Rencontre entre les équipes de Yannick Jadot et Christiane Taubira : « On n’aurait pas dû y aller », estime Cormand
Pour l’eurodéputé EELV David Cormand, les écologistes n’ont pas intérêt à s’allier avec la gauche de gouvernement, qui traverse selon lui une crise idéologique. Il regrette notamment les discussions entamées entre les équipes de Yannick Jadot et Christiane Taubira.

Rencontre entre les équipes de Yannick Jadot et Christiane Taubira : « On n’aurait pas dû y aller », estime Cormand

Pour l’eurodéputé EELV David Cormand, les écologistes n’ont pas intérêt à s’allier avec la gauche de gouvernement, qui traverse selon lui une crise idéologique. Il regrette notamment les discussions entamées entre les équipes de Yannick Jadot et Christiane Taubira.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Bloqué dans les sondages à 5 %, le candidat EELV Yannick Jadot subit lui aussi, comme ses concurrents de gauche, l’éparpillement des voix entre sept candidatures à la présidentielle de ce côté de l’échiquier politique. Appelé par les uns et les autres, le rassemblement reste au point mort. « Ce ne sont pas des problèmes d’ego, ce sont des questions idéologiques », explique David Cormand. L’eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts était ce jeudi l’invité politique de la matinale de Public Sénat. « Il y a une fin de cycle politique à gauche, celle de la social-démocratie, qui est un modèle économique obsolète d’après moi. Quand on parle de la division à gauche, on parle surtout de la décomposition de la social-démocratie », estime l’élu.

« Nous sommes écologistes, nous ne sommes pas sociaux-démocrates, ce n’est pas notre guerre, mais nous sommes happés par cette décomposition », constate-t-il. Sa famille politique aurait donc tout intérêt à prendre ses distances avec cette gauche, qu’elle a pourtant épaulée sous le quinquennat de François Hollande. « C’est là qu’il faut que l’on soit meilleur : il faut dire que l’on veut passer à un autre cycle, que nous ne sommes pas dans le raccommodement de la gauche. »

La rencontre avec les équipes de Christiane Taubira « nous ramène à des discussions de popol, tacticiennes »

Raison pour laquelle il déplore la rencontre, le 8 février dernier, entre des représentants de Yannick Jadot et de Christiane Taubira, dont le journal Le Monde s’est fait l’écho. « Je pense que l’on n’aurait pas dû y aller. Cela nous ramène à des discussions de popol, tacticiennes. Je ne crois pas qu’il faille d’accord », balaye David Cormand.

« La promesse de Christiane Taubira et de la primaire populaire, c’était d’avoir de nouvelles idées au service d’une candidature capable de rassembler. Où en est-on aujourd’hui ? Est-ce que cela a réussi ? Non », constate l’élu. Et d’ajouter : « Yannick Jadot est arrivé deuxième alors qu’il n’était pas candidat. Si la candidature de Christiane Taubira ne fonctionne pas, la conclusion est assez simple… »

Avec Sandrine Rousseau, « c’est un peu changeant en fonction des mots »

Sur Twitter, Sandrine Rousseau s’est agacée d’avoir appris par voie de presse la rencontre entre l’écologiste et l’ancienne garde des Sceaux. Bien que favorable à ce rapprochement, elle dénonce des « tractations de couloir », susceptibles de faire fuir les militants. « C’est une responsable politique, elle a son style, elle s’exprime comme ça », a tenté de désamorcer David Cormand.

Interrogé quant à savoir si l’ancienne secrétaire nationale adjointe d’EELV est encore sur la même ligne que Yannick Jadot, qui lui a ravi - à seulement quelque 2 000 voix près - l’investiture d’EELV à la présidentielle, le député européen hésite : « Je ne sais pas trop, c’est un peu changeant en fonction des mots. Globalement les choses se passent pas mal » souffle-t-il. Et de conclure : « Elle porte un certain nombre de combats qui la dépassent, qui étaient préexistants à Sandrine Rousseau. Une campagne c’est différentes touches, ce n’est pas qu’une seule entité, ce sont des personnalités, différents styles. Ce n’est pas tellement le mien, je pars du principe que quand on a des choses à se dire, il vaut mieux se les dire [en face] que de les poster sur Twitter. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le