Sénatoriales : trois listes de droite à Paris
La droite parisienne part divisée pour les sénatoriales du 24 septembre. Le fidèle sarkozyste Pierre Charon a obtenu l’investiture LR mais devra compter avec les listes du sortant Philippe Dominati et celle de Catherine Dumas, ancienne sénatrice, qui confirme à publicsenat.fr sa candidature.

Sénatoriales : trois listes de droite à Paris

La droite parisienne part divisée pour les sénatoriales du 24 septembre. Le fidèle sarkozyste Pierre Charon a obtenu l’investiture LR mais devra compter avec les listes du sortant Philippe Dominati et celle de Catherine Dumas, ancienne sénatrice, qui confirme à publicsenat.fr sa candidature.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

A Paris, ce n’est jamais simple, surtout à droite. Les sénatoriales ne dérogent pas à la règle. Face à la liste officielle LR menée par le sénateur Pierre Charon, fidèle sarkozyste élu en dissidence en 2011, Philippe Dominati, autre sénateur sortant, mènera une liste de son côté. S’il n’a pas eu l’investiture officielle, il récuse le terme de dissidence et préfère parler « d’une liste de rassemblement ». Il dit être « le seul capable de faire gagner un siège à (son) camp » à Paris. Il pourrait bien être réélu, voire, pourquoi pas, obtenir un second siège.

Catherine Dumas présente sa liste avec Jean-François Legaret

Pour pimenter encore un peu le jeu, Catherine Dumas, qui avait dû céder sa place en 2011 à Chantal Jouanno, compte bien s’inviter dans ce scrutin. L’élue du XVIIe arrondissement espérait obtenir la seconde place de la liste officielle et faire son retour au Palais du Luxembourg. Mais la présence en troisième place de Frédéric Péchenard, imposé par Nicolas Sarkozy et lui aussi élu du XVIIe, a en partie scellé son sort. Il ne pouvait y avoir deux élus du même arrondissement en place éligible. C’est finalement Julie Boillot, élue du XVIe, qui se retrouve en second.

Dans ces conditions, Catherine Dumas a décidé de présenter sa propre liste, confirme son entourage à publicsenat.fr. Le numéro 2 de la liste sera le maire du Ier arrondissement, Jean-François Legaret.

« Candidate au Sénat, j’ai choisi de conduire avec Jean-François Legaret, maire du 1er arrondissement de Paris, une liste 100% Paris » annonce Catherine Dumas, selon le communiqué transmis à publicsenat.fr. « Cette liste poussera les réformes nécessaires à notre pays, car nous devons absolument rompre avec les cinq années d’échecs de la présidence Hollande ». Elle « valorisera la compétence et mettra l’intérêt général au cœur du débat ». « Ma candidature au Sénat s’appuie sur l’expertise que j’ai acquise dans les domaines de la culture, des métiers d’arts, du luxe et du tourisme. Jean-François Legaret est quant à lui un spécialiste reconnu des finances municipales » poursuit le communiqué de Catherine Dumas, qui revendique être une élue « de proximité ».

La candidature de Catherine Dumas ne sera pas sans effet. Elle pourrait peut-être avoir pour conséquence d’entraîner l’élimination de Frédéric Péchenard en empêchant son élection.

« Le charme des sénatoriales »

La droite parisienne se réserve quelques autres réjouissances. Rien n’est certain, mais une quatrième liste pourrait faire son apparition avec la maire du XVIe, Danièle Giazzi. Elle a succédé à Claude Goasguen, qui a choisi l’Assemblée pour cause de cumul. Ce dernier a copieusement dézingué en juillet la liste menée par Pierre Charon. Danièle Giazzi prenait le relais fin juillet dans le Parisien, appelant à « arrêter avec les candidatures de clans et de sectes »… Il faudra attendre la semaine prochaine, et le dépôt des listes, pour connaître le nombre de listes. « Le charme des sénatoriales, ce sont les fusions de dernière minute. Donc rien n’est sûr » glisse un bon connaisseur de la droite parisienne.

Les divisions de la droite feront-elles les affaires de la liste socialiste ? Car la quatrième place de la sortante Marie-Noëlle Lienemann est menacée par la liste LREM, menée par l’ancien socialiste et adjoint aux finances d’Anne Hidalgo, Julien Bargeton. Il entraîne avec lui des grands électeurs qui manqueront, le jour du vote, à la liste socialiste. Fin juillet, une liste dissidente était évoquée par les hamonistes de la capitale, voire un changement de place pour Marie-Noëlle Lienemann (la liste est menée par Rémi Féraud, suivi de Marie-Pierre de la Gontrie et David Assouline). Mais comme la sénatrice l’avait dit à publicsenat.fr fin juillet, elle reste bien sur la liste. Pas de dissidence pour elle. L’ordre ne changera pas non plus. Du côté du PS, on espère profiter de « la division de la droite ». L’élection se faisant à la plus forte moyenne, la liste arrivée en tête peut espérer « gagner un siège » explique un socialiste. Encore les « charmes des sénatoriales ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Sénatoriales : trois listes de droite à Paris
4min

Politique

Fin de vie : le Sénat, divisé, vide le texte de sa substance en rejetant l’article phare sur « l’aide à mourir »

Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.

Le

Paris: Questions au gouvernement Senat
4min

Politique

Budget : quand Sébastien Lecornu zappe les sénateurs dans sa lettre aux parlementaires…

Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.

Le

Sénatoriales : trois listes de droite à Paris
3min

Politique

« Trump aux petits pieds » : Christian Estrosi dénonce une campagne municipale « très peu digne » d’Eric Ciotti à Nice

À Nice, l’actuel maire (Horizons) Christian Estrosi et le député (UDR) Éric Ciotti se livrent une bataille acharnée pour emporter le plus de suffrages lors des prochaines élections municipales. Les deux camps n’hésitent pas à s’attaquer via les réseaux sociaux. « Éric Ciotti tronque des vidéos et essaie de faire passer de l’humour pour des attaques », estime Christian Estrosi, après la publication d’un enregistrement volé relayé par son rival.

Le