Réforme du logement : « L’ancien monde faisait confiance aux élus locaux » selon un ancien ministre chiraquien
L’ancien secrétaire d’Etat au Logement de Jacques Chirac Marc-Philippe Daubresse, désormais sénateur (LR) et rapporteur pour avis du projet de loi ELAN, estime que le gouvernement ne fait pas confiance aux élus locaux pour mener la politique du logement. Episode n°3 de notre série sur la loi Logement.

Réforme du logement : « L’ancien monde faisait confiance aux élus locaux » selon un ancien ministre chiraquien

L’ancien secrétaire d’Etat au Logement de Jacques Chirac Marc-Philippe Daubresse, désormais sénateur (LR) et rapporteur pour avis du projet de loi ELAN, estime que le gouvernement ne fait pas confiance aux élus locaux pour mener la politique du logement. Episode n°3 de notre série sur la loi Logement.
Public Sénat

Par Alexandre Poussart et Juliette Benezit

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

En matière de politique du logement, « l’ancien monde faisait confiance aux élus locaux alors que le nouveau monde recentralise tout avec des technocrates, ces experts qui savent tout mais qui ne comprennent rien ». Ces mots acerbes sont ceux de Marc-Philippe Daubresse, sénateur (Les Républicains) du Nord et rapporteur pour avis du projet de loi ELAN réformant le secteur du logement. Il a l’expertise puisqu’il y a 15 ans, Marc-Philippe Daubresse était secrétaire d’Etat au Logement sous Jacques Chirac.

Elu local contre haut-fonctionnaire

Le sénateur et élu local se montre critique sur le projet de loi ELAN, selon lui, « écrit par des hauts-fonctionnaires qui ne connaissent pas la réalité du terrain. » Son expérience gouvernementale lui a montré le rôle central des élus. « Quand j’étais secrétaire d’Etat au Logement, j’ai eu un conflit avec un grand directeur de cabinet du ministère, énarque, devant Jean-Louis Borloo, mon ministre de la Ville. Jean-Louis s’est tourné vers moi et m’a demandé « Cela fait combien de temps que tu es élu local ? Une vingtaine d’années, ai-je répondu. Puis il s’est tourné vers le directeur de cabinet : « Et toi cela fait combien de temps que tu es énarque ? Il en a tout de suite conclu : « Je crois que Daubresse a raison. »

Permis de construire : « On touche à un symbole du pouvoir du maire »

Loi ELAN sur le logement : "ne touchons pas au permis de construire du maire" demande Marc-Philippe Daubresse, sénateur (LR)
01:04

La majorité sénatoriale dénonce les mesures du projet de loi ELAN qui écartent le maire de la décision de certains projets d’urbanisme et met au centre l’intercommunalité et l’Etat. « On touche à un symbole du pouvoir du maire », estime Marc-Philippe Daubresse. « Si on commence à toucher au permis de construire d’un maire, alors il ne sera plus bon qu’à présider les commémorations patriotiques et à installer des pots de fleurs. » Durant l’examen du projet de loi ELAN en commission, les sénateurs ont donc remis les communes au centre des Grandes opérations d’urbanisme (GOU) et des projets partenariaux d’aménagement.

Objectif de 40 000 logements sociaux vendus par an : « Une imprécation »

Vente de 40 000 logements sociaux par an : "c'est une imprécation" estime le sénateur (LR) Marc-Philippe Daubresse, ancien secrétaire d'Etat au Logement de Jacques Chirac
01:01

Face à l’objectif du gouvernement de vendre 40 000 logements sociaux par an (contre 8 000 actuellement), l’ancien secrétaire d’Etat juge que ce n’est pas réalisable : « C’est une imprécation, c’est comme si on disait « Sésame, ouvre toi ». On n’a jamais réussi à faire ça d’autant que le gouvernement organise un racket financier des bailleurs sociaux, en baissant les aides au logement, et donc diminue leurs capacités d’autofinancement. »   

Malgré toutes ces critiques, le rapporteur pour avis reconnaît les points positifs de la loi ELAN : « les freins aux recours abusifs en matière d’urbanisme, la réforme de droit de copropriété, la lutte contre l’habitat d’indigne sont des bonnes choses. »

Partager cet article

Dans la même thématique

candidat à Paris
8min

Politique

Municipales 2026 : à Paris, la campagne se joue-t-elle désormais à coup de likes ? 

À l’approche des élections municipales de 2026, la campagne parisienne se déploie massivement sur les réseaux sociaux. Vidéos courtes, stratégies d’influence et recours à l’intelligence artificielle redéfinissent les codes de la communication politique locale. Mais derrière la course aux vues, des experts interrogent l’impact réel de ces nouveaux outils sur le vote et la démocratie.

Le

Legislatives 2024:  Bureau de vote
8min

Politique

« A quoi bon aller voter car nous avons une seule liste cette fois ? » : les petites communes face au risque de hausse de l’abstention aux municipales

Les deux tiers des communes, essentiellement celles de petite taille, n’ont qu’une seule liste pour les élections municipales. C’est la conséquence directe de la réforme du mode de scrutin pour les communes de moins de 1000 habitants. Il en découle un autre effet : le risque de voir l’abstention progresser dans ces territoires souvent ruraux. C’est la crainte des élus et des sénateurs.

Le

NUPES : Lancement du Parlement
9min

Politique

Municipales : rupture consommée officiellement entre le PS et LFI… au moins jusqu’au second tour

A l’issue d’un Bureau national, les socialistes ont qualifié les propos récents de Jean-Luc Mélenchon « d’antisémites » et rejettent toute possibilité d’un accord national au premier et au second tour des municipales avec LFI. Les Insoumis dénoncent, eux, l’irresponsabilité de la direction du PS, qui selon eux, fait le jeu de l’extrême droite. Mais au soir du premier tour, LFI et le PS devront faire face à la pression de leurs militants respectifs pour trouver un accord dans les cas où la désunion à gauche conduirait à la victoire de la droite ou l’extrême droite.

Le