Emmanuel Macron a réaffirmé sa détermination à "mener à bien la réforme des retraites" lors de ses voeux aux Français mardi, tout en pressant le...
Retraites: Macron mènera la réforme « à bien » mais appelle au « compromis »
Emmanuel Macron a réaffirmé sa détermination à "mener à bien la réforme des retraites" lors de ses voeux aux Français mardi, tout en pressant le...
Par Laurence BENHAMOU, Marie-Pierre FEREY
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Emmanuel Macron a réaffirmé sa détermination à "mener à bien la réforme des retraites" lors de ses voeux aux Français mardi, tout en pressant le gouvernement de "trouver un compromis rapide", alors que la grève entre mercredi dans son 28e jour.
"Je mesure combien les décisions prises peuvent heurter et susciter des craintes et des oppositions", a reconnu le président, sur un ton sobre.
"Faut-il pour autant renoncer à changer notre pays, notre quotidien? Non. Car ce serait abandonner ceux que le système a déjà abandonné, ce serait trahir nos enfants, leurs enfants après eux, qui alors, auraient à payer le prix de nos renoncements. C'est pour cela que la réforme des retraites sera menée à son terme", a-t-il ajouté.
Le chef de l'État n'a pas mentionné l'âge pivot, dont la CFDT a fait une "ligne rouge", malgré l'appel d'une quinzaine de députés de la majorité dans une tribune de presse mardi.
Capture d'écran de la chaîne France 2 diffusant les vœux aux Français du président Emmanuel Macron depuis l'Élysée, le 31 décembre 2019
FRANCE 2/AFP
Il a en revanche conforté une ouverture sur un autre sujet défendu par la CFDT: la question de la pénibilité, promettant de prendre "en compte les tâches difficiles pour permettre à ceux qui les exercent de partir plus tôt sans que cela soit lié à un statut ou à une entreprise".
Est-ce suffisant pour obtenir la levée de la grève? "Avec les organisations syndicales qui le veulent, j'attends du gouvernement d'Edouard Philippe qu'il trouve la voie d'un compromis rapide", a tranché Emmanuel Macron.
"Je n'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup d'espace à la négociation", a réagi immédiatement sur le plateau de BFMTV le numéro 1 de Force ouvrière, Yves Veyrier, à l'initiative du mouvement de grève avec la CGT, Solidaires et la FSU depuis le 5 décembre.
"Ces formules d'apparence très généreuse sont celles qu'on nous rabâche depuis deux ans et demi", a-t-il poursuivi, estimant qu'"elles n'ont pas réussi à convaincre ni à remporter l'adhésion"
"Ce ne sont pas des voeux mais une déclaration de guerre aux millions de Français qui refusent sa réforme. Tout le reste de son discours sonne faux et creux", a twitté Jean-Luc Mélenchon (LFI).
Pour Fabien Roussel (PCF), le président a "choisi le bras de fer. C'est donc un appel à la mobilisation totale !"
A la veille du Nouvel An, le conflit semble toujours sans issue, alors que la concertation entre Édouard Philippe et les syndicats doit reprendre le 7 janvier.
- Transports toujours très perturbés -
Le trafic restera mercredi perturbé à la SNCF avec un TGV sur trois, quatre TER sur dix, un Transilien sur cinq et un Intercité sur dix. L'amélioration sera perceptible jeudi, et surtout le weekend de retour des vacances, où la SNCF a indiqué qu'elle comptait faire rouler 2 TGV sur 3. L'entreprise a par ailleurs annoncé pour mardi un taux de grévistes de 7,7% et plus d'un tiers chez les conducteurs.
La RATP table sur un trafic toujours "très perturbé" mercredi avec 8 lignes de métro totalement fermées. Pour la nuit de la Saint-Sylvestre, les lignes automatiques 1 et 14 circuleront jusqu'à 02H15 du matin (derniers départs à 01H45) et les lignes de bus Noctilien seront "fortement renforcées" (+50%). Comme tous les ans, les transports sont gratuits toute la nuit en Ile-de-France.
Côté raffineries, la Fédération CGT de la Chimie a appelé à un blocage de toutes les installations pétrolières - raffineries, terminaux pétroliers, dépôts - pendant 96 heures, du 7 au 10 janvier, a annoncé à l'AFP Thierry Defresne, délégué syndical central chez Total.
Le mouvement reste soutenu par une majorité de Français (51%), alors que depuis la présentation du projet de réforme par Jean-Paul Delevoye cet été, les questions se sont multipliées sur une réforme dont l'impact pour chacun est incertain, faute notamment de connaître comment sera fixée la valeur du point qui régentera le futur système.
Entre les simulateurs succincts et optimistes du gouvernement et ceux de la gauche qui prédisent de nombreux perdants ou un boulevard ouvert aux fonds de pension, difficile d'y voir clair.
Autre source d'interrogations: les concessions accordées ces derniers jours à une dizaine de catégories, allant des policiers aux pilotes de ligne en passant par les marins et les danseurs de l'opéra qui conserveront pour longtemps des régimes spéciaux. De quoi faire dire à la droite que la réforme, vidée de son contenu, redevient catégorielle.
La grève dans les transports pourrait se poursuivre jusqu'à la reprise des négociations. En ce cas, elle atteindra jeudi, avec 29 jours, le record de la plus longue grève à la SNCF depuis 30 ans.
Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.
Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.
Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.
Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?