Réforme de la fonction publique: c’est la rentrée pour syndicats et gouvernement
Après plus de trois mois de concertation sur la réforme de la fonction publique voulue par le gouvernement, les syndicats de...

Réforme de la fonction publique: c’est la rentrée pour syndicats et gouvernement

Après plus de trois mois de concertation sur la réforme de la fonction publique voulue par le gouvernement, les syndicats de...
Public Sénat

Par Sabine PRADELLA

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Après plus de trois mois de concertation sur la réforme de la fonction publique voulue par le gouvernement, les syndicats de fonctionnaires s'apprêtent à retrouver la semaine prochaine la table des discussions, sans grand espoir de lever des désaccords marqués.

Pour eux, cette concertation "pour refonder le contrat social avec les agents publics", qui reprend mardi, au lendemain d'une intersyndicale des organisations de fonctionnaires, vise surtout à "casser" le statut des fonctionnaires et réduire leurs effectifs.

L'objectif d'une réduction de 120.000 postes au cours du quinquennat, fixé par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, a depuis été réaffirmé, et encore fin août, par l'exécutif. Côté Etat, le Premier ministre Edouard Philippe a d'ailleurs précisé que 4.500 postes seraient supprimés en 2019, et plus de 10.000 en 2020.

Mais le gouvernement assure qu'il ne fait pas de cet objectif chiffré "l'alpha et l'oméga" de sa politique, selon les mots du secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Olivier Dussopt. Il met en avant une transformation "en profondeur" de l'action publique.

Pour y parvenir, l'exécutif table sur quatre axes, déclinés en autant de thèmes de concertation : dialogue social, recours élargi aux contractuels, rémunérations, et enfin mobilité, y compris vers le secteur privé. Des thèmes que l'on retrouve pour partie dans le rapport du Comité action publique 2022 (Cap 22) et son objectif d'améliorer les comptes publics de 30 milliards d'euros.

Un premier point d'étape, mi-juillet, sur les deux premiers chantiers a laissé globalement les syndicats déçus. Le gouvernement "semble avoir une boussole idéologique sur la fonction publique", a déploré l'Unsa (4ème syndicat représentatif), la CGT (1ère) évoquant "des désaccords profonds tant sur le fond des réformes que sur la forme".

Concernant le recours aux contractuels, le gouvernement a présenté un projet de "contrat de mission" de six ans maximum.

- rémunération au mérite -

Sur le volet dialogue social, il souhaite, comme dans le privé, fondre dans une nouvelle instance les comités techniques (CT) - qui s'occupent du fonctionnement des services - et les comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Il veut aussi réduire le nombre de commissions administratives paritaires (CAP), qui traitent des carrières individuelles.

Les discussions dans le cadre des deux autres chantiers, tout aussi délicates, ont été ouvertes avant l'été. Elles vont se poursuivre à l'automne avant d'être suspendues à l'approche des élections professionnelles dans la fonction publique, fixées au 6 décembre.

Le volet accompagnement des transitions professionnelles et mobilité sera l'occasion d'aborder la question de plans de départs volontaires dans le cadre d'"évolutions de périmètre de service public" souhaités par le gouvernement.

Quant aux rémunérations, l'exécutif, qui a déjà exclu une augmentation générale via une hausse de la valeur du point d'indice l'an prochain, veut y renforcer la part "au mérite".

Après les discussions, la mise en musique: le gouvernement ambitionne de présenter un projet de loi au premier semestre 2019.

En attendant, il a déjà annoncé en juillet une refonte de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), deuxième plus grande administration civile de l’État avec 103.000 agents, qui fait craindre le pire aux syndicats.

Cette transformation passera par un mouvement de décentralisation "dans les territoires ruraux ou périurbains" de services aujourd'hui basés dans les grandes villes et par un réseau "très significativement" resserré.

Soudées pour défendre le pouvoir d'achat des 5,48 millions d'agents publics, avec trois manifestations en octobre dernier, mars et mai, dont deux unitaires, les neuf fédérations syndicales du secteur - CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CFTC, FA-FP, CFE-CGC - ont toutes exprimé leur désaccord - à quelques variantes près - avec la philosophie de la réforme.

Cette relative unité survivra-t-elle aux élections à venir? Le dialogue en tout cas se poursuit entre syndicats, d'autant qu'une réunion de suivi du rendez-vous salarial "manqué" de juin est programmée en octobre.

Ils sont aussi unis pour demander des "actes forts" sur l'égalité professionnelle hommes-femmes, avec un accord "contraignant" pour les employeurs. La négociation s'ouvre lundi.

Partager cet article

Dans la même thématique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés
7min

Politique

Dette publique : la piste d’une annulation partielle, défendue par Jean-Luc Mélenchon, se heurte à de nombreuses difficultés

Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.

Le

SIPA_01234434_000029
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Philippe et Attal font de l’école un nouveau terrain de bataille, au risque d’éreinter le bilan Macron

À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.

Le

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
4min

Politique

Primaire PS/Place publique : comment va-t-elle se passer ?

Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.

Le

Capture d’écran du documentaire « Montand est à nous » d’Yves Jeuland
5min

Politique

Les « docus de l’été » : Du communisme à l’Aveu de Costa-Gavras, la vie d’Yves Montand racontée par Yves Jeuland

Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.

Le