« Si l’Europe n’arrête pas Poutine en Ukraine, il arrivera aux portes de Berlin ou de Paris », prédit l’opposante biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa
Moment fort au Sénat ce vendredi, l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa qui vient d’annoncer prendre la présidence d’un gouvernement biélorusse en exil, a rappelé que la guerre en Ukraine était « un test majeur pour l’Europe ». « Nous devons réaliser qu’on ne peut pas rééduquer les dictateurs », a-t-elle expliqué.

« Si l’Europe n’arrête pas Poutine en Ukraine, il arrivera aux portes de Berlin ou de Paris », prédit l’opposante biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa

Moment fort au Sénat ce vendredi, l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa qui vient d’annoncer prendre la présidence d’un gouvernement biélorusse en exil, a rappelé que la guerre en Ukraine était « un test majeur pour l’Europe ». « Nous devons réaliser qu’on ne peut pas rééduquer les dictateurs », a-t-elle expliqué.
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« Ce ne serait pas exagéré que d’affirmer que l’avenir de l’Europe, et pas uniquement la destinée de l’Ukraine ou du Bélarus, est en train d’être discuté et décidé aujourd’hui même ». C’est par ces mots que l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa a commencé son allocution devant la conférence interparlementaire consacrée à l’Ukraine, qui se tient au Sénat, ce vendredi 25 février.

Svetlana Tikhanovskaïa a qualifié l’invasion russe de l’Ukraine « d’attaque contre l’Europe tout entière ». « Nous sommes témoins du plus grand conflit militaire sur notre continent depuis la seconde guerre mondiale ».

L’autocrate biélorusse proche du Kremlin, Alexandre Loukachenko, est en première ligne dans l’invasion de l’Ukraine. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian a dénoncé, jeudi, « l’emploi du territoire de la Biélorussie autorisé par le régime de Loukachenko pour mener cette agression contre un pays souverain ».

« C’est un test majeur pour l’Europe »

« C’est depuis notre territoire que des missiles sont lancés en Ukraine, que les hélicoptères russes décollent […] Le régime fantoche de Loukachenko a remis la souveraineté du Belarus à Poutine », a insisté Svetlana Tikhanovskaïa qui a annoncé, jeudi, prendre la tête d’un gouvernement provisoire en exil de la République de Biélorussie ».

« C’est un test majeur pour l’Europe. Si l’Europe ne permet pas à ses voisins d’être abusés sans conséquences. C’est ainsi qu’elle triomphera. La revanche de la Vladimir Poutine n’a pas de limite. Je suis sûre que si l’Europe n’arrête pas Poutine en Ukraine, peut-être qu’un jour il arrivera aux portes de Berlin ou de Paris », a-t-elle prédit.

L’opposante est également revenue sur la crise Bélarus l’année dernière au cours de laquelle Loukachencko avait fait détourner un avion de ligne pour arrêter un opposant. L’autocrate a également alimenté la crise en délivrant, en novembre dernier, des visas à des migrants et en les acheminant à la frontière polonaise, afin de faire pression sur l’UE suite aux sanctions appliquées contre son régime.

« Après la crise des migrants, le régime n’a pas eu véritablement de ripostes. Mais uniquement des condamnations de la part de l’Occident ce qui a renforcé son sentiment d’impunité », a-t-elle regretté.

Svetlana Tikhanovskaïa, dont l’époux est prisonnier politique, a rappelé la tenue d’un référendum dans son pays dimanche. « La mise à jour proposée par Loukachenko dans la Constitution c’est de lever le statut de neutralité et le statut de force non nucléaire, ce qui permettra aux forces russes de continuer d’utiliser notre territoire comme un lieu où lancer les bombardements ».

« Nous ne pouvons pas permettre aux dictateurs d’écrire l’Histoire »

« Loukachenko est une menace contre la paix Européenne au même titre que le président de la fédération de Russie […] Nous devons nous rendre compte que notre superpuissance est la solidarité […] « Nous devons aussi réaliser qu’on ne peut pas rééduquer les dictateurs. Toute tentative de paix avec Loukachenko a mené à davantage d’impunité », a-t-elle expliqué avant de demander « un régime de sanctions le plus fort possible contre le régime de Biélorussie et d’inviter les Etats membres de l’UE de « cesser de reconnaître les autorités de Minsk ni légitimes ni légales ». « Nous ne pouvons pas permettre aux dictateurs d’écrire l’Histoire », a-t-elle conclu sous une standing ovation.

A la fin de cette allocution, Christian Cambon, le président (LR) de la commission des affaires étrangères du Sénat lui a remis la médaille d’honneur du Sénat.

 

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