Retour au 90 km/h : un rétropédalage qui n’est pas au goût de tous
Quatre ans après la mise en place de la limitation à 80 km/h, près de la moitié des départements a décidé de relever la vitesse à 90 km/h. Une décision permise par la loi d’orientation des mobilités de 2019. Ce choix politique irrite fortement les écologistes, entre autres, puisque la réduction de vitesse maximale permet de réduire la mortalité sur les routes et s’avère plus vertueuse pour l’environnement.  

Retour au 90 km/h : un rétropédalage qui n’est pas au goût de tous

Quatre ans après la mise en place de la limitation à 80 km/h, près de la moitié des départements a décidé de relever la vitesse à 90 km/h. Une décision permise par la loi d’orientation des mobilités de 2019. Ce choix politique irrite fortement les écologistes, entre autres, puisque la réduction de vitesse maximale permet de réduire la mortalité sur les routes et s’avère plus vertueuse pour l’environnement.  
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« Rouler à 80 km/h plutôt qu’à 90 sur les départementales permet d’économiser environ 1 million de tonnes de CO2 par an en France et de réduire la mortalité routière », dénonce la sénatrice écologiste, Mélanie Vogel. Tout en pointant, le faible bénéfice d’une telle mesure : « Cela fait perdre 1mn30 environ sur un trajet moyen de 36 km ».

Depuis le 1er août, près de la moitié des départements est repassée à 90 km/h sur une partie de leur réseau. Selon les données de la Sécurité routière, ce sont précisément 43 départements, les 54 autres départements étant restés, pour le moment, à une limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires.

Une mesure fustigée et des mois de débats

Ces mesures interviennent quatre ans après la mise en place de la limitation à 80 km/h portée par l’ancien Premier ministre, Edouard Philippe. Une décision qui avait alors suscité de nombreuses récriminations, largement relayées au Sénat. Une colère qui s’était aussi traduite dans les revendications des Gilets Jaunes et qui avait symbolisé pour l’opposition « la déconnexion » de l’exécutif.

Un rapport sénatorial du groupe de travail issu de la Commission des lois et de l’aménagement du territoire du Sénat, avait remis en 2018 un rapport au Premier ministre préconisant de ne pas généraliser la limitation de vitesse sur toutes les routes secondaires.

L’ex sénateur LR, Michel Raison, en avait fait son cheval de bataille et misait davantage sur les « automatismes » des voitures et la « prévention » pour faire reculer les morts sur les routes.

Lors de l’examen de la loi d’orientation des mobilités, Michel Raison était parvenu à faire adopter un amendement pour donner la compétence aux présidents des conseils départementaux (pour les départementales) et aux préfets (pour les nationales) pour relever la vitesse maximale autorisée sur les routes.

80 km/h : les avantages en termes de mortalité routière et d’écologie

C’est d’ailleurs la loi d’orientation des mobilités qui permet aujourd’hui au département de relever la vitesse 90 km/h sur les routes secondaires. Le relèvement de la vitesse maximale autorisée sur les routes dont ils ont la gestion est donc possible après avis de la commission départementale de la sécurité routière.

Mais cette disposition exaspère un certain nombre de personnes. La limitation de la vitesse maximale sur les routes secondaires a permis une baisse de 13 % de la mortalité routière lors de la première année. En outre, cette limitation de vitesse est vertueuse pour l’environnement. Selon l’expertise du Cerema (établissement public sous la tutelle du Ministère de la transition écologique) « les analyses ont montré que la mesure entraînait une légère diminution des principaux polluants atmosphériques et des nuisances sonores ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the National Assembly
5min

Politique

Direct. Marine Le Pen condamnée à 1 an ferme sous bracelet électronique, et à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 mois avec sursis

A l’issue du délibéré, dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d’appel de Paris a revu à la baisse la condamnation de la députée RN. Condamnée à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, elle peut en théorie être candidate à la présidentielle de 2027, mais la cour d'appel de Paris l'a aussi condamnée à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Or, Marine Le Pen a d’ores et déjà estimé qu’il ne lui serait « pas possible » de faire campagne dans ces conditions. La décision d’être candidate lui revient.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
2min

Politique

« La justice ne doit avoir qu'une chose en tête : Marine Le Pen est-elle oui ou non coupable », affirme Bruno Retailleau

Le candidat à la présidentielle et sénateur LR a appelé la justice à être « impartiale », affirmant au micro de BFMTV que « les hommes et femmes politiques ne sont ni en dessous des lois, ni au-dessus », à quelques heures de la décision de la Cour d’appel sur le sort de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires. Que la leader du RN soit jugée inéligible ou non, « ça ne changera rien » en vue de la présidentielle, assure-t-il.

Le

ILLE SUR TET: WILDFIRE NEAR SOUTH FRANCE
8min

Politique

Feux de forêt : quel bilan pour la proposition de loi du Sénat votée en 2023 ?

En juillet 2023, un an après les feux ayant ravagé la Gironde, le Parlement adoptait à la quasi-unanimité une proposition de loi sénatoriale pour renforcer la lutte contre les incendies de forêt. Alors que les feux démarrent précocement en cet été 2026, les élus saluent les avancées offertes par le texte, mais le jugent encore mal appliqué, voire insuffisant.

Le