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Sénat : Guillaume Gontard élu nouveau président du groupe écologiste

Le sénateur de l’Isère vient d’être élu à la tête du nouveau groupe écologiste du Sénat. Avec 12 sénateurs, il portera le nom de « Groupe écologiste, solidarité et territoires ».
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Fumée verte. Le nouveau groupe écologiste du Sénat a élu son président de groupe. Il s’agit du sénateur de l’Isère, Guillaume Gontard. Comme publicsenat.fr l’écrivait hier, son nom circulait depuis lundi.

Elu en 2017 sur une liste soutenue par EELV, le PCF et Génération.s, inconnu du grand public, il a réussi à jouer le consensus. Il a été élu face à Esther Benbassa. Sénatrice EELV depuis 2011, l’élue de Paris était jusqu’ici plus médiatique. Mais son nom faisait débat et pouvait même être source de crispation pour certains (lire ici). Elle est cependant vice-présidente du groupe, composé de 12 sénateurs, dont 7 membres d’EELV (voir ici la composition).

« D’habitude, on traîne, il y a des dilettantes. Là, on sent que c’est du sérieux »

« C’était serré mais dans le sens où le choix était difficile. Il y avait deux excellents candidats » a réagi à la sortie la sénatrice de Génération.s, Sophie Taillé-Polian, qui a quitté le groupe PS pour ses nouveaux amis écologistes. Certains débarquent au Sénat. EELV a envoyé six nouveaux élus, comme Jacques Fernique, élu dans le Bas-Rhin (voir notre reportage). « En arrivant hier, j’étais impressionné. J’en n’emmenais pas large ! » avoue ce prof’ d’histoire et français en lycée professionnel. Si, dans la bonne tradition écolo, les discussions ont duré toute la journée, cet élu des Verts depuis 1988 s’attendait en réalité à pire. « D’habitude, on traîne, il y a des dilettantes dans les réunions écolos. Là, c’était assez efficace. On sent que c’est du sérieux » lâche Jacques Fernique.

Jusqu’ici, Guillaume Gontard comme Esther Benbassa étaient membres du groupe CRCE (PCF). Ce qui amuse certains. « Les communistes prennent le pouvoir partout. C’est un comble ! » souriait-on ce matin du côté des communistes.

Après une première matinée de réunion, les écolos avaient déjà réussi dans la matinée à se mettre d’accord sur un nouveau nom : « Groupe écologiste, solidarité et territoires ». Après un déjeuner, puis une nouvelle réunion cet après-midi, les sénateurs ont trouvé finalement la voix du rassemblement, même si le chemin de l’unité n’est pas toujours évident.

Guillaume Gontard veut être « à la croisée des mouvements de gauche et écologiques »

Mais à la sortie, le nouveau président de groupe la joue rassembleur. « Je suis très heureux de cette responsabilité qui m’a été donnée. On a surtout eu une discussion sur la gouvernance de ce groupe. Je souhaite vraiment qu’on fonctionne à deux, qu’on forme un duo. Et bien sûr aussi avec l’ensemble du groupe, qu’on ait un travail collégial » a réagi au micro de Public Sénat Guillaume Gontard, Esther Benbassa à ses côtés (voir la vidéo, images d'Alizé Boissin). Il ajoute :

En une petite journée, on a déjà l’impression d’être une petite famille.

« Un vote, c’est un vote. Bravo au gagnant » a salué la vice-présidente. Esther Benbassa entend « toujours être la voie de l’écologie au Sénat, et surtout à l’extérieur aussi, car je suis une militante. (…) Je serai toujours libre et exercerai mes convictions comme je l’ai toujours fait » assure Esther Benbassa. La sénatrice de Paris tient à ce que « la diversité à l’intérieur du groupe s’exprime, ainsi que la liberté de vote, et en même temps une cohérence ».

Ce qui a pu jouer contre la sénatrice de Paris, c’est notamment sa terre d’élection. Les écolos ont gagné, avec la gauche, des grandes villes, comme Bordeaux, Lyon, Marseille ou Strasbourg. L’enjeu pour eux est maintenant de parler à tous les Français, au moment où Emmanuel Macron et LREM cherchent à les caricaturer. Elu de l’Isère, Guillaume Gontard coche les bonnes cases. Il se veut « à la croisée de ces mouvements de gauche et écologiques », avec des sénateurs « venant des métropoles, mais aussi des élus ruraux, ancrés dans leurs territoires. C’est aussi ça qu’on souhaite mettre en avant ». Le nouveau président de groupe entend porter au Sénat « la voie de l’urgence sociale, climatique et démocratique ».

Esther Benbassa : « C’est le début d’une nouvelle aventure »

Les écolos avaient déjà eu un groupe au Sénat de 2012 à 2017, présidé d’abord par Jean-Vincent Placé. « C’est le début d’une nouvelle aventure, d’une deuxième aventure » se réjouit Esther Benbassa, « et nous allons essayer de faire de notre mieux pour être présent dans toutes les luttes écologistes, les droits humains, l’immigration, c’est notre ADN ». Elle ajoute : « C’est une pierre ajoutée à l’édifice et aussi avant les futures échéances, comme les départementales, les régionales et la présidentielle ». Si les écolos sont encore loin du sommet du pouvoir, ce retour d’un groupe est une première marche. Ronan Dantec, sénateur écolo de Loire Atlantique, dont le nom avait circulé pour la présidence, est visiblement satisfait au terme du conclave. S’adressant à la nouvelle petite famille, il invite à continuer : « Allez, on va aller boire une bière ».

 

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