Sénatoriales : ultime rendez-vous électoral de 2017, compliqué pour Macron
Dernier rendez-vous électoral en 2017, les élections sénatoriales du 24 septembre constituent un premier test compliqué pour...

Sénatoriales : ultime rendez-vous électoral de 2017, compliqué pour Macron

Dernier rendez-vous électoral en 2017, les élections sénatoriales du 24 septembre constituent un premier test compliqué pour...
Public Sénat

Par Dominique CHABROL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Dernier rendez-vous électoral en 2017, les élections sénatoriales du 24 septembre constituent un premier test compliqué pour Emmanuel Macron et La République en marche, mais ne devraient pas bouleverser les équilibres à la Haute assemblée.

Avec 1.996 candidats pour 171 sièges à renouveler, les sénatoriales n'ont jamais attiré autant de prétendants. Plus de candidats pour un mandat de six ans, c'est aussi plus de dispersion avec la multiplication de listes dissidentes.

- Scrutin indirect pour une chambre à part -

Avec un scrutin au suffrage indirect et un collège de 76.359 grands électeurs (parlementaires, élus locaux...), la prime à l'ancrage territorial des candidats est plus forte au Sénat qu'à l'Assemblée nationale, où des novices en politique sont entrés en masse après les législatives de juin. La Haute assemblée est par ailleurs renouvelée par moitié tous les trois ans, avec 38 départements métropolitains concernés cette année - de l'Indre-et-Loire aux Pyrénées orientales et l'Ile-de-France, auxquels s'ajoutent 14 sièges pour l'outremer, six des Français de l'étranger et un vacant à pourvoir - ce qui favorise une certaine stabilité. La droite y est majoritaire depuis 2014 et aucun basculement n'est attendu cette année.

- En Marche ! en terrain défavorable -

Boosté par son succès aux législatives, La République en Marche a dû réviser à la baisse ses ambitions au Sénat avec la chute de popularité d'Emmanuel Macron et les premières difficultés du quinquennat. "Nous ne nous attendons pas à un raz-de-marée", a admis fin août Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement. Chef de file des macronistes à la Haute assemblée, François Patriat se refuse désormais à donner un objectif chiffré mais veut faire du groupe REM, qui compte aujourd'hui 29 membres, le deuxième du Sénat, loin derrière celui du parti Les Républicains.

Deux raisons aux difficultés de la REM. La première tient à la nature même du scrutin. "En Marche! s'est construit dans un rapport quasiment direct entre Emmanuel Macron et les Français. Aux sénatoriales ça ne fonctionne pas comme ça", note François Miquet-Marty de l'institut Viavoice. Les élus locaux qui composent l'essentiel du corps électoral sont par ailleurs très remontés contre l'exécutif après les annonces de l'été (gel de dotations, baisse des emplois aidés...) qui impactent directement les collectivités locales.

- La droite entre confiance et divisions -

Les difficultés d'En Marche! et de la gauche devraient profiter à la droite qui détenait 142 sièges dans le Sénat sortant. Le président du groupe LR, Bruno Retailleau, a d'ailleurs cédé le 8 septembre la présidence de la région Pays-de-la-Loire pour se consacrer au Sénat. Le risque pour Les Républicains est de voir des sénateurs LR pro-Macron constituer un groupe autonome au Sénat - où 10 élus suffisent - à l'issue du scrutin, comme l'ont fait en juin leurs collègues députés.

- L'enjeu des 3/5e au Parlement -

C'est sur cette porosité que tablent les macronistes pour rassembler à terme les sénateurs REM, des centristes de l'UDI ou du MoDem - qui peuvent gagner quelques sièges -, des socialistes et des Républicains favorables à Emmanuel Macron. Le groupe socialiste a déjà perdu une vingtaine de sénateurs passés à la REM. Avec 86 élus dans le Sénat sortant, il peut au mieux espérer limiter les dégâts et risque d'enregistrer de nouvelles défections après le vote. L'enjeu est important pour le chef de l'Etat qui pourrait disposer ainsi, au coup par coup, d'une majorité de 3/5e des parlementaires (555 sénateurs et députés) nécessaires pour faire voter des révisions constitutionnelles sans avoir à recourir au référendum.

- Renouvellement en cours -

Avec 43% des sénateurs sortants qui ne se représentent pas, le renouvellement est assuré. La loi sur le non-cumul des mandats a notamment contraint des sortants à opter pour leur mandat local. La féminisation progresse également avec 45,5% de candidates (909) contre 42,1% en 2014. Mais seules 43 d'entre elles sont titulaires dans les 19 départements où les sénateurs sont élus au scrutin majoritaire et 64 têtes de liste dans les 26 où le vote à lieu à la proportionnelle. Pas de changement, sauf surprise, attendu en revanche à la présidence du Sénat. Gérard Larcher (LR) est à ce jour seul candidat à sa succession.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le