Réduction des contrats aidés : « Halte au feu », s’alarme Baroin
Le président de l’association des maires de France, François Baroin  estime que la réduction des emplois aidés « est dangereuse pour les personnes et le fonctionnement des services publics ». « Un pacte de confiance » (…) « Ce n’est pas l’enregistrement de mesures bêtes et absurdes », fustige-t-il.

Réduction des contrats aidés : « Halte au feu », s’alarme Baroin

Le président de l’association des maires de France, François Baroin  estime que la réduction des emplois aidés « est dangereuse pour les personnes et le fonctionnement des services publics ». « Un pacte de confiance » (…) « Ce n’est pas l’enregistrement de mesures bêtes et absurdes », fustige-t-il.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La colère des élus locaux à l’encontre de l’exécutif ne faiblit pas. Ce mercredi, lors d’une conférence de presse du « bloc communal », l’ensemble des représentants des communes de France ont fait part, une nouvelle fois, de leur très forte inquiétude, suite à la baisse annoncée des emplois aidés. « Halte au feu (…) en l’état. Ce n’est pas tenable. Ce n’est pas acceptable. C’est dangereux pour les personnes qui sont concernées. C’est dangereux aussi pour l’ensemble des services publics sur la totalité des territoires de notre pays » a alerté François Baroin, sénateur LR et président de l’Association des maires de France (AMF).

« Personne ne peut dire que les services publics seraient menacés » a répondu indirectement, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, en louant « l’engagement » de la fonction publique territoriale,lors d’un point presse tenue à l’issue du conseil des ministres. Après avoir rappelé que la loi de finances 2017 avait fixé à 280 000 le nombre d’emplois aidés, rehaussé à 320 000 par l’actuel gouvernement, M.Castaner a insisté sur le caractère précaire de ce type de contrats. « Les emplois aidés sont des emplois sparadrap qui garantissent la précarité, le temps partiel, la quasi-non espérance d’emploi pérenne après le contrat aidé, pour un salaire de 600 euros soit 50 euros au-dessus du RSA. Ceux qui aujourd’hui nous expliquent que ce serait le modèle du travail en France semblent ne pas connaître la réalité » a-t-il déclaré.

emplois aidés: « Personne ne peut dire que les services publics seraient menacés » déclare Christophe Castaner
02:10

Réduction du nombre d’emplois aidés, réduction du nombre d’élus locaux, réduction des dépenses chiffrée à 13 milliards sur 5 ans, annulation de 300 millions de crédits destinés aux collectivités… Autant d’annonces du gouvernement, ces dernières semaines, qui font craindre aux représentants des collectivités une entorse au principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales. « Nous sommes les fantassins de la République. Nous sommes la garde nationale de la République de proximité » a rappelé François Baroin.

Sur la méthode, Emmanuel Macron avait pourtant insisté sur l’importance du dialogue entre les collectivités et l’État, en convoquant au Sénat, le 17 juillet dernier, une conférence nationale des territoires. « On croyait à la conférence des territoires (…) Il (Emmanuel Macron) voulait un pacte de confiance. Nous aussi, mais un pacte, c’est une signature à deux, entre partenaires de même niveau. Ce n’est pas l’enregistrement de mesures bêtes et absurdes (…) comme la suppression de ce type d’emplois » a jugé le président de l’AMF. François Baroin a également rappelé que c’est sous le précédent quinquennat, dont a fait partie Emmanuel Macron, que le recours aux  contrats aidés a été le plus développé. Mardi, Emmanuel Macron a lui appelé les préfets  à « refonder les relations avec les collectivités territoriales ».

André Laignel, maire PS d’Issoudun et président du Comité des finances et de la gestion publique locales, a lui, une nouvelle fois, alerté sur la santé financière des collectivités. « Rien que sur les trois dernières années, on a baissé de 10 milliards les investissements des collectivités territoriales. Aujourd’hui nous sommes au maximum des efforts qui peuvent être fait » (…) « toute baisse nouvelle mettrait même en péril l’entretien des bâtiments, de la voirie qui sont les nôtres. Donc aujourd’hui, nous disons : assez ! ». (voir la vidéo)

André Laignel:« toute baisse nouvelle (des dotations) mettrait en péril l’entretien des bâtiments et de la voirie
00:41

Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de l’association d'élus des grandes villes, « France Urbaine » a insisté sur le caractère inédit de cette conférence de presse. « Ce qui est nouveau, c’est que toutes les associations du bloc communal et intercommunal ont décidé de se fédérer, de se coordonner. Jusqu’ici, chacun parlait de manière un peu dispersée ». L’application du non-cumul des mandats donne, selon lui, un rôle plus important aux associations d’élus locaux. « À partir du moment où notre rôle est accru, nous avons le devoir, pour être plus fort, plus efficace, de nous coordonner entre nous ». L’exécutif est prévenu…

Baisse des dotations: Jean-Luc Moudenc souhaite une meilleure coordinations des élus locaux
00:42

(Images: Quentin Calmet)

Partager cet article

Dans la même thématique

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le