Services publics « attaqués »: les fonctionnaires dans la rue mardi
Salaires, effectifs, réformes en cours... les mécontentements s'accumulent chez les fonctionnaires, qui comptent bien se faire...

Services publics « attaqués »: les fonctionnaires dans la rue mardi

Salaires, effectifs, réformes en cours... les mécontentements s'accumulent chez les fonctionnaires, qui comptent bien se faire...
Public Sénat

Par Lucie AUBOURG

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Salaires, effectifs, réformes en cours... les mécontentements s'accumulent chez les fonctionnaires, qui comptent bien se faire entendre mardi lors d'une journée de grève et de manifestations, la troisième depuis le début du quinquennat, à l'appel unitaire des syndicats de la fonction publique.

Entre 130 et 140 manifestations sont prévues partout en France. A Paris, le cortège partira à 14H00 de la place de la République pour rejoindre la place de la Nation.

Les leaders de la CGT, de Force Ouvrière (FO) et de la CFDT y défileront ensemble pour la première fois depuis 2010, lors de la contestation contre la réforme des retraites. Outre Philippe Martinez, Pascal Pavageau et Laurent Berger, seront également présents Luc Bérille (Unsa), François Hommeril (CFE-CGC) et Philippe Louis (CFTC).

"Ils seront tous sur la ligne de tête", se réjouit Bernadette Groison (FSU). "Grâce à la fonction publique, toutes les organisations syndicales de ce pays seront ensemble", s'est-elle félicité. "Ca signifie qu'effectivement les enjeux sont très lourds".

Dans la capitale, un comptage des manifestants sera réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont l'AFP.

Alors que le conflit à la SNCF dure, des cheminots pourront se joindre localement aux cortèges. Dans l'immédiat, seul SUD Rail a formellement annoncé sa participation. La journée restera pour autant "clairement identifiée fonction publique", a insisté Mylène Jacquot (CFDT).

Les trois versants de la fonction publique - État, territoriale et hospitalière - sont appelés à faire grève. Des perturbations sont notamment à prévoir dans les écoles, les services à la petite enfance, les vols et l'énergie.

- Unité -

Déjà réunies pour une première journée de mobilisation le 10 octobre, les fédérations CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et FA de la fonction publique, représentant les 5,7 millions d'agents publics, n'avaient pas lancé d'appel unitaire depuis une dizaine d'années.

Une unanimité d'autant plus remarquable que des élections professionnelles auront lieu en décembre prochain.

Le 22 mars, la CFDT et l'Unsa ne s'étaient pas jointes à la mobilisation, qui avait rassemblé plus de 300.000 personnes dans les rues, pour laisser une chance à la concertation qui venait d'être annoncée par le Premier ministre.

Mais à l'ouverture officielle de celle-ci fin mars, toutes les organisations ont dénoncé les orientations du gouvernement, qui constituent selon elles une "attaque" du statut de fonctionnaire: simplification du dialogue social, extension du recours aux contractuels, part accrue de rémunération au mérite et accompagnement des mobilités de carrière, y compris vers le secteur privé.

Ces projets, qui doivent déboucher sur un projet de loi au 1er semestre 2019 et auxquels s'ajoutent les inquiétudes entourant le futur rapport d'experts CAP 22, qui dégagera des pistes d'économies, ont continué d'attiser la tension qui règne depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron.

L'exécutif a successivement confirmé la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires d'ici 2022 et annoncé la ré-instauration du jour de carence, le gel du point d'indice servant au calcul de leur rémunération, ainsi que le report d'un an du plan de revalorisation des carrières (PPCR).

La mobilisation, qui se présente "sous les meilleurs auspices" au vue des "remontées", selon Jean-Marc Canon (CGT), entend ainsi peser sur le rendez-vous salarial prévu mi-juin, alors que tous les syndicats dénoncent un manque de dialogue social.

- 'Sujet de société' -

Mais au-delà de ces sujets propres aux agents, la contestation porte "un sujet de société", a appuyé Denis Turbet-Delof (Solidaires), dénonçant "une remise en cause fondamentale de l'organisation même la fonction publique".

Symboliquement, 3.000 cartes postales plaidant pour la défense du service public de proximité seront envoyées à l'Élysée mardi par la ville de Dieppe (Seine-Maritime).

Pour tenter de sensibiliser le public à leur cause, les syndicats ont diffusé une "lettre aux usagers" des services publics. "Il ne s'agit pas (...) d'une mobilisation sectorielle et catégorielle de +privilégiés+", écrivent les syndicats, mais de "défendre les services publics et les valeurs qu'ils incarnent: laïcité, égalité, gratuité, indépendance, solidarité".

Partager cet article

Dans la même thématique

Services publics « attaqués »: les fonctionnaires dans la rue mardi
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le

Nationwide protests over cost of living – Dijon
6min

Politique

Mouvement lycéen : Un « semi mea culpa » du gouvernement sur la gestion de la crise

Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.

Le