Qui est Sophie Binet, première femme à la tête de la CGT ?
Après une longue nuit de tractations et le rejet des candidatures des deux favorites : Céline Verzeletti et Marie Buisson, c’est Sophie Binet qui prend la tête de la centrale de Montreuil, après une candidature surprise. Un coup de théâtre. Elle devient la première femme à occuper ce poste dans un syndicat qui existe depuis 128 ans. Portrait.

Qui est Sophie Binet, première femme à la tête de la CGT ?

Après une longue nuit de tractations et le rejet des candidatures des deux favorites : Céline Verzeletti et Marie Buisson, c’est Sophie Binet qui prend la tête de la centrale de Montreuil, après une candidature surprise. Un coup de théâtre. Elle devient la première femme à occuper ce poste dans un syndicat qui existe depuis 128 ans. Portrait.
Public Sénat

Par Audrey Vuetaz

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« Je suis heureux ! Vraiment heureux ! » Dominique Spinali, délégué CGT dans l’usine verrière Verallia de Cognac, ne cache pas sa joie. « Il nous fallait quelqu’un qui soit force de proposition mais qui puisse aussi taper du poing sur la table quand il le faut et Sophie c’est cette personne. Elle va pouvoir rassembler les deux CGT, celle qui est plus dans le combat et l’autre qui est plus dans la médiation. On va pouvoir repartir sur de bonnes bases avec une CGT unie. »

Et quand on souligne qu’elle est aussi la première femme élue, « c’est vrai, mais elle est aussi très compétente, ça montre que le syndicat évolue certes, mais on n’a pas mis une femme pour mettre une femme, on a choisi quelqu’un avec de grandes qualités, pour moi c’était la meilleure. » Pourtant elle n’était pas la favorite. Mais la candidature de Marie Buisson, poussée par la précédente direction, a été rejetée à deux voix près. Sa principale opposante, Céline Verzeletti n’a pas été élue non plus car jugée trop radicale. Face à cette impasse, les instances se sont tournées vers une troisième voie, celle de Sophie Binet.

Un profil de cadre, peu compatible sur le papier avec l’image de la CGT

De Sophie Binet, on connaît peu de choses. A 41 ans, elle était jusqu’ici à la tête de l’Ugict, le syndicat des cadres de la CGT, plutôt réformateur.

Militante à gauche depuis l’âge de 15 ans, elle s’est mobilisée contre le CPE, le contrat première embauche, fortement décrié puis abandonné en 2006. Elle obtient ensuite un diplôme de philosophie avant de devenir conseillère principale d’éducation. On la retrouvera sur le devant de la scène en 2016, fortement mobilisée contre la loi travail. Elle a lancé une pétition #LoiTravailNonMerci avec la féministe Caroline de Haas.

Militante pour l’égalité femmes-hommes

Sophie Binet est aussi pilote de la Commission Femmes Mixité de la CGT, très engagée pour l’égalité au travail entre les femmes et les hommes. En 2018 à notre micro elle citait d’ailleurs l’Islande en modèle, pour l’égalité salariale. (Voir notre vidéo). Elle est aussi co-auteure du livre « Féministe, la CGT ? Les femmes, leur travail et l’action syndicale », publié en 2019.

Récemment, elle a fustigé les propos de l’exécutif qui affirme que la réforme des retraites actuelle profitera aux femmes.

La réforme des retraites, c’est le dossier sur lequel elle est très vite attendue. L’intersyndicale sera reçue mercredi par la Première ministre, Sophie Binet, la rassembleuse (qui a confirmé sa présence) sera scrutée, mais elle a déjà prévenu, sur les retraites « il n’y aura pas de trêve, et pas de médiation. » Sur ce sujet la nouvelle ligne s’inscrit dans la continuité de Philippe Martinez son prédécesseur.

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