Psychiatrie des mineurs : la grande oubliée ?
Le Sénat a lancé une mission d’information autour de l’offre de soins en matière de santé mentale des mineurs. Un sujet peu abordé par les travaux parlementaires.

Psychiatrie des mineurs : la grande oubliée ?

Le Sénat a lancé une mission d’information autour de l’offre de soins en matière de santé mentale des mineurs. Un sujet peu abordé par les travaux parlementaires.
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Cette mission d'information a été mise en place à l’initiative des sénateurs RDSE Jacques Mézard et Michel Amiel, qui la considèrent comme « indispensable pour examiner l’organisation et le fonctionnement concret des différents éléments de l’offre de soins psychiatriques pour les mineurs, de façon à établir clairement les conditions de ce fonctionnement ».

En France, les troubles soignés par la psychiatrie infantile concerne les difficultés de langage, les troubles du sommeil et de l’alimentation, l’autisme ou encore les pathologies liées au suicide et à la toxicomanie.  

« Je suis parti d’un constat, à savoir le manque de moyens dans le domaine de la psychiatrie en général et en pédopsychiatrie en particulier » explique Michel Amiel sur le plateau de sénat 360. Les centres médicaux-psychologiques (CMP), qui prennent majoritairement en charge ces enfants, dénoncent en effet les restrictions budgétaires, le manque de places et l’insuffisance de personnels. Le CMP de l’hôpital Ste-Anne a notamment été contraint de fermer ses portes.

L’objectif de cette mission sera également de mieux comprendre la souffrance chez les jeunes, afin de dépister et diagnostiquer plus rapidement ces troubles. « Pour cela, il faudra une meilleure formation des professionnels, et également pour bien faire la différence entre un enfant en souffrance sociale et un enfant qui pourrait présenter une maladie psychiatrique  » préconise Alain Milon, sénateur et président de cette mission d’information. Auteur de deux rapports au Sénat sur le sujet, le sénateur, médecin de formation, souligne qu’il faut actuellement dix ans à un médecin généraliste pour diagnostiquer un trouble psychiatrique.

Alain Milon : " Il faut une meilleure formation des professionnels pour dépister plus rapidement les troubles psychiatriques "
01:31

La mission d’information sera marquée par des déplacements dans les centres spécialisés partout en France, et des auditions de professeurs et médecins. Parmi eux, Marie-Rose Moro, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, chef de service à l’université Paris-Descartes. Auteur d’un rapport sur le bien-être et la santé des jeunes, elle souligne la nécessité d’une telle mission au Parlement. « C’est une question de société » explique-t-elle. « Les études montrent que le mal-être chez les jeunes augmente, et qu’on tolère moins cette souffrance, et avec raison. Aujourd’hui on a plus tendance à se demander s’il y a de la souffrance, et si oui, si elle peut être soignée ».  

Marie-Rose Moro: " Les études montrent que le mal-être chez les jeunes augmente "
00:55

La mission souhaite également s’intéresser aux addictions et à la radicalisation chez les jeunes. « C’est autant de sujets qu’on va essayer d’aborder sans tabou et sans polémique » explique Michel Amiel. « On est là pour se mettre autour d’une table et voir ce qui peut être mieux pour l’enfant et l’adolescent, et donc pour l’adulte en puissance, par rapport à leur intégration dans la société et leur bien-être ».

 

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