Révision constitutionnelle : « Il faut arrêter de prendre les électeurs pour des imbéciles », avertit Lagarde
Le président de l’UDI tacle la réforme des institutions d’Emmanuel Macron et défend un cadre électoral avec plus de proportionnelle et sans limitation des mandats dans le temps.

Révision constitutionnelle : « Il faut arrêter de prendre les électeurs pour des imbéciles », avertit Lagarde

Le président de l’UDI tacle la réforme des institutions d’Emmanuel Macron et défend un cadre électoral avec plus de proportionnelle et sans limitation des mandats dans le temps.
Public Sénat

Par Héléna Berkaoui

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La réforme institutionnelle va rebattre les cartes du jeu électoral. La limitation des mandats dans le temps ou l’introduction d’une dose de proportionnelle sont des mesures qui chiffonnent le président de l’UDI. « Je trouve ça stupide », lâche-t-il sur la matinale de Public Sénat, ce jeudi. Une saillie qui intervient alors que les consultations des présidents de groupes parlementaires à Matignon se sont achevées hier.

« Qu’est-ce qu’on veut ? Limiter le choix des électeurs ? Est-ce qu’on prend les Français pour des imbéciles ? Est-ce qu’ils ne sont pas capables, eux-mêmes, de savoir s’ils veulent qu’un mandat continue ou s’arrête ? », s’emporte le député de Seine-Saint-Denis qui a lui-même dû renoncer à la mairie de Drancy pour conserver son siège à l’Assemblée nationale, non-cumul des mandats oblige. S’il n’est pas « sûr que l’idée soit géniale » pour les parlementaires, « sur les maires » il n’est « pas d’accord ». « Quand vous avez un bon maire, pourquoi est-ce qu’on vous oblige à le changer ? », s'interroge l'élu.  

L’interdiction de plus 3 mandats consécutifs ne concerne pas les mairies qui comptent moins de 3 500 administrés. Pas de quoi calmer Jean-Christophe Lagarde. « Laissez les Français choisir », s’agace l’élu qui cible ces contraintes : « On met la parité, c’est une bonne chose, on met maintenant la limite dans le temps, on va mettre d’autres règles, il va falloir être roux, blond, grand, petit, gros, gras », ironise le député.

En ce qui concerne l’introduction d’une dose de proportionnelle, son avis est tout aussi tranché. « Si c’est 10 %, je ne voterai pas ça parce que c’est se foutre du monde et que ce n’est pas une propositionnelle », juge Jean-Christophe Lagarde. Selon ses calculs : « Ça veut dire que si vous faites 10 % des voix vous avez 4 députés - 10 % des voix, 1 % de l’Assemblée nationale - donc c’est se foutre du monde », répète-t-il.

Le président de l’UDI estime que « le bon équilibre, c’est d’abord de réduire le nombre de parlementaires non pas d’un tiers mais d’un quart » et d’introduire « 20 % de proportionnelle au minimum – entre 20 et 25 – parce qu’à ce moment-là, vous avez à la fois la possibilité de dégager une majorité qui peut gouverner et en même temps représenter les opinions de façon correcte ».

Mieux, Jean-Christophe Lagarde affirme « que, pour pousser aux accords et déterminer les majorités, nous aurions intérêt en France à avoir un mode de scrutin majoritaire au premier tour et un mode de scrutin à la proportionnelle qui vient corriger les effets du scrutin majoritaire ».   

10 % de proportionnelle : « C’est se foutre du monde » pour Jean-Christophe Lagarde
01:21

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