Référendum sur ADP : la gauche se retrouve un «combat commun» le temps d’un meeting

Référendum sur ADP : la gauche se retrouve un «combat commun» le temps d’un meeting

Plusieurs élus PS, PCF et LFI se retrouvent mercredi pour un meeting en faveur d’un référendum d’initiative partagée sur la privatisation d’ADP. Le PS lance aussi de son côté sa mobilisation pour recueillir les 4,7 millions de signatures nécessaires. Les communistes veulent faire de la Fête de l’Huma « un rendez-vous majeur » de cette campagne.
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Un RIP, c’est un peu le parcours du combattant. Après avoir rassemblé plus de 185 parlementaires (248 exactement) de gauche et de droite, obtenu la validation du processus par le Conseil constitutionnel et lancé le recueil des signatures, le plus dur commence. Il faut maintenant trouver 4,7 millions d’électeurs prêts à apporter publiquement leur soutien au référendum d’initiative partagée sur la privatisation d’Aéroports de Paris. Sachant qu’aucune pétition n’a jamais rassemblé autant de signatures… Le tout via un site Internet du ministère de l’Intérieur à l’ergonomie digne d’un blog des années 2000.

Pour passer cet obstacle majeur, les partis en présence vont aller chercher les signatures. PS, PCF ou LFI vont mener leurs actions en parallèle, mais aussi de manière commune. « Le PS lance sa propre campagne mais qui n’est pas isolée », « nous aurons une coordination » dans « une démarche unitaire mais qui n’est pas uniforme » a expliqué lundi matin, lors d’une conférence de presse au siège du Parti socialiste, à Ivry-sur-Seine, Patrick Kanner, le président du groupe PS du Sénat. Il est en partie à l’initiative du projet.

« Après la privatisation des autoroutes en 2005, on n’est pas obligé de réitérer tous les 15 ans les mêmes erreurs »

Tracts, affiches, flyers… le PS aura recours aux outils traditionnels. Il compte aussi sur le porte à porte, muni de tablettes et sur un site maison plus clair qui incitera à signer. Ou comment mêler militantisme à l’ancienne et moderne. Les mairies socialistes comme les conseillers municipaux seront mis à contribution en proposant d’adopter des vœux dans les conseils municipaux. Les parlementaires seront aussi autant de relais. C’est le message qu’aura Patrick Kanner à ses troupes :

« Chacun d’entre vous doit être un ambassadeur de la campagne menée par le PS. Un ambassadeur pédagogique. Il faut expliquer que privatiser d’ADP n’est pas qu’un problème de Parisien mais un problème national. C’est la conception que nous avons du service public ».

Pour mieux mobiliser, le premier secrétaire, Olivier Faure, entend élargir l’enjeu et parler écologie. Ça porte en ce moment. « ADP, c’est une réserve foncière unique en Ile-de-France, avec une artificialisation possible de tous ses sols » souligne le député de Seine-et-Marne, « mais ça va au-delà. Derrière ADP, il y a la volonté du gouvernement de privatiser nos barrages hydroélectriques ». Le patron du PS ajoute : « Après la privatisation des autoroutes en 2005, on n’est pas obligé de réitérer tous les 15 ans les mêmes erreurs ».

« Montrer les combats communs de la gauche et des écologistes »

Pour la gauche en convalescence et divisée, ce RIP peut jouer également le rôle de catalyseur du rapprochement, imagine Olivier Faure : « Il faut mener une véritable campagne électorale qui permette de montrer les combats communs de la gauche et des écologistes ». « Très régulièrement, nous nous retrouvons dans des combats communs. Souvent, on nous entend pour nos désaccords. Ce serait bien de nous entendre pour nos convergences aussi » ajoute le premier secrétaire.

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste du Sénat, y voit aussi une occasion de se rapprocher. « On a beaucoup de batailles en commun à mener. (…) On a eu des désaccords sous François Hollande. Mais sur les services publics, c’est un socle qui nous est commun ». Des points de liaison sont aussi prévus entre partenaires à l’origine de ce RIP.

Un meeting pour « refuser la privatisation d’ADP »

Première action unitaire, cette semaine, à la Bourse du travail de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). PS, PCF, France Insoumise se retrouveront à nouveau sur la même estrade pour un meeting, prévu mercredi 19 juin, à 19 heures. Même le député LR « Gilles Carrez » sera de la partie, selon Eliane Assassi. La sénatrice de Seine-Saint-Denis sera aussi présente à ce meeting lancé « à l’initiative de Stéphane Peu, député PCF de Saint-Denis. L’ambition est de montrer qu’il y a une volonté partagée dans ce pays, et peut être majoritaire, de refuser la privatisation d’ADP » (voir vidéo ci-dessous). La délégation socialiste sera bien fournie avec Olivier Faure, Patrick Kanner, Boris Vallaud et le sénateur Rachid Temal. Eric Coquerel représentera La France Insoumise. Reste que les écologistes ne seront pas représentés à la tribune, le meeting rassemblant les groupes parlementaires à l’initiative du RIP.

RIP sur ADP : le « rendez-vous majeur » de la mobilisation sera pour les communistes la Fête de l’Huma, explique Eliane Assassi
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Le « rendez-vous majeur » de la mobilisation pour les communistes sera leur traditionnelle Fête de l’Humanité, en septembre. Elle brasse chaque année des dizaines de milliers de personnes, voire plusieurs centaines de milliers. Parfait pour relancer la mobilisation après les vacances d’été.

Seuil des 4,7 millions « difficile » à atteindre

Si la présence mercredi au meeting du député LR Gilles Carrez peut surprendre au premier abord, elle s’explique. Les partis de gauche ne sont pas les seuls à l’initiative du RIP. 76 parlementaires LR (53 députés et 23 sénateurs) sur les 248 ont en effet apporté leur soutien au projet de référendum.

Le premier secrétaire du PS se retrouve ainsi à saluer Gilles Carrez, évoquant « la droiture de cet homme et sa constance intellectuelle », alors qu’il était déjà opposé à la privatisation des autoroutes en 2005. D’autant que le numéro 1 du PS sait « à quel point c’est difficile » de mobiliser « sur un sujet aride ». Même à « 1 million, 2 millions ou 3 millions de signatures, ce serait un fait politique en soi qui créerait le rapport de force » anticipe Olivier Faure, en cas d’échec. Comme dit Patrick Kanner, pour arriver au seuil des 4,7 millions, il faudra « essaimer sur l’ensemble du territoire ». Et pour ça, « tous les ruisseaux » seront les bienvenus.

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