Jean-Luc Mélenchon est-il en train de réaliser la campagne de sa vie ? Devant Benoît Hamon dans les sondages, le candidat de la France Insoumise se pose en « figure rassurante » pour, cette fois-ci, assurer son hégémonie à gauche.
Quelles différences entre Mélenchon 2012 et Mélenchon 2017 ?
Jean-Luc Mélenchon est-il en train de réaliser la campagne de sa vie ? Devant Benoît Hamon dans les sondages, le candidat de la France Insoumise se pose en « figure rassurante » pour, cette fois-ci, assurer son hégémonie à gauche.
« Je deviens une figure rassurante ». C’est l’analyse que livre Jean-Luc Mélenchon dans le JDD sur sa percée dans les sondages. Avec 15 à 17% d’intentions de vote, selon différents sondages, le leader de la France Insoumise, sent « la vague » se lever comme il l’a affirmé, ce week-end, à Châteauroux. A la même époque pourtant, en avril 2012, un sondage CSA le plaçait également à 17%. Avec 11,10% des suffrages au premier tour, Jean-Luc Mélenchon n’avait pas réussi son objectif: arriver devant Marine Le Pen (17,90% en 2012).
Prise de distance avec le PCF
Approuvée à la fois par les militants et la direction du Parti communiste, la candidature Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2012 avait fait peu de remous place du Colonel Fabien. Après le score historiquement bas en 2007 de la candidate PC Marie-Georges Buffet (1,93%), pour la première fois depuis 1974, les communistes n’ont pas de candidats au premier tour de la présidentielle, préférant miser sur la personnalité plus « médiatique » de l’eurodéputé. En 2017, les relations se sont tendues entre Jean-Luc Mélenchon et le PC. Le 5 novembre dernier, la direction du parti avait voté pour une candidature communiste autonome avant d’être désavouée quelques semaines plus tard par un vote des militants. Lors de sa marche pour une VIème République, les drapeaux communistes étaient néanmoins priés de se poster loin des caméras, au profit de drapeaux tricolores. Si dans le JDD, Jean-Luc Mélenchon pense désormais apparaitre, non pas comme « une figure raisonnable » « mais raisonnée », son affiche de campagne 2017 semble également plus présidentiable.
L’injonction « prenez le pouvoir » et le fond rouge de 2012 sont remplacés, par un fond nuageux avec la mention « la force du peuple ». Pour ne pas dire « force tranquille » ? « Comme Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon dispose de ce que les Allemands appellent un ‘‘ich partei’’, c'est-à-dire un parti très vertical organisé autour d’un candidat » note le communicant Philippe Moreau-Chevrolet. «La scénographie des meetings est similaire au deux: un candidat, une estrade, des gens autour, un logo spécifique... »
« La fin du bruit et de la fureur » ?
Autre affirmation de Jean-Luc Mélenchon dans le JDD: « bruit et la fureur, ce n'est plus l'attente de la société ». Le candidat parle-t-il de sa précédente campagne ? Il y a 5 ans et même avant, Jean-Luc Mélenchon n’hésitait pas à apostropher violement les journalistes. Un média bashing un peu moins assumé en 2017 à l’image de son passage dans l’émission C à vous sur France 5, où il a dû faire face à une compilation de ses colères. Contenant son énervement en plateau, il finira par lâcher sur Twitter : « émission traquenard. Parfumé mais puant ».
« Comme en 2012, il utilise la technologie pour contourner les médias traditionnels. Lors de la précédente campagne, il avait lancé une web série (En Marche, les coulisses de la campagne. ndlr), cette année c’est par sa chaine Youtube, et un style très youtubeur, qu’il compte contourner les médias » relève Philippe Moreau-Chevrolet. En termes d’innovations techniques, on n’oublie pas, non plus, la première utilisation d’un hologramme dans une campagne électorale française.
Fin des attaques frontales à l’encontre de Marine Le Pen
Mis à part les journalistes, en 2012, c’est Marine Le Pen, l’objet de la colère de Jean-Luc Mélenchon. Personne n’a oublié cette séquence où la candidate FN refuse de débattre avec Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de l’Emission « Des paroles et des actes ». La fille de Jean-Marie Le Pen lui reproche notamment de l’avoir qualifié de « semi-démente ».
En 2017, le candidat de la France Insoumise ne semble pas vouloir rentrer dans un duel frontal avec tel ou tel candidat. Lors du débat du 20 février dernier, Jean-Luc Mélenchon à ménager ses attaques ad hominem y compris à l’encontre de Marine Le Pen, laquelle a réservé les siennes à Emmanuel Macron.
Mélenchon : de la gauche protestataire à la gauche crédible ?
Ce qui a changé fondamentalement pour Jean-Luc Mélenchon, c’est la faiblesse actuelle du candidat PS. Autour de 11% dans les intentions de vote, Benoit Hamon vit une fin de campagne difficile. Fragilisé sur sa mesure phare le revenu universel, jugée peu crédible par l’ensemble de ses concurrents, le candidat socialiste subit une vague de défections dans ses rangs, au premier desquels celle de Manuel Valls. « Il n'était pas prévu que le candidat du PS se soit encalminé ainsi. Tout cela donne un relief particulier à ma candidature » explique Jean-Luc Mélenchon au JDD. Et quand bien même le candidat désigné par EELV, Yannick Jadot a rejoint, au prix d’âpres négociations, Benoît Hamon, le candidat de la France Insoumise n’a lui pas à rougir de ses propositions en matière d’environnement. « Sa fameuse règle verte : « ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer ni produire plus que ce qu’elle peut supporter » est détaillée et répétée à longueur de meetings et d’interviews. « Il veut clairement faire une OPA sur le parti socialiste. Par ses propositions environnementales, il reconstitue une logique hégémonique à gauche qui jusque là appartenait au PS » note Philippe Moreau Chevrolet.
Si Jean-Luc Mélenchon entend réserver encore des « surprises » pour la dernière ligne droite de la campagne et faire de « la France indécise une France Insoumise », il n’est, pour le moment, que le quatrième homme de cette présidentielle, soit la même position que le soir du 22 avril 2012.
Présentée le 13 octobre à la presse, la proposition de loi déposée par le sénateur écologiste Guillaume Gontard vise à renforcer l’encadrement de la production, de la traçabilité et de la distribution des produits à base de cannabidiol (CBD).
Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).
Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.
Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.