Retraites: dernier avertissement avant les annonces de Delevoye
Dernier avertissement avant les annonces du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye: le comité de suivi...

Retraites: dernier avertissement avant les annonces de Delevoye

Dernier avertissement avant les annonces du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye: le comité de suivi...
Public Sénat

Par Aurélie CARABIN

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Dernier avertissement avant les annonces du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye: le comité de suivi des retraites recommande au gouvernement de "prendre les mesures nécessaires" afin de sortir des déficits, mais les économies, un temps envisagées dès 2020, devraient encore attendre.

Face à "une nette dégradation" des comptes à court terme et un "besoin de financement" persistant "au moins jusqu'en 2040", le comité "maintient" sa recommandation de 2017, quand il avait invité le gouvernement à "ramener le système sur une trajectoire d'équilibre", explique-t-il dans son avis remis vendredi au Premier ministre, Edouard Philippe.

Prenant "note", le chef du gouvernement assure dans un communiqué que les préconisations de M. Delevoye, qui seront présentées le 18 juillet aux partenaires sociaux, à la ministre des Solidarités et à Matignon, tiendraient "compte des avis du comité".

Composé de cinq experts, ce dernier est chargé de vérifier chaque année que le système respecte les trois objectifs assignés par la loi (niveau de vie des retraités, équité entre assurés, pérennité financière), sur la base des projections du Conseil d'orientation des retraites (COR) publiées en juin.

Or, selon le COR, "le solde global du système" pourrait atteindre "-0,4% du PIB à horizon 2022", soit un déficit d'environ 10 milliards d'euros à la fin du quinquennat.

Une dégradation liée au ralentissement économique, qui se traduit par "une moindre progression de la masse salariale", mais aussi à "la fin progressive du relèvement de l'âge légal d'ouverture des droits", passé ces dernières années de 60 à 62 ans, "sans relais immédiat de l'augmentation de la durée d'assurance" pour une retraite à taux plein, qui doit passer progressivement à 43 ans pour la génération née en 1973.

En 2017 déjà, peu après l'élection d'Emmanuel Macron, les prévisions dégradées du COR étaient venues jeter une ombre sur l'un de ses engagements phares de campagne. "Le problème des retraites n'est plus un problème financier", clamait alors le candidat Macron, promettant de remplacer les 42 régimes existants par un "système universel", par essence "plus juste".

Entre-temps, la révision à la baisse des hypothèses de croissance et l'actualisation des données démographiques de l'Insee avaient changé la donne.

- "Clarté des messages" -

A l'approche du 18 juillet, le comité constate que la situation financière "incite à cumuler mesures de rééquilibrage et remise à plat du système, au risque que les premières ne fragilisent le soutien de la seconde".

Sur les trois leviers existants pour équilibrer le système (taux de prélèvement, niveau des pensions et âge de départ), le gouvernement en a déjà activé deux: le premier en 2018 (hausse de la CSG), le second en 2019 (revalorisation des pensions inférieure à l'inflation), avant de faire en partie marche arrière face à la grogne des retraités.

Reste le levier de l'âge. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement réfléchissait à des moyens d'inciter les Français à "travailler plus longtemps" dès 2020 pour réaliser des économies: augmentation accélérée de la durée de cotisation, décote plus forte pour les départs avant l'âge du taux plein ou encore "âge d'équilibre" au-delà de 62 ans faisaient partie des pistes envisagées pour le prochain budget de la Sécu.

Mais le journal Les Echos affirme que l'exécutif a choisi d'y renoncer "à court terme", misant sur un retour à l'équilibre d'ici à 2025, "date de bascule dans le régime universel par points". Matignon et le ministère des Solidarités n'ont pas souhaité commenter.

De quoi apaiser temporairement les syndicats, consultés depuis plus d'un an par M. Delevoye, qui en avaient fait un casus belli. Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, avait ainsi prévenu qu'avec un tel coup de rabot "la réforme (serait) morte".

Pour le comité, "un changement d'aussi grande ampleur est nécessairement très complexe à mettre en oeuvre", et sa réussite passera par "la clarté des messages".

Intégrer les mesures d'économies à la réforme garantirait "une certaine cohérence", a estimé son président Didier Blanchet. Encore plus "si c'est piloté par la même personne", a-t-il ajouté.

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