Sénatoriales : le PCF pourrait finalement sauver son groupe
L’horizon semble se dégager un peu pour les sénateurs communistes. Si le groupe devrait perdre des sièges, il pourrait perdurer après le scrutin du 24 septembre, alors que son existence semblait incertaine avant les vacances. Le PCF compte sur la grogne des élus contre le gouvernement.

Sénatoriales : le PCF pourrait finalement sauver son groupe

L’horizon semble se dégager un peu pour les sénateurs communistes. Si le groupe devrait perdre des sièges, il pourrait perdurer après le scrutin du 24 septembre, alors que son existence semblait incertaine avant les vacances. Le PCF compte sur la grogne des élus contre le gouvernement.
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Avant la pause estivale, le groupe communiste du Sénat avait de quoi s’inquiéter. L’existence du groupe semblait en question à l’approche des sénatoriales du 24 septembre prochain. Sur les 18 sénateurs que compte le groupe, seuls 2 ne sont pas renouvelables. Et après les municipales de 2014, le Parti communiste a perdu des grands électeurs, comme le reste de la gauche. Dans ces conditions, le scrutin s’annonce périlleux. Au Sénat, il faut être 10 pour former un groupe. « Garder le groupe ne va pas de soi, ce n’est pas simple. C’est une bataille. Mais on pense y arriver » affirmait à publicsenat.fr un haut responsable de la place du Colonel Fabien, en juin dernier. Si le groupe CRC (nom du groupe communiste) venait à disparaître, ce serait le deuxième groupe de gauche en moins à la Haute assemblée, après la disparition du groupe écologiste.

« Il faut gagner les voix une à une et aller les chercher avec les dents ! »

Mais l’été semble avoir été bénéfique pour les communistes. « Je n’ai pas la même vision qu’en juin de ce que sera le résultat. On a des échos positifs » assure Eliane Assassi, présidente du groupe CRC, elle-même en campagne en Seine-Saint-Denis (voir la photo). Elle continue : « Retrouver nos 18 sénateurs, c’est un objectif. On va essayer de se rapprocher le plus possible du nombre. Mais je suis consciente du principe de réalité qui s’impose » ajoute-t-elle. Mais l’idée d’atteindre la barre fatidique de 10 sénateurs ne lui semble pas hors de portée : « Je n’aurais pas dit ça en mai. Rien n’est joué, mais c’est possible. On s’y consacre ». « Dans la difficulté, la configuration globale est favorable », explique autrement un second communiste, « on espère passer la barre des 10 de façon assez sérieuse ».

Pour y arriver, Eliane Assassi décrit une « campagne très offensive. Car le corps électoral a beaucoup bougé après les municipales de 2014. Il faut gagner les voix une à une et aller les chercher avec les dents ! On est vraiment dans une campagne de proximité avec les grands électeurs ». D’autant qu’« avant, les élus étaient plus partisans qu’aujourd’hui. Maintenant, les listes municipales sont plus ouvertes à la société civile et représentent un électorat un peu plus volatil ».

« Nous sommes le seul groupe à avoir une cohérence s’agissant des collectivités territoriales »

Cette meilleure impression vient évidemment du contexte et de la cote de popularité d’Emmanuel Macron qui dégringole, y compris chez les élus locaux. « Avec la baisse des dotations pour les collectivités et la diminution des contrats aidés, qui vont impacter les associations et les collectivités, les élus sont mécontents. S’ajoutent les mesures sur la taxe d’habitation et le logement » rappelle la sénatrice de Seine-Saint-Denis. Alors merci Macron ? « Je ne dis jamais merci à Macron ! » sourit la présidente du groupe.

Mais les autres partis – LR, PS ou FN – misent aussi sur la gronde qui monte dans les territoires. Le PCF n’est pas le seul à dénoncer la baisse des dotations ou la diminution des emplois aidés. Pourquoi raflerait-il la mise ? Réponse d’Eliane Assassi : « Car ils ont tous, droite et gauche, voté ces lois. A ma connaissance, les députés PS ont adopté la loi de finances l’an dernier avec déjà des baisses de dotations. Il faut être sérieux. Nous sommes le seul groupe à avoir une cohérence s’agissant des collectivités territoriales ».

Autre facteur positif pour le PCF : la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon a décidé de faire l’impasse sur les sénatoriales, faute de grands électeurs en nombre suffisant pour faire élire un sénateur. L’ancien candidat à la présidentielle est de toute façon pour la suppression du Sénat. « Il a appelé ses grands électeurs à voter pour les candidats qui refusent la politique d’austérité et de casse des collectivités » souligne Eliane Assassi, qui y voit « un message subliminal » à voter pour les listes estampillées PCF.

Christian Favier lâche le Sénat pour conserver le Val-de-Marne, Pierre Laurent tête de liste à Paris

Tous les sortants communistes ne rempilent pas. Evelyne Didier, Annie David, ancienne présidente de la commission des affaires sociales, Michelle Demessine, Michel Billout et Marie-France Beaufils ne se représentent pas, tout comme Christian Favier, qui en raison du non-cumul des mandats, choisit de conserver la présidence du conseil départemental du Val-de-Marne, le dernier encore détenu par le PCF.

Laurence Cohen se représente en revanche. Elle est tête de liste dans ce département de la petite couronne, tout comme Dominique Watrin qui mène la liste dans le Pas-de-Calais. A Paris, le numéro 1 du PCF, Pierre Laurent, sera tête de liste, comme il l’avait annoncé à Public Sénat fin juin.

Eric Bocquet, connu pour son travail sur la fraude fiscale, est à nouveau candidat dans le Nord. Dans l’Oise, Jean-Pierre Bosino tentera de retrouver son siège. Dans l’Isère, où Annie David passe la main, la tête de liste qui affrontera l’ancien ministre socialiste André Vallini n’est pas communiste. C’est Guillaume Gontard, maire proche des écologistes, qui mènera une liste qui mêle PCF, proches de Benoît Hamon et EELV. Il est vrai que Grenoble, dans une alliance EELV/Mélenchonistes, avait déjà pris de l’avance sur les nouvelles unions de la gauche.

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