Sécurité routière : la polémique sur l’abaissement à 80km/h relancée
Deuxième mois consécutif d’augmentation de la mortalité routière. Avec 253 décès sur les routes, cette hausse de 17,1 % relance la polémique sur la dégradation des radars et la limitation de vitesse à 80kmh

Sécurité routière : la polémique sur l’abaissement à 80km/h relancée

Deuxième mois consécutif d’augmentation de la mortalité routière. Avec 253 décès sur les routes, cette hausse de 17,1 % relance la polémique sur la dégradation des radars et la limitation de vitesse à 80kmh
Public Sénat

Par Yann Quercia

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La Sécurité routière annonce aujourd’hui une hausse de 17,1% de morts sur la route en février. Avec 37 morts de plus qu’au mois de janvier, on déplore 253 décès pour le mois de février. Cette deuxième hausse marque une rupture avec la baisse historique de la mortalité en 2018.

La Sécurité routière souligne que « la forte augmentation de la mortalité routière enregistrée le mois dernier concerne principalement les piétons, les cyclistes, les jeunes de 18-24 ans et les seniors de 65 ans et plus », souligne la Sécurité routière. Deux indicateurs sont particulièrement en hausse : « le nombre d’accidents corporels (4091, + 22,3 %) et le nombre de personnes blessées (5201, + 21,5 %).

80km/h : « Le Premier ministre a arrangé les chiffres à sa façon »

La limitation à 80 km/h, autorisée depuis le 1er juillet 2018 sur 400 000 kilomètres de routes secondaires, est dénoncée par les élus mais aussi les gilets jaunes, les associations d’automobilistes et de motards.

Depuis des mois, cette mesure subit également les foudres du Sénat, qui déplore une décision prise sans concertation et éloignée des réalités locales. Un groupe de travail sénatorial, dans le rapport intitulé « Sécurité routière : mieux cibler pour plus d’efficacité », sorti le 18 avril 2018, recommandait déjà de s’en remettre aux élus locaux. Mardi le Sénat a donné la possibilité, contre l’avis du gouvernement, aux présidents des départements ou aux préfets de pouvoir relever la vitesse sur les routes nationales, plafonnée à 80 km/h le 1er juillet 2018. (lire notre article)

Le 28 janvier 2019, Edouard Philippe s'était félicité du passage à 80km/h. Le Premier ministre avait annoncé que "116 vies ont été épargnées sur le réseau concerné par l'abaissement de la vitesse". Des chiffres qui prouveraient l'efficacité de ce dispositif du gouvernement. Ces chiffres sont contestés et le sénateur Michel Raison, Président du groupe concernant la sécurité routière au Sénat, évoque même « des propos mensongers du Premier ministre

 

Il revient ce matin sur cette déclaration « un peu excessive » mais insiste sur les chiffres : « Le Premier ministre a arrangé les chiffres à sa façon. Il a fait des comparatifs avec des moyennes. » Il ne donne néanmoins pas plus d’explications.

La destruction des radars comme facteur aggravant

La Sécurité routière vise ce matin l’explosion des dégradations de radars en lien avec le mouvement des Gilets jaunes : « Après la hausse de la mortalité routière constatée en janvier 2019 (+ 3,9 %), l’effet de la forte dégradation des radars fixes s’amplifie et se traduit par un relâchement des comportements sur l’ensemble des réseaux ». En janvier, Christophe Castaner donnait un chiffre de « 60 % de radars neutralisé, attaqués ou détruits ».

Le Sénateur Michel Raison, Président du groupe concernant la sécurité routière au Sénat estime que la destruction des radars a pu « entraîner un relâchement des conducteurs » tout en ajoutant que « c’est un petit effet ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Encadrement des loyers a Paris
6min

Société

Encadrement des loyers : un « compromis » entre l’Assemblée et le Sénat qui permet « d’échapper au pire », selon le sénateur communiste Ian Brossat

Le Sénat a voté mercredi pour prolonger de deux ans l'expérimentation de l'encadrement des loyers dans une version minimaliste : il ne sera ni étendu ni renforcé. Un « compromis » nécessaire pour le maintien du dispositif dont la date butoir est fixée au 24 novembre. Le texte doit désormais revenir à l’Assemblée nationale.

Le

Paris Clashes Between Protesters and Police During Student Demonstration in Paris
5min

Société

17 octobre : En cas d’« affrontements graves et lourds », « tous les types d’armes intermédiaires peuvent être utilisées », déclare le ministre de l’Intérieur

Au total, « on a identifié environ 250 appels à des actions de voie publique et on s’attend à environ 80 cortèges » dans toute la France, a expliqué le ministre de l’Intérieur. En cas de « violences urbaines graves », il a annoncé ce matin que les forces de l’ordre pourront finalement utiliser les grenades assourdissantes lors des manifestations prévues demain. Sur les réseaux sociaux, des « guides de survie » pour manifester avec les bons réflexes fusent.

Le