Retraites: des économistes proches de Macron appellent à davantage de « clarté »
Des économistes ayant participé à la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron déplorent les "considérations budgétaires" qui ...

Retraites: des économistes proches de Macron appellent à davantage de « clarté »

Des économistes ayant participé à la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron déplorent les "considérations budgétaires" qui ...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Des économistes ayant participé à la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron déplorent les "considérations budgétaires" qui "obscurcissent" la réforme des retraites et appellent l'exécutif à davantage de "clarté", dans une tribune au Monde publiée lundi.

"Pour réussir une réforme aussi ambitieuse, il faut de la clarté sur sa finalité, sur ses paramètres, sur la gouvernance future du système et, enfin, sur les conditions de la convergence des différents régimes existants. Cette clarté a jusqu'ici manqué", estiment dans ce texte les quatre co-signataires, à savoir Jean Pisani-Ferry, coordinateur du programme de M. Macron et enseignant à Sciences Po, le professeur au Collège de France Philippe Aghion, le président délégué du Conseil d'analyse économique (rattaché à Matignon) Philippe Martin et Antoine Bozio, qui fut l'inspirateur durant la campagne de la réforme et dirige l'Institut des politiques publiques.

"Les objectifs centraux de la réforme – lisibilité, sécurité, confiance, équité – ont été obscurcis par des considérations budgétaires qui détournent de l'essentiel", observent-ils encore, tout en qualifiant de "réforme de progrès" l'instauration d'un nouveau système universel.

Alors qu'Edouard Philippe doit détailler mercredi le projet du gouvernement, une question parmi d'autres est en suspens: comment articuler, à côté de la réforme structurelle, des mesures de gestion, dites "paramétriques", permettant de résorber le déficit du système, qui devrait s'établir entre 8 et 17 milliards en 2025 selon les projections ?

"Vouloir mener de pair réforme systémique et réforme de financement, c'est risquer de brouiller les enjeux", mettent en garde les économistes.

Ils recommandent ainsi de "renoncer aux mesures d'âge", ciblant l'introduction d'un "âge pivot" à 64 ans pour partir à la retraite, en dessous duquel la pension serait minorée.

Les co-signataires appellent aussi à "dissiper la méfiance quant à l'évolution de la valeur des points accumulés" en gravant dans la loi "des règles d’indexation stables et précises, qui s'appliquent même en cas de récession".

Quant à la "gouvernance du système", elle doit être "transparente" et inclure "les partenaires sociaux", écrivent-ils encore.

Egalement, ils exhortent à veiller à ce que la réforme ne conduise pas à une "dégradation de la situation des fonctionnaires", notamment les enseignants, pour qu""aucune catégorie ne soit perdante".

Enfin, ils appellent à ne pas "allonger à l'excès" les transitions entre les systèmes existants et le futur système universel, alors que l'exécutif réfléchit à différer la mise en application de la réforme pour certaines catégories.

"Si la réforme est injuste ou anxiogène, les délais ne résoudront rien. Si, comme nous le pensons, elle est socialement juste et économiquement efficace, pourquoi la retarder", s'interrogent-ils.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le