Séparatisme : le Sénat veut interdire les drapeaux étrangers dans les mariages
Lors de l’examen du projet de loi confortant les principes de la République, la droite sénatoriale a voté un amendement qui permet aux maires d’interdire les drapeaux étrangers dans la salle de mariage et aux abords de l’Hôtel de ville. Les échanges étaient une nouvelle fois vifs sur ce sujet.

Séparatisme : le Sénat veut interdire les drapeaux étrangers dans les mariages

Lors de l’examen du projet de loi confortant les principes de la République, la droite sénatoriale a voté un amendement qui permet aux maires d’interdire les drapeaux étrangers dans la salle de mariage et aux abords de l’Hôtel de ville. Les échanges étaient une nouvelle fois vifs sur ce sujet.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

« La question de fond, c’est qu’est-ce que viennent faire des drapeaux dans un mariage ? On n’est pas au match de foot […] Les drapeaux, on ne les voyait pas il y a quelques années. Posons-nous la question : pourquoi ces drapeaux envahissent l’espace public ? » Pour la rapporteure LR du projet de loi, Jacqueline Eustache-Brinio, « cet amendement tombe à pic ».

L’amendement en question, celui déposé par le sénateur LR Henri Leroy a été adopté dans la soirée lors de l’examen du projet de loi confortant les principes de la République. Il autorise le maire à « réglementer le fait d’arborer des drapeaux autres que ceux de la République française ou de l’Union européenne lors de la célébration de mariages ou de l’enregistrement de pactes civils de solidarité ».

« Un amendement scandaleux, à la limite du racisme d’Etat », pour Thomas Dossus, sénateur écologiste.

« On va interdire aux Algériens aux Marocains… de se marier aussi ? […] Vous rejetez complètement des personnes qui font partie de notre Nation […] Vous attaquez et empêchez les musulmans de vivre normalement », s’est désespérée sa collègue écologiste, Esther Benbassa.

le Sénat interdit les drapeaux étrangers dans les mariages: colère d'Esther Benbassa
01:29

La ministre en charge de la Citoyenneté, Marlène Schiappa a émis un avis défavorable. « J’ai le sentiment qu’on fait dire beaucoup de choses aux drapeaux dans ce débat […] On a chacun des avis personnels sur la manière dont nous avons célébré des mariages ou notre propre mariage […] comme rappeler avec fierté qu’on célèbre un mariage mixte avec un drapeau français et celui d’un autre pays, ça ne me choque pas », a-t-elle jugé.

« La mairie, c’est la maison de la République […] Le drapeau, on le brandit comme un signe d’allégeance à la République et à la Nation. Il n’est pas acceptable qu’on se joue de ces symboles nationaux à l’occasion d’évènement heureux mais avec légèreté » a estimé le sénateur LR, Philippe Bas qui juge « l’amendement raisonnable » car il ne dit pas que le maire interdit systématiquement tous les drapeaux mais « peut ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le

Photo illustration d un titre de voyage pour refugie
6min

Politique

Droit d’asile : un rapport sénatorial alerte sur son coût et son utilisation détournée en « voie d’immigration comme les autres »

Dans un rapport présenté le 9 juillet, la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu chiffre à près de 2 milliards le coût annuel de la politique française de droit d’asile. Dénonçant un dispositif « dévoyé », détourné pour s’installer durablement sur le territoire, elle appelle à mieux suivre les déboutés de l’asile et à réduire de plus de moitié la durée de validité des titres des réfugiés.

Le