Pris à partie pour ses positions sur la santé, François Fillon tente de déminer une situation tendue. Une reculade qui pourrait lui coûter cher, affirme le politologue Bruno Cautrès.
Recul de François Fillon sur la santé : «désormais, ça passe ou ça casse»
Pris à partie pour ses positions sur la santé, François Fillon tente de déminer une situation tendue. Une reculade qui pourrait lui coûter cher, affirme le politologue Bruno Cautrès.
A peine élu candidat de la droite pour la présidentielle, François Fillon doit maintenant se démener avec des polémiques tenaces. La première concerne évidemment son programme de santé, jugé dangereux par l’opposition et même remis en cause par certains de ses soutiens. Mardi, le député assurait dans une tribune au Figaro qu’il ne voulait ni « privatiser l'Assurance-maladie » ni « diminuer les remboursements. » Des éléments de langage repris, ce mercredi matin lors d’une visite à l’hôpital de Plessis-Robinson, où il était accompagné de ses soutiens dont Gérard Larcher, le président du Sénat.
« Pas de reculade », assure-t-il devant les parlementaires Les Républicain. Pourtant, ça y ressemble bien. La proposition a même été discrètement supprimée du site internet du candidat, remplacée par la tribune parue dans le Figaro.
Le passage évincé du programme
« Il a subi une pression très forte de l’appareil des Républicains » juge le politologue du Cevipof (Sciences-po) Bruno Cautrès. « Les élus n’entendent pas faire l’erreur de perdre l’élection imperdable. François Fillon a grillé sa cartouche et cela lui collera à la peau comme un sparadrap. Désormais, il ne peut plus reculer sur un autre sujet majeur de son programme.» Et les thématiques sensibles ne manquent pas : le plus emblématique de tous est probablement sa volonté de supprimer pas moins de 500 000 fonctionnaires. « C’est un sujet explosif » affirme Bruno Cautrès. « S’il reculait sur cette proposition, ce serait une catastrophe pour lui. » En l’occurrence, 58% des Français sont opposés à cette mesure, selon un sondage Elabe pour les Echos, Radio classique et l'institut Montaigne. Autant d’électeurs qu’il faudra convaincre d’ici 5 mois.
D’autant plus qu’une autre critique enfle ces derniers jours sur les réseaux sociaux : son silence sur les massacres perpétrés à Alep. Ni François Fillon, ni ses lieutenants n’ont réagi malgré une volée de critiques sur Twitter.
Autant de sujets sensibles sur lesquels ses adversaires ont aussi allègrement appuyé, à commencer par le Premier ministre Bernard Cazeneuve qui a critiqué les positions du candidat LR lors de son discours de politique générale.
Bernard Cazeneuve : "Je dénonce l'horreur des massacres" à Alep
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Ce mercredi, sur LCP, la députée socialiste Karine Berger a ainsi appelé François Fillon à « condamner sévèrement ce qu'il est en train de se passer à Alep. »
« C’est le revers de la médaille » souligne Bruno Cautrès. « François Fillon a remporté la primaire avec cette image d’intransigeance. Maintenant, il a les mains liées. Ca passe ou ça casse. »
Présentée le 13 octobre à la presse, la proposition de loi déposée par le sénateur écologiste Guillaume Gontard vise à renforcer l’encadrement de la production, de la traçabilité et de la distribution des produits à base de cannabidiol (CBD).
Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).
Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.
Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.