Santé, retraites : les partenaires sociaux réclament plus de « solidarité » et « d’accompagnement »
Ce jeudi, à l’occasion du 42e congrès de la Mutualité française, les partenaires sociaux étaient invités à débattre de l’avenir du système de protection sociale. Une table ronde qui intervient au lendemain des précisions apportées par Emmanuel Macron quant à la politique sociale qu’il entend mener.

Santé, retraites : les partenaires sociaux réclament plus de « solidarité » et « d’accompagnement »

Ce jeudi, à l’occasion du 42e congrès de la Mutualité française, les partenaires sociaux étaient invités à débattre de l’avenir du système de protection sociale. Une table ronde qui intervient au lendemain des précisions apportées par Emmanuel Macron quant à la politique sociale qu’il entend mener.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Logique de chacun pour soi », voire même « de jungle », « idéologie d’individualisation sans valeurs »… Lors de la table ronde réunissant les partenaires sociaux dans le cadre du 42e Congrès de la Mutualité française, Pascal Pavageau, secrétaire général de Force ouvrière, a sans surprise appelé à plus de « solidarité » au sein du système de protection sociale. Une position partagée par Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui souligne la nécessité de le réformer.

Nécessité d’une « réforme systémique »

Même Claude Tendil, vice-président du Medef, assure « partager ces valeurs » ainsi que « la vision de la CFDT d’une réforme systémique. » « 13 minima sociaux on ne comprend rien » a-t-il ajouté avant de souligner la « nécessaire lisibilité de nos dispositifs pour des droits virtuels deviennent réels ». « À un moment donné si on veut une vraie effectivité des droits, il faut de la prévisibilité », a renchéri Laurent Berger.

Claude Thendil, vice-président du Medef, assure « partager ces valeurs » ainsi que « la vision de la CFDT d’une réforme systémique. »
02:26

« Les minima sociaux c’est notre fierté »

Au lendemain de la polémique engendrée par la courte vidéo mettant en scène Emmanuel Macron à l’Elysée, s’offusquant du « pognon de dingue » dépensé pour les minimas sociaux, Pascal Pavageau trouve qu’« en matière de provoc’ ça va un petit peu loin » et a tenu à rappeler que « les minima sociaux c’est notre fierté ». « Sans les aides sociales et les minima sociaux, le niveau de pauvreté passerait de 14% à 22% ! », a-t-il alerté. Et d’ajouter : « Plutôt que de parler de pognon, parlons contribution et cotisation. »

« Sans les aides sociales et les minima sociaux, le niveau de pauvreté passerait de 14% à 22% ! » alerte Pascal Pavageau
05:23

« Contribution et cotisations », mais pas pour les entreprises, tranche Claude Tendil. Pour le vice-président du Medef, « avant de redistribuer, il faut créer de la richesse (…) Ce n’est pas en alourdissant les charges des entreprises qu’on réduira le chômage ».

« Des dépenses qu’il faudra continuer d’augmenter »

La veille, le chef de l’État avait également déclaré que « la solution n’est pas de dépenser toujours plus d’argent ». Les partenaires sociaux s’accordent pourtant à dire que l’enveloppe globale va inéluctablement augmenter du fait du vieillissement de la population et de la dépendance qui en résulte. « Sur la question de la santé je ne crois pas une minute que ça ira en stagnant ou en baissant » a assuré Laurent Berger, qui tempère : « Il y a des dépenses qu’il faudra continuer d’augmenter et d’autres qu’on peut baisser ». Côté Medef, on plaide plutôt pout une « optimisation » de l'enveloppe budgétaire, sans nécessairement l'augmenter.

Sur la méthode, les syndicats appellent à identifier les besoins avant de réformer : « Regardons d’abord les évolutions qui ont eu lieu ces dernières années et, après, adaptons le système », préconise Pascal Pavageau.

« Des droits attachés à la personne »

Syndicats comme patronat ont également insisté sur la nécessité que les droits soient « attachés à la personne et non plus au statut ». « Prendre en compte la spécificité dans un cadre collectif », précise Laurent Berger. Et mieux accompagner, aussi : « La solidarité de demain ne sera pas que financière mais aussi dans une forme d’accompagnement », prédit le secrétaire général de la CFDT.

« Accompagner » et « responsabiliser »

Hier, le Président - «  super chauffeur de salle » selon Pascal Pavageau - avait lui aussi insisté sur la nécessité d’ « accompagner vers le travail » tous les exclus qui le peuvent, mais également appelé à la « responsabilisation » des plus démunis. « Accompagner » et « responsabiliser », deux mots d’ordre repris par le vice-président du Medef ce jeudi, et dont l’un scandalise particulièrement le secrétaire général de FO : « C’est inadmissible de laisser à penser que celles et ceux qui sont en dessous du seuil de pauvreté ont une part de responsabilité. » La présentation du plan « pauvreté » du gouvernement est prévu pour juillet. La réforme des retraites, elle, sera présentée « au début de l’année 2019 ». Quant à la loi sur la dépendance, elle sera votée fin 2019.

Partager cet article

Dans la même thématique

Tarbes Hautes Pyrenees manifestation contre la reforme des retraites
6min

Politique

SÉRIE D’ÉTÉ - Emmanuel Macron, 10 ans après, quel bilan ? Le serpent de mer de la réforme des retraites

Que reste-t-il des promesses électorales d’Emmanuel Macron ? Alors que le second quinquennat s’achève, Public Sénat profite de la pause estivale pour passer au crible les principaux engagements pris par le chef de l’Etat lors de ses deux campagnes présidentielles, en 2017 et 2022. Au menu de ce deuxième épisode : la réforme des retraites, sorte de serpent de mer des quinquennats Macron - d’abord interrompue, puis reprise dans la douleur, et finalement décalée pour sauver le budget.

Le

Santé, retraites : les partenaires sociaux réclament plus de « solidarité » et « d’accompagnement »
4min

Politique

VSS dans le sport : « On est passé de 10 cas à 400 par an » alerte ce sénateur

Mathilde De Kerangat, ex-athlète olympique de voile, révélait en 2022 avoir été victime d’agressions sexuelles de la part de son entraîneur quand elle pratiquait l’athlétisme entre l’âge de 7 et 11 ans. Aujourd’hui, elle s’engage au sein de l’observatoire des violences sexistes et sexuelles dans le sport et s’engage auprès des plus jeunes pour faire de la prévention. Elle témoigne dans l’émission Sport etc. présentée par Caroline Delage.

Le