"Il nous fallait un chef pour cheffer, on en a trouvé un!": des militants enthousiastes se réjouissent de la probable élection de Laurent...
« Ravis » ou « inquiets », les militants LR observent l’ascension du « guerrier » Wauquiez
"Il nous fallait un chef pour cheffer, on en a trouvé un!": des militants enthousiastes se réjouissent de la probable élection de Laurent...
Par Elia VAISSIERE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
"Il nous fallait un chef pour cheffer, on en a trouvé un!": des militants enthousiastes se réjouissent de la probable élection de Laurent Wauquiez à la présidence de LR, tandis que les fidèles de Florence Portelli et Maël de Calan, parfois "inquiets", espèrent encore "peser dans l'élection".
Bannières tricolores, lueur bleu roi irradiant la salle, étudiants arborant des t-shirts "Jeunes avec Wauquiez"... de meeting en meeting, un air de victoire flotte parmi les partisans du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Parmi les 400 militants réunis le 15 novembre à Asnières-sur-Seine, de nombreux "sarkozystes" déçus, déboussolés après les traumatismes de la primaire et de la présidentielle, venaient "retrouver le moral" et surtout, "un capitaine".
"Quand Sarkozy a perdu, on a rendu nos cartes. Mais pour Wauquiez, on les a reprises !", s'écrie Anne-Marie, militante de 60 ans. "En lui, on retrouve le courage, l’énergie, l'esprit guerrier... Il n’a pas encore le charisme de Sarkozy, mais ça viendra”.
Laurent Wauquiez, candidat à la présidence du parti Les Républicains, lors d'un meeting à Toulon, le 6 décembre 2017
AFP
"Il est assez fort pour rassembler, tenir tout le monde", et pourquoi pas "mener le pays", estime aussi Chantal Clayeux, 75 ans, "ravie".
Surtout, "il incarne une droite ferme, fière de ses valeurs", argue Raphaël Varlik, 17 ans. "On a perdu beaucoup d'électeurs, parce qu'on parlait à droite et gouvernait au centre. Lui veut vraiment agir à droite !", renchérit Erik Tegner.
Sur scène, Laurent Wauquiez martèle justement que "la droite est de retour”. Étrillant les Constructifs pro-Macron, il affiche sa "fermeté" sur les questions de sécurité ou d’immigration, invoque l'histoire et "l’identité française", et s’adresse à "ceux qui se sont tournés vers le Front national".
Les Républicains : candidats à la présidence
AFP
Récemment encarté, Quentin de Lacoste apprécie particulièrement "le discours sur la sécurité".
"Il veut qu’on soit fiers de nos racines, combattre le communautarisme et l'islamisation, retrouver la valeur du travail!", clame Régine Desmeliers. Pour Fabienne, "au pouvoir, on négocie, donc il faut un cap très fort au début".
- "Dérive droitière" -
"Je ne veux pas d'un chef qui est dans des positions trop directes ou clivantes, mais quelqu’un de nuancé, qui fédère”, confie quelques jours plus tard Hugo Stepniewski, 18 ans. Dans l’ambiance tamisée d’un café parisien, il attend avec une centaine de "Jeunes LR" la venue de Florence Portelli, pour un "afterwork".
"Filloniste" de 25 ans, Caroline Romain soutient la maire de Taverny: "Elle est proche des militants, ne cherche pas à faire la lutte des chefs et veut remettre la méritocratie au coeur du parti", explique-t-elle - alors que "Wauquiez est bien, mais il joue avec les appareils et les vieux codes".
Florence Portelli demande qu’on la tutoie, parle une dizaine de minutes, puis se lance dans un jeu de questions-réponses, répétant vouloir "torpiller les statuts" et "redonner la parole aux jeunes".
Même si peu doutent de sa défaite, tous applaudissent une candidate "sincère". "Elle sera très bien en conseil", juge Alexia.
Victor Pajeot espère encore qu'elle crée la surprise dimanche: "Elle veut construire quelque chose de bon, pas juste se faire élire", assure-t-il, alors que Laurent Wauquiez "gère sa boutique électorale".
A Nogent-sur-Marne, Maël de Calan est allé à la rencontre d'une petite cinquantaine de militants, presque tous "juppéistes".
Dénonçant une droite "complètement folle" qui s’oppose "avec démagogie" à toutes les réformes Macron, il expose sa ligne plus "modérée": "européenne, libérale, sociale", mais "ferme" aussi.
"Beaucoup de gens ne se reconnaissent pas dans la ligne Wauquiez, le parti pourrait se réduire comme peau de chagrin", s'inquiète dans le public Monique Falempin, jugeant l'élu auvergnat "dans une dérive droitière" et ses alliés "pas clairs" vis-à-vis du FN.
"Je pense que Wauquiez gagnera", lâche Bruno, résigné, "mais pour rassembler les Français, il faut être au centre. Le risque, c’est que la droite ne revienne pas au pouvoir pendant longtemps".
Jean-Marie Gasteau, "inquiet", "espère" que la victoire de Laurent Wauquiez "ne sera pas écrasante. Si on pèse dans l'élection, que les deux autres font un gros score et que Maël de Calan représente notre courant dans la direction, ça pourra me rassurer".
De Paris, que la gauche tente de conserver face à la droite de Rachida Dati, à Lyon, où les écologistes sont menacés par Jean-Michel Aulas, en passant par Le Havre, où Edouard Philippe joue son avenir, ou encore Nice, où Eric Ciotti et Christian Estrosi se mènent une guerre fratricide, tour d’horizons des principales villes à suivre pour le premier tour des municipales.
Après une forte abstention lors des dernières élections municipales de 2020, le scrutin de dimanche devrait être marqué par un rebond logique de la participation. L’ampleur du retour des électeurs dans les urnes fait partie des grandes inconnues. Certains instituts rappellent que le déclin de la mobilisation est devenu structurel depuis les années 90.
Droite comme gauche partent divisées pour l’élection municipale à Limoges. Ancien bastion de gauche passé à droite depuis 2014, la ville pourrait à nouveau changer de couleur politique. Le résultat du premier tour sera déterminant pour d’éventuelles alliances.
Une attaque de drones a ciblé une base militaire dans le nord de l’Irak, faisant un mort et six blessés parmi les forces françaises engagées en soutien des Kurdes. Derrière cette frappe menée vraisemblablement par un groupe pro-iranien, les exhortations du régime islamique à faire payer à la France le prix de son soutien militaire dans la région sont en cause. Une énième illustration de la stratégie iranienne de réplique tous azimuts.