Protection du climat dans la Constitution : les sénateurs toujours aussi perplexes
Présenté ce mercredi 20 janvier en conseil des ministres, le projet de loi visant à inscrire la protection de l’environnement et la biodiversité dans l’article 1 de la Constitution, continue d’être très largement critiqué par les sénateurs.

Protection du climat dans la Constitution : les sénateurs toujours aussi perplexes

Présenté ce mercredi 20 janvier en conseil des ministres, le projet de loi visant à inscrire la protection de l’environnement et la biodiversité dans l’article 1 de la Constitution, continue d’être très largement critiqué par les sénateurs.
Public Sénat

Par Antoine Comte

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

On a parlé climat au conseil des ministres ce mercredi matin avec la présentation à l’Elysée du projet de loi visant à inscrire la protection du climat dans l’article premier de la Constitution. La France « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et la lutte contre le dérèglement climatique » : voici la phrase très précise que voudrait ajouter l’exécutif dans l’article 1. Mais cette proposition d’Emmanuel Macron qui émane de la Convention citoyenne sur le climat est loin de faire l’unanimité au Sénat.

En particulier du côté de la majorité LR où de nombreuses voix continuent de s’élever pour critiquer ce projet de loi qui devrait être débattu au mois de mai à la chambre haute.

Gérard Larcher, le président sur Sénat a en effet déjà posé ses conditions pour voter la réforme chez nos confrères d’Europe 1 : « Ne pas inscrire dans le préambule de la Constitution ce principe de la protection climatique mais le mettre dans un article, mais au même niveau que d’autres libertés fondamentales comme l’égalité entre l’homme et la femme ou encore la liberté d’entreprendre pour que nous ayons une écriture à la fois pragmatique et efficace, et que la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique soient prises en compte dans notre loi fondamentale mais ne soient pas supérieures aux principes essentiels de notre loi fondamentale ».

« Le Sénat ne doit pas bloquer le débat »

Le sénateur Hervé Marseille n’est pour sa part, pas plus enthousiaste. « C’est un texte qui n’a pas nécessairement nos faveurs parce que chacun va évidemment interroger le juge constitutionnel pour faire prévaloir son point de vue. Que pourra-t-on faire demain dès lors que systématiquement on fera appel au juge constitutionnel pour essayer de contrarier des projets importants ? », se questionne, inquiet, le président du groupe Union centriste.

Le bras de fer entre le Sénat et l’exécutif ne semble donc pas près de s’atténuer même si les élus écologistes sont convaincus de l’utilité d’un débat au Sénat. « Il faut que le débat ait lieu et que le Sénat ne le bloque pas de façon stérile », a assuré Ronan Dantec, le sénateur écologiste de Loire Atlantique.

En marge des questions au gouvernement, la ministre de l’Ecologie Barbara Pompili s’est confiée à notre micro. Pour elle, inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution est « une mesure symbolique mais surtout très forte. »

 

Avec ce projet de loi, la majorité sénatoriale se retrouve qui plus est, confrontée à un vrai dilemme. Voter contre le texte et apparaître comme immobiliste voire rétrograde dans la lutte contre le réchauffement climatique ou alors à l’inverse voter finalement en faveur de ce projet de loi, et offrir ainsi une victoire politique à Emmanuel Macron à quelques mois de l’élection présidentielle.

Des inquiétudes demeurent également quant au calendrier parlementaire déjà très rempli jusqu’à la fin du quinquennat. Si plusieurs sénateurs pensent en effet qu’il sera difficile de tenir la navette parlementaire entre l’Assemblée nationale et le Sénat et d’organiser la campagne référendaire avant 2022, d’autres assurent aussi que cette réforme « n’est pas la priorité du moment » en raison de l’urgence sanitaire, économique et sociale liée à l’épidémie de covid-19 et notamment l’apparition récente de plusieurs variants du virus à l’étranger.

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture ICIEU
4min

Politique

L'IVG doit être un « droit » reconnu par l'Union européenne pour cette eurodéputée finlandaise

L’Union européenne apparaît comme un rempart des droits des femmes, mais si on y regarde à la loupe, elle connait aussi une forme de régression. Ainsi, le droit à l’avortement est en recul dans plusieurs pays tels que l’Italie, la Hongrie, et surtout la Pologne, où il est quasiment interdit, tout comme à Malte. Malgré une initiative populaire reprise par la Commission européenne pour donner un accès à l’IVG pour toutes les européennes, la bataille idéologique bat son plein. "Ici l'Europe" ouvre le débat, avec les eurodéputés Anna Cavazzini (Allemagne, les Verts), Sirpa Pietikäinen (Finlande, PPE) et Marc Angel (Luxembourg, S&D).

Le

Protection du climat dans la Constitution : les sénateurs toujours aussi perplexes
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Second round legislative election-Dijon
11min

Politique

Sondages : pour les municipales, « un exercice vraiment plus difficile » pour les sondeurs

Les sondages sont-ils fiables pour les municipales ? C’est la question qui se pose après la publication de deux sondages Odoxa et Ifop sur Nantes, totalement contradictoires. « C’est probablement la méthodologie qui a été choisie qui explique les écarts importants », explique Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa. « Les enquêtes par téléphone ne sont pas les plus efficaces ou faciles, et beaucoup sont réalisées par téléphone » dans les villes moyennes, ajoute Jean-Daniel Levy, directeur délégué de Harris Interactive. Plongée dans la fabrique des sondages.

Le