Rugy fragilisé mais « déterminé » face à une semaine compliquée
Sauvé ou en sursis ? Le ministre de l'Écologie François de Rugy, qui reste déterminé à tenir face aux attaques liées à des agapes...

Rugy fragilisé mais « déterminé » face à une semaine compliquée

Sauvé ou en sursis ? Le ministre de l'Écologie François de Rugy, qui reste déterminé à tenir face aux attaques liées à des agapes...
Public Sénat

Par Paul AUBRIAT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Sauvé ou en sursis ? Le ministre de l'Écologie François de Rugy, qui reste déterminé à tenir face aux attaques liées à des agapes dispendieuses lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale, doit affronter mardi les parlementaires et tenter de calmer une grogne à peine voilée de nombreux pontes de LREM.

De Belgrade, où il est en déplacement, Emmanuel Macron a déclaré lundi avoir "demandé au Premier ministre d'apporter toute la clarté" sur cette affaire. "Je ne prends pas de décisions sur base de révélations mais de faits, sinon ça devient la République de la délation", a-t-il tranché.

Le numéro deux du gouvernement, qui doit s'entretenir mardi matin avec Edouard Philippe pour "leur réunion de travail bi-mensuelle habituelle" selon son entourage, est surtout attendu mardi après-midi lors des questions au gouvernement. "Il va se faire défoncer, tout le monde va y aller contre lui, et à juste titre", prophétise un député LREM, qui prévient : "lorsqu'on nous demandera d'applaudir à ses réponses, on se planquera".

En début de soirée, le ministre devra défendre devant les sénateurs le projet de loi "énergie-climat", "mais ça m'étonnerait que le sujet soit mis sur la table lors des débats", veut se rassurer un ministre.

Dans l'entourage de François de Rugy, on se borne à indiquer qu'il est "déterminé" à poursuivre son travail.

Les révélations par Mediapart de dîners fastueux organisés quand il présidait l'Assemblée nationale, de travaux dans son logement de fonctions au ministère ou de son appartement près de Nantes l'ont toutefois sérieusement fragilisé.

Convoqué jeudi à Matignon, M. de Rugy a certes réussi à sauver son poste, mais Édouard Philippe a demandé au secrétariat général du gouvernement de diligenter "une inspection", confiée à la cheffe de la mission d'organisation des services du Premier ministre, Virginie Aubard, afin de vérifier que les travaux entrepris se conformaient au "respect des règles" et "au principe d'exemplarité".

Ses conclusions doivent être rendues en fin de semaine.

A propos des dîners litigieux, François de Rugy s'est dit prêt à soumettre à "une autorité de contrôle de l'Assemblée" les frais engagés et "à rembourser chaque euro contesté".

Il a affirmé avoir rencontré la déontologue de l'Assemblée nationale samedi, l'institution refusant de communiquer sur le sujet. Dans un entretien au JDD dimanche, il a répété n'avoir rien fait "qui soit en dehors des clous" et a pu s'afficher dans l'axe du président Macron lors du défilé du 14-Juillet à Paris.

- "Devoir de sobriété" -

L'entourage du ministre est actif depuis une semaine, en relayant soutiens et témoignages de convives aux dîners litigieux, telle une productrice, Yasmina Nini-Faucon, qui a expliqué à l'AFP que le repas auquel elle a participé était "loin d'être luxueux".

Mais le projet d'une tribune de soutien dans la presse initiée par ses proches a été abandonné.

Lundi a été nommé Jack Azoulay en remplacement de la directrice de cabinet limogée, qui affirme avoir servi de fusible au ministre.

Dans les rangs LREM, nombreux craignent que l'épisode ne dégénère en regrettable série d'été à la Benalla.

"Peut-être que derrière ces enquêtes, quel que soit le résultat, il faudra qu'on se donne des règles encore plus strictes sur les frais de représentation", a glissé lundi sur LCI l'une des secrétaires d'État de M. De Rugy, Emmanuelle Wargon.

L'eurodéputée Nathalie Loiseau a aussi appelé sur France Inter à "un devoir d'exemplarité" et de "sobriété", a fortiori après les crises des "gilets jaunes".

Si beaucoup considèrent que ce qui est reproché au ministre n'est ni illégal, ni nouveau, la pratique n'est plus acceptée dans l'opinion. "Drôle d'idée de se mettre en photo avec des bouteilles", cingle un ministre, qui craint "un truc qui va nous suivre".

Mais c'est surtout chez les députés macronistes que la grogne est la plus forte : "En circonscription, c'est horrible", raconte l'un d'eux, regrettant que le ministre n'ait pas été démissionné "dès le départ".

L'intéressé a confié au JDD espérer que ces turbulences se termineront "fin juillet". Mais, fait valoir un parlementaire LREM, "si ça continue jusqu'à la semaine prochaine, il va être obligé d'être débarqué". Sans cacher qu'il s'agit d'un souhait partagé par d'autres.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le

Paris: Crisis meeting at Elysee Palace with Macron and leaders of the majority
10min

Politique

Sénatoriales : confiants, Les Indépendants, à majorité Horizons, sont prêts à se rapprocher de la majorité de Gérard Larcher

Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.

Le

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
6min

Politique

François Ruffin tenté par la primaire du PS, mais rabroué par Raphaël Glucksmann : que disent les règles de participation à ce scrutin ?

François Ruffin espère participer à la primaire co-organisée par le Parti socialiste, une idée que laisse prospérer Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS. Présenté comme le favori de cette primaire, Raphaël Glucksmann défend le mode d'organisation actuel, et rappelle que le principe d’un scrutin limité à l’arc social-démocrate a été validé par un vote des militants socialistes.

Le

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le