Société
Il y aura bien un débat. Alors que les députés ont entamé la seconde lecture des propositions de loi sur la fin de vie, les sénateurs n’auront pas recours à une question préalable, lors du retour du texte, la semaine du 30 mars.
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Par Public Sénat
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Jean-Louis Borloo saura-t-il répondre présent ? L’ancien patron de l’UDI devrait rendre son rapport sur les banlieues la semaine prochaine, après avoir été reporté au moins deux fois. Une manière de peaufiner les derniers détails de ce « big bang institutionnel », comme l’a baptisé le principal intéressé, le 6 avril dernier, lors des Journées nationales de « France urbaine ». Selon lui, « on peut réussir à redresser les quartiers, et vite, à condition de se doter d’un plan de bataille rédigé et que chacun rende des comptes. » Le tout pour un investissement de 48 milliards d’euros. Une excellente nouvelle pour les élus des banlieues qui alertent depuis des mois sur la situation « urgente » des quartiers populaires. « Je ne connais pas encore les propositions du rapport mais il aura au moins le mérite de mettre toutes les questions sur la table » se réjouit le sénateur LR de Seine-Saint-Denis, Philippe Dallier.
Mais entre les ambitions de Jean-Louis Borloo et la gestion budgétaire stricte du gouvernement, le rapport est-il mort-né ? « Il y a des contradictions entre les discours et les actes. Quand le président de la République parle des quartiers populaires, très franchement, je pourrais presque signer son propos » expliquait, début avril, Stéphane Troussel, président socialiste du département de la Seine-Saint-Denis sur Public Sénat. « Mais entre ce discours bon et bienveillant » et la réalité, « il y a un certain nombre d’actes qui sont en contradiction. Le gouvernement entrave notre capacité à mettre en œuvre les objectifs qu’il a lui même énoncés. » Dans son sillage, plusieurs élus craignent un coup de communication plutôt qu’un véritable changement.
Dans Libération, une ministre affiche d’ailleurs son scepticisme envers le rapporteur, preuve que ces solutions ne seront pas parole d’évangile pour l’exécutif. « Ils auraient tort de ne pas prendre Borloo au sérieux car il connaît très bien le sujet des banlieues » avertit néanmoins Philippe Dallier. Jean-Louis Borloo a d’ailleurs consulté tous azimuts pour préparer son rapport et peut se targuer d’avoir transformé la ville de Valenciennes, lorsqu’il était maire de la ville.
Mais pour Philippe Dallier, la politique de la ville ne suffit pas. « Il y a un besoin absolu de faire revenir la République dans un certain nombre de quartiers, partis à la dérive » martèle l’ancien maire de Pavillon-sous-bois. « C’est du droit commun ! » Et de prévenir : « Si on laisse les choses dériver comme cela, on ne rattrapera plus rien ». Borloo est donc bien attendu au tournant. Mais le gouvernement peut-être encore plus.