Réforme institutionnelle : « Le bicamérisme commence à battre de l’aile », redoute Rachid Temal
Le sénateur socialiste craint que le projet de loi constitutionnelle, présenté mercredi par le gouvernement, ne signe un « retour en arrière » pour la démocratie parlementaire.

Réforme institutionnelle : « Le bicamérisme commence à battre de l’aile », redoute Rachid Temal

Le sénateur socialiste craint que le projet de loi constitutionnelle, présenté mercredi par le gouvernement, ne signe un « retour en arrière » pour la démocratie parlementaire.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Vu du Sénat, les chances de voir aboutir la réforme constitutionnelle semblent se réduire de jour en jour. « Si le gouvernement reste sur sa ligne, pas la peine d’aller au Congrès », estimait ce matin sur notre antenne le sénateur LR Roger Karoutchi. Les modifications proposées par le gouvernement dans la fabrique de la loi interpellent toutes les familles politiques en dehors de la majorité présidentielle.

Invité de Parlement Hebdo, le socialiste Rachid Temal estime lui aussi que l’avenir de la réforme institutionnelle voulue par Emmanuel Macron semble compromis. « Je ne vois pas comment le président de la République pourrait réunir sur ce projet les trois cinquièmes [au Congrès] ».

Évoquant une « gestion de la Ve République à la grand-papa » et un « retour en arrière », le sénateur du Val-d’Oise y voit une logique personnelle de la conception du pouvoir par Emmanuel Macron. « Via cette réforme, il veut montrer ce qu’il fait ailleurs : lui seul doit décider. Cette réforme, c’est donner plus de pouvoir à Emmanuel Macron et moins à tous les autres. »

« Le bicamérisme commence à battre de l’aile »

L’ex-coordinateur national du PS considère qu’avec le refus systématique des amendements sans lien direct avec un texte de loi, « on enlève ce qui est l’essence-même et le rôle premier des parlementaires et des assemblées. » L’accélération de la discussion conduisant au dernier mot de l’Assemblée nationale affaiblit le bicamérisme aussi, selon lui. « Le bicamérisme commence à battre de l’aile », déplore-t-il.

Pour le moment, qu’il s’agisse du groupe socialiste et républicain au Sénat ou du groupe Nouvelle gauche à l’Assemblée, c’est non. « En l’état, nous sommes opposés, nous les socialistes à cette réforme », répète-t-il.

Outre les points qui fâchent, il regrette par ailleurs que la réforme constitutionnelle ne donne aucun pouvoir direct supplémentaire aux citoyens, comme la possibilité de pouvoir amender les grands textes. « Comme nous l’avions fait sur la République numérique », rappelle-t-il (relire notre article).

Partager cet article

Dans la même thématique

Réforme institutionnelle : « Le bicamérisme commence à battre de l’aile », redoute Rachid Temal
5min

Politique

« On m’a posé douze implants le même jour, une souffrance qu’on ne peut pas décrire » raconte cette victime d’un centre dentaire « low-cost »

En 2015, pour son passage à la retraite, Christine Teilhol, souhaite s’offrir un nouveau sourire. Éblouie par des tarifs attractifs d’un centre dentaire qui vient d’ouvrir, cette ancienne technicienne de laboratoire va tomber dans le piège d’un escroc et découvrir les limites de la médecine « low-cost ».

Le

Paris French President Emmanuel Macron closing speech at the national convention on mental health
5min

Politique

SERIE D’ETE – Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? La santé mentale, Grande cause nationale

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce quatrième épisode : la santé mentale, Grande cause nationale de 2025 et de 2026.

Le

Tarbes Hautes Pyrenees manifestation contre la reforme des retraites
6min

Politique

SÉRIE D’ÉTÉ - Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? Le serpent de mer de la réforme des retraites

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce deuxième épisode : la réforme des retraites, sorte de serpent de mer des quinquennats Macron - d’abord interrompue, puis reprise dans la douleur, et finalement décalée pour sauver le budget.

Le