Les syndicats de la SNCF ont reçu vendredi la confirmation d'Edouard Philippe que l'Etat reprendrait la dette de la SNCF à hauteur de 35...
SNCF: l’Etat reprend 35 milliards de dette, vers une sortie de crise?
Les syndicats de la SNCF ont reçu vendredi la confirmation d'Edouard Philippe que l'Etat reprendrait la dette de la SNCF à hauteur de 35...
Par Jérémy MAROT, Elisabeth ROLLAND
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
Les syndicats de la SNCF ont reçu vendredi la confirmation d'Edouard Philippe que l'Etat reprendrait la dette de la SNCF à hauteur de 35 milliards d'euros, dont 25 avant 2020, l'Unsa annonçant étudier une éventuelle levée de la grève, contrairement à la CGT qui la maintient.
Une sortie de crise pourrait-elle se dessiner après deux mois de conflit marqué par 11 épisodes de grève?
Alors que le texte de loi, voté en première lecture en avril à l'Assemblée, arrivera en séance publique au Sénat mardi, l'Etat a voulu donner quelques gages aux syndicats représentatifs à la SNCF qui se sont succédé vendredi matin à Matignon, à commencer par l'Unsa qui a obtenu la primeur des annonces gouvernementales.
Luc Bérille (C), secrétaire général du syndicat Unsa, à son arrivée à Matignon le 25 mai, à Paris
AFP
Comme prévu, Edouard Philippe s'est engagé sur la dette - 35 milliards seront repris au total, 25 en 2020 et 10 en 2022 - et sur les investissements, en augmentant la participation de 200 millions d'euros par an, portant son effort annuel à 3,8 milliards, selon Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa.
Le Premier ministre, accompagné de la ministre des Transports Elisabeth Borne, doit compléter ses annonces devant la presse à la mi-journée, en demandant notamment un effort de productivité à l'entreprise, afin de combler son écart de compétitivité estimé à 30% par rapport à ses rivaux, avant l'ouverture du rail à la concurrence.
Selon une source proche du dossier, "il y aura aussi deux ou trois annonces de Matignon sur la façon dont l'État sera partenaire dans la négociation sur la nouvelle convention collective", un point crucial pour les syndicats qui s'inquiètent de la fin du recrutement au statut des cheminots au 1er janvier 2020.
"Le dialogue avance", s'est ainsi félicité M. Bérille pour qui l'Unsa a été "rassurée" "sur un engagement ferme de l'État" pour les finances de la SNCF.
Par conséquent, une décision sur une éventuelle sortie de l'Unsa ferroviaire de la grève sera prise "très rapidement dans nos structures", a déclaré son secrétaire général, Roger Dillenseger, tout en ajoutant que ses "attentes restent fortes".
L'Unsa ferroviaire pourrait-elle sortir de la grève avant le 5 juin, date du vote de la loi au Sénat? "Cela va faire partie des débats que nous aurons" en interne, a répondu M. Dillenseger. "Nous sommes dans de vraies négociations depuis le 11 mai", quand l'Unsa ferroviaire et la CFDT Cheminots ont commencé à négocier des amendements au texte voté à l'Assemblée avec le ministère des Transports, a-t-il encore rappelé.
- La CGT "continue le combat" -
A sa sortie de l'entretien avec Edouard Philippe, la CGT Cheminots a sans surprise indiqué qu'elle continuerait "le conflit, le combat", dixit son secrétaire général Laurent Brun. "La mobilisation est plus que jamais nécessaire", a-t-il insisté, même si la tonalité de ses propos a paru plus apaisée que lors de la dernière série de rencontres bilatérales à Matignon le 7 mai.
Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez (au centre) et le secrétaiore général de la CGT Cheminots Laurent Brun à la sortie d'un entretien avec le Premier ministre le 25 mai 2018 à Paris
AFP
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a aussi "noté avec satisfaction que le Premier ministre considérait avec attention la +vot'action+", dont le résultat mercredi a montré le rejet massif de la réforme par les cheminots.
"Pour résumer, on a un gouvernement qui semble plus ouvert mais qui a toujours du mal à s'engager", a embrayé M. Brun qui a fait de sa principale revendication la tenue d'une "table ronde tripartite (organisations syndicales, patronat, gouvernement, ndlr) pour que le gouvernement fixe ses engagements par écrit vis-à-vis des grévistes".
"Le Premier ministre ne nous a pas dit non, il a dit qu'il réfléchissait au sujet et nous donnerait une réponse très prochainement", a-t-il souligné.
Plus tranché, SUD-Rail n'a vu "guère plus d'avancées" pour les cheminots et "pas de satisfactions" à l'issue de son entretien, "un rendez-vous pas de nature à faire cesser la grève", selon Erik Meyer, porte-parole du syndicat.
Le chef du gouvernement devait encore recevoir FO et la CFDT, avant l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP, organisation patronale), puis le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, dont SUD-Rail demande la tête mais à qui le gouvernement a renouvelé son soutien cette semaine.
L'UTP a publié jeudi le cadre - les thèmes et un calendrier - qu'elle propose aux syndicats pour "finaliser" une convention collective "ambitieuse". Elle promet "un cadre social de branche moderne", assurant "un haut niveau de garantie pour les salariés et un haut niveau de sécurité ferroviaire". Mais elle refuse de reprendre "l'ensemble des éléments actuellement inclus dans le statut des cheminots".
Après l’élection, mercredi 20 mai, de la présidente du Mouvement associatif Claire Thoury, à la tête du Conseil économique, social et environnemental (Cese), Patrick Martin réagit. Le président du Medef met en garde, jeudi 21 mai, contre « un dévoiement » de l’organisation et enjoint sa nouvelle présidente à « ne pas faire de politique ».
Le premier ministre Sébastien Lecornu a tenu une conférence de presse ce jeudi pour y dévoiler de nouvelles aides ciblées. Accompagné de plusieurs de ses ministres, Sébastien Lecornu qui a affirmé que la guerre en Iran allait durer, a annoncé 710 millions d’aides nouvelles. Retrouvez le détail des aides secteur par secteur, et les temps fort de cette conférence de presse.
Par l’adoption définitive de la proposition de loi du sénateur de Nouvelle-Calédonie, Georges Naturel, le Parlement ouvre la voie à l’élargissement du corps électoral à plus de 10.000 natifs de l’archipel. Mais il regrette que son texte ait été examiné dans la précipitation. « A 40 jours d’une élection, modifier le corps électoral, ce n’est pas tout à fait normal », pointe Georges Naturel.
Mercredi soir, le Sénat a adopté le projet de loi habilitant le gouvernement à transposer par ordonnances le Pacte sur la migration et l’asile. Un choix nécessité par l’urgence du calendrier. Les Etats membres ont jusqu’au 12 juin pour transposer le Pacte en droit français. A cette date la plupart des dispositions du pacte seront applicables directement à l’ensemble des Etats membres.