La nouvelle législature a été lancée mardi à l'Assemblée, avec au menu l'élection de son président, l'ex-écologiste François de Rugy porté par...
Rugy en marche pour le « perchoir » de l’Assemblée
La nouvelle législature a été lancée mardi à l'Assemblée, avec au menu l'élection de son président, l'ex-écologiste François de Rugy porté par...
Par Isabelle CORTES, Anne Pascale REBOUL
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La nouvelle législature a été lancée mardi à l'Assemblée, avec au menu l'élection de son président, l'ex-écologiste François de Rugy porté par les députés de la République en marche (REM) étant confronté à d'autres candidatures de dernière minute, notamment de femmes.
Le doyen des députés, Bernard Brochand (LR), 79 ans, a donné le coup d'envoi de cette XVe législature, devant une Assemblée profondément renouvelée: 424 élus sur 577 n'ont jamais été députés.
La députée Brigitte Bourguignon le 15 mars 2016 à l'Assemblée nationale
AFP/Archives
Pour cette séance inaugurale, les parlementaires sont assis dans l'hémicycle par ordre alphabétique. Certains députés de La France insoumise, dont leur chef de file Jean-Luc Mélenchon, ou François Ruffin, ne portent pas de cravate contrairement à l'usage, tandis que le député de Polynésie Moetai Brotherson a mis veste et cravate par-dessus son costume traditionnel lavalava.
Entouré du bureau d'âge, composé des six plus jeunes députés, dont le benjamin de 23 ans Ludovic Pajot (FN), M. Brochand a lancé le vote à bulletin secret dans une urne à la tribune. Le scrutin se déroule dans une ambiance calme et courtoise et doit s'achever vers 16H30.
Sophie Errante, élue à l'époque sous l'étiquette Socialiste, radical, citoyen et divers gauche, à l'Assemblée nationale le juillet 2014
AFP/Archives
Après avoir voté, la présidente du FN et élue du Pas-de-Calais Marine Le Pen a serré la main de M. Mélenchon, à quelques rangs de son siège.
Député depuis 2007 de Loire-Atlantique, M. de Rugy, 43 ans, devrait emporter le scrutin. Lors d'une longue réunion à huis clos du groupe REM, qui détient la majorité absolue, il a en effet été élu candidat pour le "perchoir" dès le premier tour, avec 153 voix, contre 59 pour Sophie Errante, 54 pour Brigitte Bourguignon - deux ex-socialistes - et 32 pour l'ex-UDI Philippe Folliot.
Parti le premier en campagne, l'ancien candidat à la primaire PS élargie a mis en avant son expérience d'ancien coprésident des élus écologistes et vice-président de l'Assemblée. Il a promis une chambre "plus démocratique, plus efficace et plus moderne".
Le "perchoir" et tous les autres postes à responsabilité de REM à l'Assemblée seront remis en jeu à mi-mandat, dans deux ans et demi.
- Répartition des postes -
Philippe Folliot à Paris le 25 novembre 2015
AFP/Archives
Mais plusieurs voix ont regretté que le "perchoir" n'échoie pas à une femme, ce qui aurait été une première. Les groupes LFI, socialiste rebaptisé "Nouvelle Gauche" et les "constructifs" de droite ont donc présenté les candidatures respectivement de Caroline Fiat, Laurence Dumont et Laure de La Raudière. En outre, Jean-Charles Taugourdeau (LR) est sur les rangs.
Le suspense a déjà pris fin pour le nombre des groupes politiques: ils seront sept, contre six au démarrage de la précédente législature. Record battu sous la Ve République, le maximum ayant été de six jusqu'alors.
Jean-Luc Mélenchon parle aux journalistes devant l'Assemblée nationale le 27 juin 2017
AFP
Faute de pouvoir s'entendre "politiquement" avec les trois députés nationalistes corses, Olivier Falorni (divers gauche) a finalement renoncé à constituer un huitième groupe avec notamment des radicaux ou ultramarins.
Les groupes ont achevé mardi de désigner leur chef de file. Sans surprise, c'est M. Mélenchon pour les Insoumis et un binôme pour les "constructifs" Républicains, UDI et Indépendants, avec Franck Riester (LR) et Stéphane Demilly (UDI). André Chassaigne a été reconduit à la tête des communistes.
Au menu du reste de la semaine, la répartition des postes à la questure, les vice-présidences et huit présidences de commission attisent les convoitises.
Édouard Philippe fera mardi prochain sa déclaration de politique générale, suivie d'un vote de confiance qui pourrait réveiller des divergences dans quelques groupes.
Franck Riester le 4 mai 2017 à Paris
AFP/Archives
Manuel Valls a indiqué qu'il voterait la confiance. L'ancien Premier ministre, réélu député de l'Essonne sans l'étiquette socialiste et dont le positionnement était incertain à l'égard de la majorité d'Emmanuel Macron, a annoncé avec fracas qu'il quittait le PS et s'apparenterait au groupe du parti présidentiel. "Une partie de ma vie politique s'achève. Je quitte le Parti socialiste, ou le Parti socialiste me quitte", a-t-il lâché.
M. Macron pourrait précéder le Premier ministre, avec une intervention dès lundi devant l'Assemblée et le Sénat réunis en Congrès au château de Versailles. "Il faut" qu'il "s'exprime assez vite", selon le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.
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