Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a accueilli jeudi le président français Emmanuel Macron à Naples (Italie) pour un sommet destiné à ...
Sommet franco-italien à Naples perturbé par le coronavirus
Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a accueilli jeudi le président français Emmanuel Macron à Naples (Italie) pour un sommet destiné à ...
Par Jérôme RIVET
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Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a accueilli jeudi le président français Emmanuel Macron à Naples (Italie) pour un sommet destiné à "relancer" les relations bilatérales, qui est perturbé par la crise du coronavirus qui frappe les deux pays.
Emmanuel Macron est arrivé en début d'après-midi dans la grande ville du sud de l'Italie avec une importante délégation de 11 ministres, qui devaient se réunir avec Giuseppe Conte et une douzaine de membres du gouvernement italien pour ce premier sommet depuis 2017.
Cette réunion d'une demi-journée a été maintenue par les autorités italiennes en dépit de la propagation de l'épidémie de pneumonie virale partie de Chine en décembre, qui polarise l'attention aussi bien à Rome qu'à Paris.
Emmanuel Macron s'est ainsi rendu dans la matinée à l'hôpital parisien où est décédé la veille le premier Français victime du coronavirus. "On a devant nous une crise, une épidémie qui arrive (...) On va devoir l'affronter au mieux", a-t-il prévenu.
De leurs côtés, les autorités de Rome ont pris des mesures draconiennes, dont la mise en quarantaine de 11 communes du Nord, poumon économique du pays.
Paris avait expliqué mercredi qu'il était "important d'être présent" aux côtés des Italiens et de "coopérer" dans ce "contexte difficile".
Aucun signe d'inquiétude n'était palpable dans les rues de Naples où, sous un beau soleil de printemps, très rares étaient les habitants ou les touristes à porter un masque de protection.
Présent à Naples, le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio a d'ailleurs appelé les touristes étrangers à ne pas fuir la péninsule, en regrettant que les informations présentent toute l'Italie comme une zone à risque alors que seules quelques zones sont concernées.
Le président français Emmanuel Macron (G) et le Premier ministre italien Giuseppe Conte (D) le 27 février 2020 dans les rues de Naples
AFP
Emmanuel Macron a débuté sa visite en se rendant dans deux lieux culturels (un théâtre et une chapelle) de Naples, une "ville très particulière, qui (lui) est chère", selon ses propos tenus sur la première chaîne publique Rai Uno en mars 2019.
- Climat apaisé -
Aucun sommet franco-italien n'a été organisé depuis celui de Lyon (centre-est de la France) fin 2017, une absence qui témoigne de la période de tensions traversée par les deux "soeurs latines" de l'Europe.
En effet, pendant plus d'un an, Paris et Rome ont mené une guerre des mots qui a culminé avec le rappel temporaire de l'ambassadeur français en Italie, la plus grave crise diplomatique transalpine depuis 1945.
L'ex-ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, patron de la Ligue, un parti d'extrême droite, avait pris pour cible privilégiée Emmanuel Macron, dont il avait fustigé l'"arrogance" et l'"hypocrisie" en matière d'immigration.
Le président français Emmanuel Macron (C) et le Premier ministre italien Giuseppe Conte (G) le 27 février 2020 à Naples
AFP
De son côté, Emmanuel Macron avait fait de Matteo Salvini son "opposant principal" en Europe et fustigé la "lèpre nationaliste".
Les relations se sont progressivement apaisées depuis l'avènement, en septembre 2019, d'un nouveau gouvernement Conte de coalition entre le Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-establishment) et le Parti démocrate (centre gauche), Matteo Salvini retournant dans l'opposition.
"Nous pouvons bien travailler avec ce gouvernement", selon une source à la présidence française, car "nous partageons de nombreuses convergences", notamment sur la politique européenne.
Ainsi, Paris et Rome sont désormais "sur la même ligne" sur l'accueil des migrants en Méditerranée, sur lequel les deux capitales s'étaient frontalement opposées.
Les deux pays signeront un accord pour soutenir la coentreprise Naviris, récemment créée par l'italien Fincantieri et le français Naval Group. Seront également discutées la ligne ferroviaire Lyon-Turin, qu'ils espèrent faire financer à hauteur de 50% par des fonds européens, ou la future méga-alliance entre les constructeurs automobiles PSA et Fiat-Chrysler.
Autre sujet de friction il y a peu, le dossier libyen fait désormais l'objet d'un "alignement", selon la présidence française, entre Paris et Rome, qui travaillent à la relance de la mission navale Sophia, désormais centrée sur le contrôle de l'embargo sur les armes à destination de la Libye.
MM. Macron et Conte devraient affirmer leur volonté de signer dans les prochains mois le Traité du Quirinal (nom du siège de la présidence italienne), annoncé en 2017, pour donner "un cadre plus stable et ambitieux" à la coopération franco-italienne, sur le modèle du traité franco-allemand.
Le sommet se terminera par un dîner de gala en compagnie du président Sergio Mattarella.
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