Retraite et allocation chômage des députés: la feuille de route
Retraite et allocation chômage des députés alignées sur le droit commun, avantages des anciens élus dans les transports supprimés...

Retraite et allocation chômage des députés: la feuille de route

Retraite et allocation chômage des députés alignées sur le droit commun, avantages des anciens élus dans les transports supprimés...
Public Sénat

Par Anne Pascale REBOUL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Retraite et allocation chômage des députés alignées sur le droit commun, avantages des anciens élus dans les transports supprimés: de premières décisions ont été prises mercredi peu avant la trêve estivale, avant une réforme plus vaste de l'Assemblée promise sur les cinq ans de la législature.

Pour "moderniser" une Assemblée trop souvent perçue selon lui comme "symbole d'opacité" et de "règles exceptionnelles", le président François de Rugy, député depuis 2007, avait appelé dès sa prise de fonctions fin juin à remettre "tout sur la table" et "instaurer l’égalité entre les citoyens et les parlementaires".

La suppression du régime spécial de retraites des parlementaires, qui remonte au début du XXe siècle, était aussi une promesse du candidat Emmanuel Macron.

Ce régime avait déjà été réformé en 2010, à l'Assemblée comme au Sénat, pour le rapprocher progressivement de celui des fonctionnaires, avec notamment un âge de départ à 62 ans et la fin d'un système de double cotisation permettant que les années comptent double.

Les conditions de retraite des députés seront sans tarder alignées sur la fonction publique, selon les annonces faites mercredi.

L'application ne sera pas rétroactive, alors que 1.227 anciens députés bénéficient d’une pension, au montant brut moyen de 3.297 euros. Ces retraites sont financées par les cotisations des députés, qui pouvaient surcotiser pour toucher une pension accrue, ainsi qu'une contribution de l'Assemblée.

Le bureau de l'Assemblée, plus haute instance collégiale, a aussi décidé d'aligner le dispositif de chômage sur le régime de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), qui prévoit le versement de 57% du salaire journalier pendant 24 à 36 mois. A ce stade, l'Assemblée en gardera la gestion.

Jusqu'alors, les députés sortants pouvaient toucher pendant trois ans une allocation de fin de mandat dégressive (100% de l'indemnité parlementaire le 1er semestre, 70% le 2e, etc.).

Au-delà du symbole, ces deux mesures doivent permettre des économies de long terme, non chiffrées.

- "L'argent public" -

Une autre décision va entraîner immédiatement un gain de 800.000 euros annuels: la fin des avantages pour train et avion dont bénéficiaient certains anciens parlementaires et leurs conjoints, jusqu'à la gratuité à la SNCF pour ceux ayant siégé plus de 18 ans.

Dans un climat de défiance envers les politiques, M. de Rugy, ex-écologiste devenu REM, voulait ces premières décisions pour qu'"on parl(e) enfin des députés non plus pour des soupçons mais pour le travail" accompli. Il voulait aussi accompagner les lois emblématiques de confiance dans la vie politique, qui vont être adoptées définitivement sur la fin de cette session extraordinaire.

Des députés de divers bords ont salué ces décisions, avec quelques bémols. Pour Daniel Fasquelle (LR), "les Français ne doivent pas avoir de doutes sur la manière dont on utilise l'argent public". Pour l'Insoumis Adrien Quatennens, "tout ce qui vise à rapprocher les parlementaires des citoyens est une bonne chose", mais "cela ne suffira pas à rétablir la confiance, il faut s'attaquer au pouvoir de l'argent" sur les politiques notamment.

Le titulaire du "perchoir", qui souhaite une Assemblée "plus démocratique, plus efficace, plus moderne", veut aussi préparer la réduction du nombre de parlementaires dans cinq ans et "renforcer leurs moyens".

Sept groupes de travail, présidés par les sept groupes politiques, seront constitués en septembre: sur le statut des députés, celui des collaborateurs parlementaires, le développement durable, la démocratie numérique et l’ouverture à la société.

Deux groupes seront particulièrement scrutés: celui sur "les moyens de contrôle et d’évaluation", l'exécutif voulant accentuer ce volet du travail parlementaire, et celui sur "la procédure législative".

Leurs propositions pourront notamment nourrir la réforme constitutionnelle annoncée.

M. de Rugy considère que "la procédure encourage l’enlisement et l’obstruction", comme encore la semaine dernière sur la moralisation, et Emmanuel Macron veut accélérer l'adoption des textes.

Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, a mis en garde mercredi contre une absence de "vision": "La question c'est pas tellement comment aller plus vite (mais) comment faire des lois qui soient adaptées aux problèmes de terrain."

Partager cet article

Dans la même thématique

Retraite et allocation chômage des députés: la feuille de route
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Retraite et allocation chômage des députés: la feuille de route
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Retraite et allocation chômage des députés: la feuille de route
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le