Réforme constitutionnelle : ni « une révolution », ni un « gadget », selon le constitutionnaliste Dominique Rousseau
Au micro d’ « On va plus loin » le professeur de droit constitutionnel à la Sorbonne, Dominique Rousseau, décortique la réforme institutionnelle, voulue par le président de la République.

Réforme constitutionnelle : ni « une révolution », ni un « gadget », selon le constitutionnaliste Dominique Rousseau

Au micro d’ « On va plus loin » le professeur de droit constitutionnel à la Sorbonne, Dominique Rousseau, décortique la réforme institutionnelle, voulue par le président de la République.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les projets de loi organique et ordinaire de la réforme institutionnelle ont été présentés en Conseil des ministres mercredi matin. L’occasion pour « On va plus loin » de demander à Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à la Sorbonne, son expertise sur cette réforme.

Une des mesures qui hérissent les parlementaires et satisfait l’opinion publique, est la réduction de 30% du nombre de parlementaires.

Dominique Rousseau semble, lui aussi plutôt favorable à cette mesure : « Les élus sont élus dans une circonscription, ils ne sont pas les élus de la circonscription. Le député représente la nation tout entière (…) Un Parlement avec 404 députés et 244 sénateurs (…) est un Parlement resserré, donc un Parlement plus efficace (…) Les circonscriptions vont être redécoupées pour tenir compte de l’évolution démographique des circonscriptions. Donc il y aura au moins un député par département. »

 

Une dose de proportionnelle de 15% sera instaurée à l’Assemblée nationale, dès les prochaines élections législatives. Certains, comme le président du groupe LR à l’Assemblée, Christian Jacob,  y voient un danger d’instabilité. Ce que conteste le constitutionnaliste : « La proportionnelle ne conduit pas mécaniquement à l’instabilité ministérielle. Regardez en Allemagne, il y a le scrutin proportionnel mixé au scrutin majoritaire. Et depuis quatorze ans, Angela Merkel gouverne sans qu’il y ait une crise ministérielle. Tout dépend de la modalité de la représentation de la proportionnelle (…) Là, 15%. De mon point de vue, ce n’est pas suffisant. »

 

Pour Dominique Rousseau, cette réforme institutionnelle suppose un changement du rôle du Parlement : « Cela va imposer de revenir à la fonction première du Parlement. On a  tendance à considérer aujourd’hui que le Parlement, sa fonction première c’est de voter la loi. Non. Historiquement la fonction première du Parlement, c’est de contrôler le gouvernement (…) Si la réforme entre en application et si elle se déroule conformément à ce qui est prévu, on va avoir une augmentation, une montée en puissance de la fonction de contrôle. Par exemple, désormais, chaque ministre devra au printemps, venir présenter aux parlementaires l’exécution de leur budget qui aura été voté au mois d’octobre ou novembre (…) Le temps de vote du budget est diminué et il est compensé par l’augmentation du temps de contrôle de l’exécution du budget. On retrouve donc, une meilleure articulation entre la fonction de voter la loi et la fonction de contrôler le gouvernement. »

 

Et il conclut : « La réforme qui vient, qu’elle soit constitutionnelle, organique ou ordinaire, n’est certainement pas une révolution (…) mais ce n’est pas non plus un gadget parce que ce qu’elle propose peut modifier le fonctionnement de nos institutions. »

 

Vous pouvez voir et revoir l’entretien avec Dominique Rousseau, en intégralité :

OVPL : entretien avec le constitutionnaliste Dominique Rousseau (en intégralité )
07:23

Partager cet article

Dans la même thématique

Jerome Durain nouveau President. Session du conseil regional de Bourgogne-Franche-Comte
9min

Politique

Sénatoriales : en Côte-d’Or, entre Rebsamen et Patriat, un seul François devrait être candidat

L’ancien ministre du gouvernement Bayrou et ex-président du groupe PS du Sénat envisage de se présenter aux sénatoriales. A condition que François Patriat, patron des sénateurs macronistes, ne se représente pas. Les deux en parlent ensemble et veulent éviter de se présenter l’un contre l’autre. S’il est élu, reste à voir dans quel groupe ira François Rebsamen, ou s’il cherchera à en créer un nouveau…

Le

Illustration of the headquarters of the French media group Canal +
9min

Politique

Tribune anti-Bolloré et réaction de Canal + : le cinéma français au bord de la fracture

Après la tribune anti-Bolloré signée par près de 600 professionnels du cinéma, la riposte du patron de Canal+, Maxime Saada, a déclenché une onde de choc politique et culturelle. Entre accusations de « maccarthysme », dénonciation d’une « caste gauchiste » et inquiétudes sur l’emprise idéologique du groupe Vivendi, la polémique révèle une fracture profonde, celle d’un cinéma français pris entre dépendance économique et bataille culturelle.

Le

People vote in Bordeaux for the legislatives elections
6min

Politique

Municipales 2026 : un électeur sur six a utilisé l’IA pour l’aider dans son choix de vote, révèle une étude

Les élections municipales ont vu, pour la première fois en France, un nombre significatif d’électeurs, environ un sur six, faire appel à l’IA conversationnelle pour déterminer leur choix de vote, d’après une étude Toluna Harris Interactive. Une pratique encore très minoritaire, mais qui interroge sur l’influence politique réelle de l’IA à un an de l’élection présidentielle.

Le

New Caledonia’s vote on independence from France
4min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : le texte visant à élargir le corps électoral adopté en commission au Sénat

A l’approche des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie qui se tiendront le 28 juin, la commission des lois du Sénat a adopté la proposition de loi organique visant à élargir le corps électoral aux natifs de l’Archipel. L’exécutif, qui compte aller plus loin en y intégrant également les conjoints des natifs, déposera son amendement en séance publique, cet après-midi.

Le