Renaud Muselier : « Il faut des directives claires pour le déconfinement »
Renaud Muselier, le président LR de la région Sud, revient sur les conditions dans lesquelles le déconfinement prévu à partir du 11 mai devrait se mettre en place, sur le rôle des régions dans le cadre de cette crise inédite, ainsi que sur la mise en œuvre de loi de décentralisation. Le président de Régions de France répond aux questions d’Oriane Mancini.

Renaud Muselier : « Il faut des directives claires pour le déconfinement »

Renaud Muselier, le président LR de la région Sud, revient sur les conditions dans lesquelles le déconfinement prévu à partir du 11 mai devrait se mettre en place, sur le rôle des régions dans le cadre de cette crise inédite, ainsi que sur la mise en œuvre de loi de décentralisation. Le président de Régions de France répond aux questions d’Oriane Mancini.
Public Sénat

Par Oriane Mancini

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Plan de déconfinement de l’exécutif :

 « Le Président de la République a fixé la date du 11 mai avec un certain nombre de dispositions notamment pour le déconfinement des écoles, et la date du 14 juillet pour les rassemblements de masse. Dans le cadre du déconfinement c’est la distanciation qui est importante, ce ne sont pas les masques ou les tests sérologiques.

Les difficultés demeurent économiques, notamment dans le secteur du tourisme. En région PACA se pose la question de la gestion des festivals.

Le Premier ministre va présenter ses modalités opératoires, nous même nous avons commencé a nous organiser avec hier un CHST pour identifier les modalités opératoires : masques ou pas masques ? Cantine ou pas cantine ? Comment organiser la distanciation dans les transports scolaires ? Le Premier ministre doit nous donner une feuille de route claire pour relancer le travail, comme par exemple dans le BTP. Il faut que se soit simple, très clair, concret et très pratique. Si du flou demeure cela va entrainer de la défiance et de l’inquiétude. »

La France face au déconfinement :

« Je ne sais pas si la France est prête psychologiquement. Il faut déconfiner, il va commencer à faire très beau et pour ceux qui sont en appartement c’est insupportable. Je suis intimement convaincu que tout le monde a envie de se remettre au travail, les conséquences économiques sont terribles. Mais ce déconfinement doit être organisé, avec des principes clairs auxquels on ne déroge pas.

On a une date celle du 11 mai tant mieux. Le déconfinement pose un grand nombre de questions, mais cette date permet au gouvernement de voir comment les choses se passent à l’étranger comment il est abordé en Europe, même si tout n’est pas comparable il y a de bonnes idées à prendre sur les pays qui ont pris un peu d’avance. Ca permet aussi de voir pour ceux qui l’ont fait ou mal fait si il y a un effet rebond. Cette date nous laisse un mois pour nous organiser car si demain je devais ouvrir les lycées ce serait impossible, ça ne peut pas se faire d’un coup de baguette magique. »

Réouverture des lycées :

« Nous avons eu un CHCT, j’ai eu une réunion avec Monsieur Blanquer ou j’ai posé des questions en demandant une certaine souplesse pour travailler avec notre recteur. Il faut que les recteurs aient une certaine liberté pour que les régions ne soient pas coincées par un recteur qui devrait demander a Paris si une cantine peut ouvrir à tel endroit ou pas. Le principe c’est la distanciation. Sur cette base là on doit pouvoir trouver des solutions. »

L’accès aux masques :

« Se pose deux problèmes : celui de l’utilité des masques et celui de savoir comment répondre à l’angoisse des gens. Il y a plusieurs catégories de maques. Les FFP2 qui doivent être destinés aux soignants qui se retrouvent face à un risque et les masques chirurgicaux qui peuvent être portés par tout le monde pas plus de 4h par jour. En région PACA d’ici la fin du mois nous aurons commandé 500 000 masques FFP2 et près de 10 millions de masques chirurgicaux destinés aux hôpitaux publics et privés, ehpads, pharmaciens, médecins, infirmiers, aux personnes handicapées et services à la personne, ainsi qu’aux pompiers, policiers qui sont aussi en première ligne.

Mais pour autant il faut une réponse sur l’aspect psychologique. La difficulté aujourd’hui c’est que nous n’avons pas une doctrine claire. Dans ma région nous sommes en train d’organiser une centrale d’achat qui permettra aux entreprises d’acheter des masques pour leurs salariés dans le cadre de commandes groupées à raison de 5millions par semaine.

Le dernier volet c’est quels masques nous allons acheter, qui soient sécurisés avec un mode d’emploi simple notamment en termes de lavage et de réutilisation. »

Fonctionnement des ARS :

« Pour moi l’ARS ici fonctionne très bien. François Baroin et Dominique Bussereau dans leurs domaines des compétences sont davantage en lien avec les ARS, nous nous sommes venus en soutient sur le personnel de santé et ça a été très fluide. On pourrait modifier le fonctionnement des ARS car aujourd’hui elles se sont retrouvées dans une situation où on leur demande de protéger les personnels en première ligne mais elles n’ont pas de masques, pas test pas de sérologie ! Nous en région PACA nous avons « celui « qui fait débat, nous avons des tests et les soins, donc nous apportons une réponse immédiate et pas forcément scientifiquement assurée mais humainement sécurisante.

Professeur Raoult

« Je soutien le Pr Raoult dans sa démarche et j’essaie d’être le plus objectif possible. Dans la région PACA on constate que la filière que nous avons mis en place avec les appels d’urgence au 15, le SAMU, les réanimations, et les lits covid en aval, est fluide. Nous sommes aujourd’hui dans un plateau à 60%. Le Pr Raoult me disait hier qu’il faisait à l’IHU de Marseille 800 tests par jour dont 22 positifs et qu’aujourd’hui il n’en fait plus que 300 dont 5% de positifs.

Prime pour les fonctionnaires territoriaux :

« Nous programmons cette prime pour fin juin nous l’adapteons avec les syndicats et les personnels pour avoir quelque chose de juste. Nous aurons un débat pour voir si cette prime doit être unique pour tout le monde ou tenir compte des différences, afin que cette prime soit un plus et non une source de bagarre.

Je regarderai ce qui se fait au niveau de la commande d’Etat et les critères. Tous les lundis les présidents de régions se retrouvent pour traiter de nos problèmes ou des nouvelles consignes de l’Etat et on voit comment on s’adapte. C’est aussi là qu’on montre que les régions participent a la décentralisation et la différenciation. »

Régionalisation de la gestion de la crise

Chaque président de région a la même compétence. Sur la clause générale de compétence on essaie de venir en soutient de l’Etat qui fixe avec Monsieur Le Maire des objectifs économiques. Nous sommes venus en appoint, nous avons fait nos propres fonds avec les métropoles et la banque des territoires pour démultiplier l’aide sur les territoires. Il y a effectivement une différenciation et une décentralisation, une confiance qui se met en place. J’avais dit à Madame Gourault en début d’année que nous voulions les 3C :  confiance compétences et clarification »

Loi décentralisation

« Je suis convaincu que demain ne peut pas être comme hier et si on regarde ce que nous avions proposé avec Territoires Unis il y a 18 mois, aujourd’hui il faut en tenir compte, nous avons une capacité d’action beaucoup plus rapide au plus proche du terrain et il faut nous faire confiance, et clarifier les compétences. » 

Relations entre l’Etat et les régions

L’année dernière on ne se parlait plus, toutes les arbitrages étaient anti régions avec comme cerise sur le gâteau la démarche avec Madame Pénicaud sur l’apprentissage. Depuis le début de l’année nous avions essayer de repartir sur de nouvelles bases et maintenant nous sommes associés aux démarches économiques sanitaires, nous y contribuons financièrement, nous avons lancé dans nos propres régions des fonds d’urgences de solidarité et de relance. On verra si ce partenariat obligatoire qui montre que l’on peut être complémentaire disparaitra. Mais aujourd’hui avec l’Etat nous ne sommes pas dans la polémique, ça ne nous intéresse pas les règlements de comptes politiques auront lieu plus tard, nous sommes dans l’action, nous voulons des résultats c’est le sens de notre travail on ne peut pas nous le reprocher.

Pendant toute la période du confinement, retrouvez chaque jour de semaine à midi notre interview politique, en ligne sur publicsenat.fr et notre chaîne YouTube.

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