Deux des trois syndicats représentatifs des gardiens de prisons ont rejeté jeudi le projet d'accord visant à mettre fin au vaste mouvement des...
Prisons: le projet d’accord rejeté par deux syndicats
Deux des trois syndicats représentatifs des gardiens de prisons ont rejeté jeudi le projet d'accord visant à mettre fin au vaste mouvement des...
Par Sofia BOUDERBALA et Pierre ROCHICCIOLI, avec les bureaux de l'AFP en région
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Deux des trois syndicats représentatifs des gardiens de prisons ont rejeté jeudi le projet d'accord visant à mettre fin au vaste mouvement des surveillants qui dure depuis onze jours, mais la garde des Sceaux a reçu le soutien appuyé d'Emmanuel Macron.
"La ministre est à la manoeuvre et, je suis sûr, aura une solution négociée avec les organisations" syndicales, a déclaré le président, alors que l'exécutif est accusé de ne pas avoir vu venir cette mobilisation d'une ampleur inédite depuis 25 ans.
"Le Premier ministre et moi avons pleinement confiance et soutenons pleinement l'action de la ministre", a-t-il ajouté lors d'un déplacement en Auvergne.
Edouard Philippe a appelé pour sa part "chacun" au "sens des responsabilités". "Nous avons fait des propositions et nous considérons qu'elles sont tenables. Je pense aussi qu'il faut regarder l'avenir, regarder ce qui est vraiment sur la table et j'espère que le débat pourra continuer", a lancé le chef du gouvernement.
La ministre de la Justice Nicole Belloubet, le 22 janvier 2018 à Paris
AFP/Archives
La garde des Sceaux Nicole Belloubet a reçu dans la journée les responsables des principaux syndicats, l'Ufap-Unsa Justice (40%), FO-Pénitentiaire (30%) et la CGT-Pénitentiaire (15%), pour leur présenter un projet d'accord.
Ce texte comprend des mesures pour améliorer la gestion des détenus radicalisés, comme la construction de 1.500 places dans des quartiers étanches, et des mesures concrètes pour renforcer la sécurité des agents comme le menottage des détenus dangereux et un retour aux fouilles inopinées de cellules.
Le ministère s'est également engagé sur la création de 1.100 emplois supplémentaires et sur une enveloppe de plus de 30 millions d'euros pour renforcer les indemnités perçues en complément de salaire par les surveillants.
- 'L'essentiel n'y est pas' -
Mais, la CGT et Force ouvrière ont annoncé qu'elles ne signeraient pas le document, au vu des réactions de leurs adhérents.
Manifestation de surveillants devant la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, le 25 janvier 2018
AFP
"L'essentiel n'y est pas", a estimé la CGT en déplorant l'absence de proposition sur l'évolution statutaire des personnels pénitentiaires, devenue ces derniers jours une revendication clé.
De son côté, Jean-François Forget, secrétaire général de l'Ufap-Unsa, a évoqué après la réunion "des avancées": "On est passé de 30 millions à 34 millions d'euros pour les indemnités et on a débloqué 40 millions d'euros pour les créations de postes", a-t-il dit.
Indiquant consulter sa base sur le projet d'accord, son syndicat a appelé à poursuivre le mouvement vendredi matin.
Nicole Belloubet, qui doit être bientôt entendue par la commission des lois du Sénat sur cette crise, a appelé jeudi soir sur RTL les surveillants à "regarder les propositions qui sont faites", tout en disant comprendre "qu'il y ait des réactions de colère".
"Ce qui nous était demandé par les organisations syndicales s'y retrouve très globalement", a-t-elle assuré.
- Arrêts maladie -
Conséquence de cet enlisement pour les prisonniers, un premier recours a été déposé par un détenu du centre de Moulins-Yzeure (Allier) qui n'a pas pu prendre de douche "depuis neuf jours" ou eu droit à des promenades, a annoncé l'Observatoire international des prisons (OIP).
Le mouvement des gardiens de prison, lancé après l'agression de surveillants par un détenu jihadiste à Vendin-le-Viel (Pas-de-Calais), s'est amplifié à la suite d'une série d'agressions, de négociations infructueuses et de l'implication tardive de Nicole Belloubet en première ligne.
Sur le terrain, le mouvement a affecté jeudi 116 des 188 prisons françaises, à des degrés divers. Dans l'après-midi, les gardiens de "42 établissements" refusaient encore, en totalité ou en partie, de prendre leur service (contre 72 le matin), selon la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP).
La tension était montée d'un cran mercredi, quand l'administration a demandé aux directeurs de sanctionner les surveillants qui bloquent les accès aux établissements. Les gardiens n'ont statutairement pas le droit de grève.
Les premières sanctions sont tombées, en Occitanie (à Perpignan) ou dans le Nord: ce sont "des révocations partielles de cinq à 15 jours avec sursis pour la plupart", a précisé à l'AFP le directeur interrégional des services pénitentiaires, Alain Jégo.
Face aux annonces de sanctions, les arrêts maladie se multipliaient, ont relevé syndicats et responsables pénitentiaires.
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