La Corse est toujours prête à ouvrir un de ses ports à l'Aquarius, que l'Italie et Malte refusent une nouvelle fois d'accueillir, ont indiqué mardi Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, les élus politiques de Corse.
"Aquarius: la Corse et ses ports restent disponibles pour une aide humanitaire d'urgence", a écrit sur Twitter le président du conseil exécutif de la Corse, Gilles Simeoni.
"J'ai écrit aux présidents des îles et régions de Méditerranée: nous devons exiger des États de l'UE qu'ils mettent en place une vraie politique européenne en matière d'aide humanitaire en Méditerranée", a ajouté M. Simeoni qui est aussi président de la Commission des Îles de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM).
Cette commission réunit 23 autorités régionales européennes insulaires issues de 11 pays et représente près de 15 millions d’habitants. Elle vise à pousser les institutions européennes et les États membres de l'UE à accorder une attention particulière aux îles européennes.
"La Corse est exactement dans le même état d'esprit" qu'en juin, lorsque le navire Aquarius avait déjà été interdit d'accoster en Italie et à Malte, a souligné de son côté M. Talamoni, le président de l'Assemblée de Corse, sur BFMTV.
En juin, la préfète de Corse, Josiane Chevalier, avait rappelé qu'une telle décision d'accueil "apparten(ait) à l'Etat français" et non aux élus d'une collectivité territoriale qui n'en ont pas la compétence.
"La Corse a déjà donné son point de vue, il n'a pas changé. Il faut maintenant que les autorités de l'Etat fassent en sorte que ces personnes soient accueillies", a ajouté M. Talamoni, soulignant que les 141 migrants à bord du navire n'étaient "pas tou(s) en bonne santé" et qu'"il y a donc une question d'urgence".
"Si les ports les plus proches sont fermés", a-t-il dit en évoquant ceux d'Italie et de Malte, alors "il faut que les autres soient ouverts", a-t-il insisté.
"La question aujourd'hui reste entière pour les navires et à nouveau l'Aquarius aujourd'hui. L'Europe a failli dans cette affaire et il est temps qu'elle se réveille et que chacun prenne sa part de responsabilité", a-t-il ajouté, appelant les "autorités de l'Etat (français) à dire aussi quelque chose".
Le navire humanitaire Aquarius le 1er août 2018 à Marseille
AFP/Archives
"On a laissé pendant des années l'Italie se débrouiller avec ce problème comme si c'était son problème, alors que c'était le problème de toute l'Europe (...) Maintenant on ne va pas considérer que c'est le problème de l'Espagne parce que l'Espagne a une attitude plus ouverte", a poursuivi M. Talamoni.
Au-delà d'un accueil d'urgence, il a plaidé pour un "accueil pérenne", avec "une répartition harmonieuse en fonction des capacités de chaque Etat" européen, "y compris de l'Est qui sont réticents".
L'Elysée a indiqué lundi à l'AFP que la France discutait actuellement avec les autres pays méditerranéens de l'UE pour trouver "rapidement" un port d'accueil à l'Aquarius et ses 141 migrants.
L'Espagne, qui avait accueilli le navire une première fois en juin avec 630 migrants à son bord et est depuis devenue la première porte d'entrée des migrants en Europe, rechigne à se proposer à nouveau.
Pour l'Elysée, puisque le navire se trouvait lundi entre l'Italie et Malte, les ports français ne sont pas les plus proches, l'hypothèse de proposer au navire d'accoster en France étant ainsi implicitement écartée.
Le directeur du port de Sète, l'ancien ministre communiste Jean-Claude Gayssot, a cependant de son côté proposé lundi d'y accueillir le bateau.
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