Elections régionales : état des lieux dans les 13 régions
Pour l’heure, la physionomie des élections régionales des 20 et 27 juin prochains annonce par endroits des présidents sortants largement favoris, quand d’autres font face à une vive menace des candidats RN. Tour d’horizon.

Elections régionales : état des lieux dans les 13 régions

Pour l’heure, la physionomie des élections régionales des 20 et 27 juin prochains annonce par endroits des présidents sortants largement favoris, quand d’autres font face à une vive menace des candidats RN. Tour d’horizon.
Public Sénat

Par Pierre Maurer

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Plus que quelques jours avant d’ouvrir l’ultime phase des élections régionales (et départementales). Le scrutin se déroule les 20 et 27 juin. Beaucoup des présidents sortants caracolent en tête des sondages et devraient s’imposer sans problème, comme en Ile-de-France. Mais la menace du Rassemblement national pèse pour d’autres, mis en difficulté par un effritement annoncé du front républicain. Le point sur les 13 régions à une semaine des élections régionales.

Auvergne Rhône-Alpes

Le sortant (LR) Laurent Wauquiez est donné largement vainqueur par les enquêtes d’opinion, un succès pouvant renforcer ses ambitions présidentielles alors que les LR devront se choisir un candidat via un système alambiqué à l’automne. Dans les sondages, Laurent Wauquiez devance largement la liste RN d’Andréa Kotarac, transfuge de LFI, et celle de la majorité présidentielle de Bruno Bonnell. Tous deux pourraient se maintenir au second tour. La gauche part divisée avec les listes portées par l’écologiste Fabienne Grebert et l’ancienne ministre socialiste Najat Vallaud-Belkacem, qui sont au coude à coude justes au-dessus de la barre des 10 %. Les tractations pour s’allier avaient longtemps duré et la socialiste était prête à céder la tête de liste, mais rien n’a abouti.

● Bourgogne Franche-Comté

Selon les sondages, le RN Julien Odoul, dont les propos sur le suicide paysan ont suscité une vive polémique la semaine dernière, devance au premier tour la sortante PS Marie-Guite Dufay, qui pâtit d’une gauche divisée. Le candidat LR Gilles Platret, qui a le soutien de Nicolas Dupont-Aignan (DLF), dispose d’une faible réserve de voix. Le maire LREM de Nevers Denis Thuriot arrive en quatrième position et serait en capacité de se maintenir. Peu clair, le macroniste laisse planer le doute quant à un éventuel retrait au second tour pour faire barrage au RN.

Notre reportage : https://www.publicsenat.fr/article/politique/regionales-en-bourgogne-franche-comte-la-double-campagne-de-gerald-darmanin-189555

Bretagne

Un duel fratricide se joue en Bretagne entre deux héritiers du ministre Jean-Yves Le Drian : le président sortant Loïg Chesnais-Girard (PS), le « dauphin » désigné mais jamais officiellement, qui mène une liste d’union, et Thierry Burlot, son ancien vice-président qui porte les couleurs de LREM. Jean-Yves Le Drian n’a jamais tranché publiquement. Face à cette division, le candidat RN Gilles Pennelle les devance d’une courte tête d’après un récent sondage, dans une région où son parti n’était pas très bien implanté jusqu’à présent. La maire LR de Vitré (Ille-et-Vilaine), Isabelle Le Callennec, et l’écologiste Claire Desmares-Poirrie pourraient également se maintenir au second tour.

Notre reportage : https://www.publicsenat.fr/article/politique/elections-regionales-en-bretagne-duel-fratricide-entre-les-heritiers-de-jean-yves

Centre-Val de Loire

Le président PS sortant François Bonneau, qui brigue un troisième mandat à la tête de la région, aura fort à faire face au candidat RN Aleksandar Nikolic, en tête dans les sondages au premier tour. Il affrontera également le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau, l’une des rares cartes – et vif espoir - de la majorité présidentielle lors de ces élections. Nicolas Forissier représente le camp de droite mais n’obtient que la quatrième place. L’écologiste Charles Fournier, soutenu par EELV, LFI et Génération. s, pourrait se maintenir au second tour.

Corse

La majorité nationaliste sortante part divisée à la conquête de l’Assemblée de Corse. La liste autonomiste de Gilles Simeoni affrontera trois nationalistes : celle du maire autonomiste de Porto-Vecchio Jean-Christophe Angelini, celle indépendantiste de Jean-Guy Talamoni et celle, indépendantiste et refusant toute union, de Paul-Felix Benedetti, à la tête du parti radical Core in Fronte. Une liste de droite unie, investie par Les Républicains, est emmenée par Laurent Marcangeli, maire d’Ajaccio.

Notre reportage : https://www.publicsenat.fr/article/politique/regionales-en-corse-les-nationalistes-partent-divises-189482

Grand Est

Le sortant Jean Rottner (LR) aura lui aussi fort à faire pour renouveler son mandat face au RN Laurent Jacobelli. Un sondage a donné cette semaine le candidat du Rassemblement national vainqueur en cas de quadrangulaire. Marine Le Pen a fait le déplacement dans ce territoire plutôt favorable à son parti. Pour la majorité présidentielle, la ministre Brigitte Klinkert pourrait se maintenir au second tour. La gauche part divisée entre deux listes, l’une menée par l’écologiste Eliane Romani et l’autre par l’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti.

Notre reportage : https://www.publicsenat.fr/article/politique/elections-regionales-dans-le-grand-est-la-droite-part-divisee-le-rn-en-embuscade

Hauts-de-France

Le président ex-LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand, candidat déclaré pour la présidentielle 2022, est en tête des intentions de vote. Mais le duel s’annonce serré avec le RN Sébastien Chenu qui le talonne de près dans les sondages et sur le terrain au volant de son énorme « Chenu Bus ». L’enjeu est de taille pour Xavier Bertrand qui a annoncé qu’il se retirerait de la vie politique en cas d’échec aux régionales. Sa victoire doit être une rampe de lancement dans sa course à l’Elysée. La gauche (LFI-PCF-PS-EELV) se présente unie à ces élections, sa candidate Karima Delli se classant en troisième position, mais peine à grappiller des points. La liste LREM portée par Laurent Pietraszewski, de la majorité présidentielle tourne autour de 10 %, malgré les renforts de ministres de poids.

Ile-de-France

La présidente sortante Valérie Pécresse (ex-LR, Libres !) caracole en tête des sondages et un succès pourrait renforcer une candidature potentielle à l’Elysée, comme Laurent Wauquiez. Elle devance le numéro 2 du RN Jordan Bardella qui se hisse au second rang dans une région pas particulièrement favorable au RN. Laurent Saint-Martin, le candidat de la majorité présidentielle est troisième. La gauche part divisée avec trois candidats - Audrey Pulvar (PS), Clémentine Autain (LFI) et Julien Bayou (EELV) - qui, avec autour de 10 % chacun, jouent des coudes pour se maintenir au second tour. Aucun n’a réussi à prendre le leadership sur l’un des deux autres pour le moment.

Décryptage : https://www.publicsenat.fr/article/politique/regionales-en-ile-de-france-pecresse-se-lance-la-gauche-en-embuscade-188877

Normandie

Le sortant centriste Hervé Morin est donné favori dans les sondages, devançant le candidat RN Nicolas Bay. Une partie de la gauche s’est rassemblée autour de la candidature de Mélanie Boulanger qui devrait se qualifier pour le second tour. Le communiste Sébastien Jumel se situe autour de 10 %. Dans cette région, la majorité présidentielle a connu une candidature dissidente : celle de la députée (LREM) Stéphanie Kerbarh qui a été exclue du parti pour ne pas s’être rangée derrière Laurent Bonnaterre, soutenu par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe.

Notre reportage : https://www.publicsenat.fr/article/politique/elections-regionales-en-normandie-herve-morin-espere-un-second-ticket-face-a-une

Nouvelle-Aquitaine

Le sortant Alain Rousset (PS), qui brigue un cinquième mandat, est donné au coude-à-coude au premier tour avec la liste RN d’Edwige Diaz. La centriste landaise Geneviève Darrieussecq, qui porte les couleurs de la majorité présidentielle, est bien partie pour se qualifier pour le second tour, comme l’ex-maire LR de Bordeaux, Nicolas Florian. Dans cette région, la gauche part divisée avec la liste EELV-Génération. s menée par Nicolas Thierry et celle LFI-NPA de Clémence Guetté.

Notre reportage : https://www.publicsenat.fr/article/politique/elections-regionales-en-nouvelle-aquitaine-un-cinquieme-mandat-pour-alain-rousset

Occitanie

Dans une campagne à l’atmosphère électrique, la sortante Carole Delga (PS) est donnée favorite, même si l’eurodéputé RN Jean-Paul Garraud devrait finir en tête au premier tour. Loin derrière, le LR Aurélien Pradié et Vincent Terrail-Novès (majorité présidentielle) sont pour l’instant juste au-dessus de la barre des 10 %. Les Verts ne passeraient pas au second tour.

Notre reportage : https://www.publicsenat.fr/article/politique/en-occitanie-des-regionales-le-couteau-entre-les-dents-189524

Pays de la Loire

La présidente sortante LR Christelle Morançais, qui a refusé la main tendue du candidat LREM François de Rugy, fait face à la candidature de l’écologiste Matthieu Orphelin (ex-LREM) qui fait cause commune avec LFI dès le 1er tour. L’ancien marcheur devenu écolo free-lance est donné vainqueur au second tour par un récent sondage. La gauche ne part pas unie pour autant : le socialiste Guillaume Garot est également en lice. Le RN a investi l’eurodéputé Hervé Juvin dans cette région.

Notre reportage : https://www.publicsenat.fr/article/politique/elections-regionales-en-pays-de-la-loire-la-droite-menacee-par-une-concurrence

Provence-Alpes-Côte d’Azur

Après un psychodrame à rebondissement pour Les Républicains, le duel s’annonce très serré au second tour des régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur : les sondages donnent le sortant Renaud Muselier, au coude-à-coude avec Thierry Mariani (RN). L’annonce début mai d’une alliance entre LR et LREM par le Premier ministre Jean Castex avait provoqué la zizanie au sein des LR actant le départ de Christian Estrosi et Hubert Falco, maires de Nice et Toulon, proches d’Emmanuel Macron.

Derrière, Jean-Laurent Félizia, candidat du Rassemblement écologique et social (EELV, PS et PCF), pourrait se maintenir au second tour, à moins que la gauche ne choisisse de se désister comme en 2015 pour faire barrage au RN, ou trouve un accord avec Renaud Muselier. La région reste néanmoins l’un des meilleurs espoirs de victoire pour Marine Le Pen.

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