Sécurité : le Sénat rejette un budget qui n’est «pas à la hauteur des enjeux»
Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finance 2018, les sénateurs ont débattu ce mardi du budget proposé par le gouvernement pour la sécurité. S’ils saluent unanimement l’augmentation des effectifs de police et de gendarmerie, la plupart déplore l’insuffisance des moyens consacrés au renouvellement de leurs équipements. Les sénateurs regrettent également qu’aucun crédit ne soit alloué à la police de sécurité du quotidien, dont l’expérimentation débute en janvier.

Sécurité : le Sénat rejette un budget qui n’est «pas à la hauteur des enjeux»

Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finance 2018, les sénateurs ont débattu ce mardi du budget proposé par le gouvernement pour la sécurité. S’ils saluent unanimement l’augmentation des effectifs de police et de gendarmerie, la plupart déplore l’insuffisance des moyens consacrés au renouvellement de leurs équipements. Les sénateurs regrettent également qu’aucun crédit ne soit alloué à la police de sécurité du quotidien, dont l’expérimentation débute en janvier.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Le présent budget n’est pas à la hauteur des enjeux », alerte Philippe Dominati (LR) dès l’ouverture de la séance consacrée à l’examen du budget sécurité pour l’année 2018.

Dominati : « Le présent budget n'est pas à la hauteur des enjeux »
00:53

Le rapporteur spécial de la commission des finances du Sénat regrette notamment que « la police de sécurité quotidienne ne s’accompagne d’aucun volet budgétaire » et craint par conséquent « une charge de travail supplémentaire pour les forces de sécurité intérieure ». Un sentiment partagé par la sénatrice communiste Eliane Assassi et son collègue socialiste Jean-Pierre-Sueur, qui « salue » toutefois la création de cette force nouvelle.

Assassi s'inquiète qu'aucun crédit ne soit alloué à la police de sécurité du quotidien
00:46

Autre inquiétude partagée par les sénateurs, « la faiblesse des dépenses de fonctionnement ». Philippe Dominati souligne le « sous-financement des équipements des agents », d’autant que dans le projet de loi de finance proposé par le gouvernement pour l’année 2018, 10 000 postes supplémentaires de policiers et gendarmes sont budgétés : « Je crains que cette hausse des effectifs se fasse au détriment des moyens de fonctionnement », alerte le sénateur LR.

Des dépenses d’équipement insuffisantes aux yeux des sénateurs

Eliane Assassi tient à avertir le gouvernement « de la vétusté de nos commissariats » et Dany Wattebled (Les Indépendants) d’un « parc immobilier en état de délabrement avancé ». « L’augmentation des effectifs doit être notée, mais s’agissant des crédits d’équipement, nous ne sommes pas au niveau de ce que nous pouvons espérer », renchérit Jean-Pierre Sueur, qui note une « diminution de 7% des crédits d’équipement » dans le budget prévu pour 2018.

Au centre, on préfère souligner un « effort substantiel dans le contexte de rigueur budgétaire ». Mais Philippe Bonnecarrère (Union centriste) « ose tout de même espérer que durant le quinquennat il sera possible de rénover les équipements et d’augmenter les moyens de fonctionnement. Le ministre de l’Intérieur assure que « des sommes extrêmement importantes » sont prévues pour « rénover à la fois les postes de polices et les gendarmeries » et que les moyens alloués au « plan d’urgence logement » seront « augmentés » dans la gendarmerie.

Gérard Collomb prévoit d'augmenter les moyens du plan d'urgence logement
00:16

Quant au renouvellement du parc automobile, Gérard Colomb fait part d’un objectif de « 3000 acquisitions annuelles ».

Gérard Collomb prévoit 3.000 acquisitions annuelles pour le parc automobile
00:15

Les promesses du gouvernement n’ont toutefois pas suffi à convaincre la commission des lois puisque son rapporteur spécial Henry Leroy a fait part de son « avis défavorable » vis-à-vis du budget proposé par le gouvernement pour la sécurité, tout comme Philippe Dominati pour la commission des finances.

Plus de moyens pour les services d’incendie et de secours

Par ailleurs, les sénateurs se sont inquiétés de « l’évolution des dépenses d’investissement » pour les services d’incendie et de secours : « Le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure de ce problème », déplore Jean-Pierre Vogel (LR). Il lui sera donné raison quelques minutes plus tard avec l’adoption de l’amendement déposé par le sénateur Arnaud Bazin (LR).

Jean-Pierre Vogel à propos de la SDIS : « Le gouvernement pas avoir pris la mesure de ce problème »
01:01

Pour le reste, les revendications des sénateurs n’ont pas été entendues. Gérard Collomb préfère mettre en avant une « augmentation de 1,5% des crédits  par rapport à 2017 »  malgré le « déficit public » et assure que la sécurité est « une des priorités » du gouvernement. « On peut toujours dire que ce n’est pas assez mais c’est quand même, vous l’avouerez, un effort conséquent » a-t-il renchéri.

Partager cet article

Dans la même thématique

Montreuil: Les rencontres de Montreuil pour rassembler la gauche
6min

Politique

Election présidentielle : qui sont les candidats à gauche ?

La course à la présidentielle est bien lancée à gauche. Certains, comme la France Insoumise, ont déjà leur candidat ; d’autres, comme le PS et Place publique, attendent les résultats d’une primaire ; d’autres encore, comme les Ecologistes, se divisent en interne sur la stratégie à adopter. Vous n’avez rien suivi pendant l’été ? Nous résumons ici qui sont les candidats à gauche en cette rentrée.

Le

Chateauneuf-sur-Isere: Jean-Luc Melenchon delivers a speech
6min

Politique

Présidentielle 2027 : le duel Le Pen-Mélenchon devient-il crédible ?

À huit mois de la présidentielle, un sondage Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL place Jean-Luc Mélenchon en position de se qualifier pour le second tour dans trois scénarios sur cinq. Marine Le Pen domine toujours très largement les intentions de vote. Les politologues invitent toutefois à relativiser ces résultats, alors que le « casting » de 2027 est loin d’être arrêté.

Le

Paris : Press conference and signature during the Summit of the Coalition of the Willing
4min

Politique

« Les frappes ukrainiennes font mal parce qu’elles touchent le tissu économique russe » 

Ce lundi, les Etats membres de la "Coalition des volontaires" se réunissent à Kiev dans un contexte d'intensification de la guerre contre la Russie, quatre ans et demi après son déclenchement en 2022. Alors que l'Ukraine cherche à acquérir davantage d'armes pour frapper loin en Russie, le Général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense nationale, fait un point sur l’état des forces en présence.

Le