Retour du conseiller territorial ? Une proposition « gadgétesque et ubuesque » pour Dominique Bussereau
Lors de la conférence de presse de Territoires unis qui regroupent l’AMF, l’ADF et Régions de France, leurs présidents ont réagi négativement au possible retour des conseillers territoriaux.  

Retour du conseiller territorial ? Une proposition « gadgétesque et ubuesque » pour Dominique Bussereau

Lors de la conférence de presse de Territoires unis qui regroupent l’AMF, l’ADF et Régions de France, leurs présidents ont réagi négativement au possible retour des conseillers territoriaux.  
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Lors de la conférence de presse de Territoires Unis, regroupant l’Association des maires de France (AMF) l’Assemblée des Départements de France (ADF) et les Régions de France, afin de présenter leurs propositions au grand débat national, leurs trois présidents ont réagi à un article du Canard enchaîné de cette semaine. Dans ce papier, il est évoqué la possibilité, de la part d’Emmanuel Macron, de remettre au goût du jour l’idée du conseiller territorial. Mis en place par Nicolas Sarkozy, mais jamais adopté en pratique, ce poste permet de regrouper en un seul élu, conseiller départemental et régional.

« Une des raisons pour lesquelles j’ai quitté le gouvernement de François Fillon en novembre 2010 (…), c’était justement à cause de l’instauration du conseiller territorial, à laquelle j’étais personnellement très hostile » explique Dominique Bussereau, le président de l’ADF. « La première raison, c’est que dans nos assemblées (…), nous avons des tas de gens qui exercent toutes sortes de métiers (…) À partir du moment où vous confiez un deuxième mandat, surtout dans des régions qui sont immenses, avec toutes les représentations que cela entraîne, vous transformez ces conseillers départementaux ou régionaux en professionnels à temps plein, de la politique (…) Deuxième remarque : vous imaginez la composition de la région Nouvelle Aquitaine ou Sud ? Avec un hémicycle de près de 500 personnes ; c’est une folie ! (…) C’est une proposition que je considère, pour ma part, gadgétesque et ubuesque. »

Hervé Morin, président des Régions de France, est également opposé à cette proposition : « J’ai toujours été opposé au conseiller territorial (…) je n’ai jamais compris la pertinence de cette proposition. Je pense qu’il y aura peu de personnes au sein des territoires pour soutenir cette idée-là. »

« C’est très bien de reprendre des idées du monde d’avant. Ce qui prouve qu’il y avait, quand même, quelques réflexions qui étaient utiles pour une organisation pertinente d’une décentralisation » tacle, de son côté le président de l’AMF, François Baroin. « Mais les temps ont changé. Et ils ont changé singulièrement sous la présidence Hollande, avec une année 2015 horribilis pour les collectivités territoriales qui ont mis en place des grandes régions, de la taille d’un état (…), plus la loi NOTRe [loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République - NDLR], plus la loi MAPTAM [loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles - NDLR] »

Pour François Baroin, la mise en place d’un conseiller territorial « était probablement une bonne idée à un instant T » : « Aujourd’hui, ce n’est certainement pas ce que nous demandons, ce n’est certainement pas de la décentralisation et c’est probablement inadapté. Sauf si l’intention du pouvoir est de rouvrir le jeu. Mais alors là, c’est une autre aventure sur le périmètre des grandes régions, sur les compétences des départements, sur l’avenir des intercommunalités. Je ne conseillerais pas au pouvoir d’aller sur ce terrain-là (…) On ne veut plus de mécano administratif.»  

Partager cet article

Dans la même thématique

Retour du conseiller territorial ? Une proposition « gadgétesque et ubuesque » pour Dominique Bussereau
4min

Politique

Jeux vidéo : chez Ubisoft, les dirigeants prônent désormais la « tolérance zéro » vis-à-vis des comportements toxiques

Dans la poursuite de leurs travaux sur les jeux vidéo, la délégation aux droits des femmes du Sénat auditionnait, ce jeudi, les représentants du géant Français, Ubisoft. Une entreprise marquée par la vague Metoo en 2020 avec des révélations sur des comportements toxiques au plus haut niveau. Depuis, de nombreuses mesures ont été prises pour faire de la lutte contre le harcèlement « une priorité fondamentale » de l’entreprise, assure Cécile Russeil, vice-présidente exécutive.

Le

FRA: Exercice Orion 26 Armee de l Air
9min

Politique

« Signal très mitigé », « pas de vision globale » : l’actualisation de la loi de programmation militaire laisse les sénateurs sur leur faim

Avec 36 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030, l’actualisation de la LPM portera la hausse du budget des armées à 449 milliards d’euros sur la période 2024/2030. « Ça va dans le bon sens, car c’est une nécessité absolue dans la période qu’on traverse », salue le président LR de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, Cédric Perrin. Mais il juge l’effort « frustrant », car « on n’augmente pas notre capacité ».

Le

FRA – RN VOTE BARDELLA MUNICIPALES 2EME TOUR
6min

Politique

Jordan Bardella dans Paris Match avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux- Siciles : « Est-ce que les Français vont acheter l’histoire du conte de fées » ?

A la Une de Paris Match, le président du RN, Jordan Bardella a officialisé sa relation amoureuse avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, une figure de la Jet-Set européenne. Pour Philippe Moreau Chevrolet, expert en communication politique et enseignant à Sciences Po Paris, le patron du Rassemblement national signe, avec cette couverture, « son entrée en campagne » pour la présidentielle de 2027. Mais l’opération de com n’est pas sans risque pour son image. Interview.

Le

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
10min

Politique

« Ce n’est pas non plus le Soviet suprême ! » : au groupe PS du Sénat, la présidence de Patrick Kanner suscite convoitises et crispations

Les sénateurs du groupe PS du Sénat ont modifié leur règlement intérieur. Patrick Kanner, à la tête du groupe, était menacé en cas d’adoption du principe de non-cumul dans le temps, proposition finalement rejetée. Mais l’ancien ministre, qui pourra se représenter en octobre prochain, après les sénatoriales, se retrouve contesté en interne.

Le