministre de l'Education dans un entretien au Monde. "Je suis peut-être dans cette primaire le seul qui n’y serait pas allé s’il avait été candidat", ajoute-t-il.

M. Peillon assure vouloir "d'abord apporter une exigence de vérité". "J’ai entendu ces dernières années des critiques radicales, manichéennes, brutales, venant parfois de notre propre camp. Elles nous ont affaiblis", regrette-t-il.

"Un pays comme la France qui a rétabli ses comptes publics et sociaux sans attaquer le modèle social, c’est unique. Mieux, des réformes de progrès ont été faites, avec le compte pénibilité, l’embauche de fonctionnaires dans la police ou l’école, la garantie jeunes, la complémentaire santé pour tous, la contraception gratuite pour les jeunes filles, l’encadrement des loyers, la COP21, le mariage pour tous…", défend-il.

Le candidat émet cependant des réserves sur le bilan du quinquennat: "on peut regretter qu'il n'y ait pas eu des contreparties suffisantes au pacte de responsabilité", "il y a eu aussi la méthode de gouvernement, avec une base politique trop étroite", "il y a eu aussi des brutalités, comme le 49-3 lors de la loi travail".

M. Peillon, qui assure n'être "instrumentalisé par personne", prend clairement ses distances avec Manuel Valls: "j'ai mon identité politique, mon projet. Je n'ai jamais changé de ligne. J'ai toujours défendu les 35 heures, je n'ai jamais dit que je voulais supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune".

Face à l'ancien Premier ministre, il affirme porter "une idée humaniste de la laïcité républicaine qui est celle de 1905" et indique ne pas comprendre "qu'on ait pu soutenir des arrêtés contre le burkini (comme l'a fait M. Valls). Cela n'a rien à voir avec la loi de 1905 ni avec l'idée même de laïcité".

A gauche, l'ancien ministre de l'Education estime qu'"il y a deux candidats respectables" hors de la primaire organisée par le PS: Jean-Luc Mélenchon et "aussi Emmanuel Macron". "Il n’est pas notre ennemi, il incarne une proposition politique. Nous avons des désaccords. Mais si nous voulons battre la droite et l’extrême droite, nous aurons après la primaire à poursuivre le rassemblement".

"Je suis candidat à l'élection présidentielle pour que la gauche gagne", affirme celui qui a déjà reçu le soutien de la maire de Paris Anne Hidalgo et celui, à titre personnel, de la chef de file de la motion D du Congrès de Poitiers (La Fabrique), la députée Karine Berger.

Partager cet article

Dans la même thématique

Primaire: Peillon n’aurait pas été candidat face à Hollande
4min

Politique

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.

Le

Primaire: Peillon n’aurait pas été candidat face à Hollande
5min

Politique

Municipales à Montpellier : sécurité, gestion des déchets, transports… Que retenir du débat d’entre deux tours ?

A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.  

Le

FRA – LR RETAILLEAU – ELECTION MUNICIPALES 2026
8min

Politique

Municipales : en lâchant Christian Estrosi à Nice, Bruno Retailleau enflamme toute la droite, avec 2027 en ligne de mire

À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.

Le

Paris : Sarah Knafo – Meeting au Dome de Paris
6min

Politique

Municipales : le retrait calculé de Sarah Knafo recompose le jeu à Paris

Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.

Le