Quand Clinton se félicitait des échanges avec la Chine
Pendant sa campagne électorale Donald Trump avait promis de rééquilibrer les relations entre la Chine et les États-Unis accusée de pratiques commerciales agressives, allant même jusqu’à menacer de ne plus reconnaître une « Chine unique ». Si depuis le président américain à fait des gestes d’apaisements, les relations entre l’empire du milieu et les États-Unis ont toujours été faites de rivalités et d’ingérence. Retour sur près de 50 ans de relations tumultueuses entre les deux pays.

Quand Clinton se félicitait des échanges avec la Chine

Pendant sa campagne électorale Donald Trump avait promis de rééquilibrer les relations entre la Chine et les États-Unis accusée de pratiques commerciales agressives, allant même jusqu’à menacer de ne plus reconnaître une « Chine unique ». Si depuis le président américain à fait des gestes d’apaisements, les relations entre l’empire du milieu et les États-Unis ont toujours été faites de rivalités et d’ingérence. Retour sur près de 50 ans de relations tumultueuses entre les deux pays.
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Par Priscillia Abereko

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Les États-Unis n'ont pas toujours été en froid avec Pékin. Si Donald Trump a brusquement décidé de remonter les droits de douane sur les panneaux solaires chinois, il fut un temps ou les échanges étaient encouragés. Nous sommes en 1999 et la chine entre à l'OMC. Bill Clinton le président des États-Unis de l’époque, va à l’encontre du discours actuel de Donald Trump et présente alors la Chine comme une terre d’opportunités. Avec l'entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le pays entre dans le libéralisme : « En ouvrant ses frontières, la Chine donne des opportunités aux agriculteurs, aux employés et aux entreprises américaines. Ils peuvent désormais entrer avec succès sur le marché chinois et apporter la prospérité à la Chine », espère alors le président américain.

Avant les tensions, l’entente économique

Pierre Picquart, géopolitologue spécialiste de la Chine qui a conseillé la commission européenne sur ce sujet : « dans mes recommandations à la Commission européenne je préconisais les partages de partenariat à venir, pour mieux se comprendre, pour se parler et favoriser un monde un peu plus multipolaire […] en considérant la Chine comme un État pouvant être lui aussi sur la scène internationale, ayant un désir de s’ouvrir et avec qui on peut parler ».

Cette position de Bill Clinton contraire à celle de Donald Trump, s’explique avant tout par une forte différence idéologique entre démocrates et Républicains. Pour François Bujon de l’Estang, ancien ambassadeur français aux États-Unis de 1995 à 2002 : « Les démocrates sont multilatéralistes, ils croient à la gouvernance mondiale, ils croient aux organisations internationales. Les républicains et singulièrement Monsieur Trump sont hostiles au multilatéralisme. Ils croient au bilatéralisme, ils ne croient qu’au rapport de force, ils ne croient pas à l’organisation internationale à la Wilson, père de la société des Nations ».

L’origine des relations Chine USA

C'est pourtant un républicain qui normalisera les relations avec Pékin. En 1972, le président Richard Nixon planifie un voyage officiel en Chine. L’objectif principal à long terme, est de permettre aux États-Unis de jouer un rôle en Chine, future grande puissance mondiale à l’époque et surtout rival de l'URSS.

À l’époque il n'y a aucune relation diplomatique entre les deux pays. François Bujon de l’Estang précise « il n’y avait aucune ambassade. Il n’y avait pas de relations diplomatiques établies entre la Chine de Pékin, la Chine populaire et les États-Unis d’Amérique […] La Chine est bien entrée au Conseil de sécurité de l’ONU en 1971, mais elle y est entrée avec le vote contraire des États-Unis ». Avant d’ajouter, « le voyage de Nixon est un évènement majeur, capital, qui est l’aboutissement de tous un cheminement du président lui même […] Le président Nixon était un anti communiste pur et dur. Il avait été le vice-président du président Eisenhower pendant des années. Il n’avait plus rien à prouver sur son anti communisme et de ce fait il était celui qui pouvait prendre l’initiative de faire un pas en direction de Pékin ».

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Si les États-Unis voulaient s’allier économiquement à la Chine, quels étaient à l’inverse les intérêts des chinois ? Pour Pierre Picquart, leur volonté était la même que celle des Américains : « la Chine avait un intérêt essentiel, celui de s’ouvrir économiquement au monde car c’est un système qui a l’époque de Mao ne pouvait pas perdurer. Cette Chine des réformes, allait s’ouvrir avec Deng Xiaoping pour construire une Chine nouvelle et plus moderne ».

Comme Nixon, Deng Xiaoping le vice-premier ministre chinois de l’époque, effectue une visite à Washington en 1979. Accueilli en véritable chef d’État par le président américain Jimmy Carter, les deux hommes soulignent par les actes et par les paroles, l’importance des nouvelles relations entre les États-Unis et la Chine. Une visite retour pour François Bujon de l’Estang, « afin de développer les relations politiques et économiques avec les États-Unis. Mais aussi d’examiner les conséquences géopolitiques de la fin de la guerre du Vietnam. Le Vietnam du Nord avait gagné, et avait réunifié le Vietnam à son profit, il devenait un client difficile pour Pékin, un sujet qui préoccupait beaucoup les chinois à cette époque ».

Quarante-six ans après ce premier pas vers des relations diplomatiques entre Américains et chinois, comment expliquer ce basculement actuel vers des relations de plus en plus tumultueuses ?

Toutes les réponses sont dans L’Info dans le Rétro, Chine USA, une relation en pointillé, présentée par Fabrice D’Almeida et diffusée vendredi 9 février à 23h, samedi 10 février à 8h30 et 15h30 et dimanche 11 février à 12h.

Bibliographie :

  • La Chine : une menace militaire ? de Pierre Picquart aux éditions Favre
  • Mensuel L’Histoire, La Révolution 1848

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