Sondage : Macron donné vainqueur à 56% contre Le Pen, mais encore beaucoup d’incertitude
Emmanuel Macron gagne deux points dans les intentions de vote pour le second tour, selon l’enquête Ipsos, réalisé sur 12.700 personnes pour Le Monde, La Fondation Jean-Jaurès et le Cevipof. Mais 35 % des sondés n’expriment pas d’intention de vote pour dimanche prochain. Chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, ils sont 45%.

Sondage : Macron donné vainqueur à 56% contre Le Pen, mais encore beaucoup d’incertitude

Emmanuel Macron gagne deux points dans les intentions de vote pour le second tour, selon l’enquête Ipsos, réalisé sur 12.700 personnes pour Le Monde, La Fondation Jean-Jaurès et le Cevipof. Mais 35 % des sondés n’expriment pas d’intention de vote pour dimanche prochain. Chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, ils sont 45%.
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C’est une enquête très large, basées sur 12.700 personnes. Beaucoup plus que les 1.000, habituellement interrogées dans la majorité des sondages. Selon cette enquête Ipsos, réalisé pour Le Monde, La Fondation Jean-Jaurès et le Cevipof, que Public Sénat a pu consulter, Emmanuel Macron reprend une légère avance pour le second tour et gagne deux points dans les intentions de vote. Il arriverait en tête, avec 56 % des voix, contre 44 % pour Marine Le Pen. L’écart était à 54/46 lors de la précédente vague, réalisée du 2 au 4 avril, avant le premier tour.

Point important, dans ce sondage, la marge d’erreur se situe à +/- 0,9 point, avec un échantillon de 12.700 personnes (contre +/- 3,1 points dans un sondage à 1000 personnes). Soit, potentiellement un score situé entre 55,1 % et 56,9 % pour Emmanuel Macron et entre 43,1 et 44,9 % pour Marine Le Pen.

Rien n’est joué pour autant. Déjà parce qu’un sondage n’est pas une prédiction. Ensuite parce que l’incertitude reste de mise, d’autant plus qu’une partie des sondés n’expriment pas d’intention de vote, dans ce sondage réalisé entre le 15 et 18 avril, soit entre vendredi et lundi. 35% n’expriment pas d’intention de vote pour dimanche prochain. C’est énorme.

36% des électeurs de Mélenchon comptent voter Macron, contre 19% pour Le Pen

Un refus de choisir ou une indécision qu’on retrouve surtout chez les électeurs du premier tour de Jean-Luc Mélenchon (45 % de non exprimés), même si une majorité d’entre eux (36 %) comptent aller voter Macron, contre 19 % exprimant un vote pour Marine Le Pen. Avec 7,7 millions d’électeurs, leur décision fera en grande partie le second tour. La capacité à mobiliser une partie de ces électeurs est l’une des clefs du scrutin.

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Dans une moindre mesure, 30 % des électeurs de Valérie Pécresse n’expriment pas de vote (50 % disent voter Macron, contre 20 % pour Le Pen, confirmant que l’électorat de Macron et Pécresse se superposent en partie), 28 % chez ceux de Yannick Jadot (qui sont 66 % à voter Macron au second tour). L’électorat du communiste Fabien Roussel est aussi partagé. 45 % n’expriment pas de préférence (41 % votent Macron, 14 % Le Pen), tout comme celui de Jean Lassalle (42 % non exprimés, 29 % à égalité pour Macron et Le Pen). 62 % des électeurs d’Anne Hidalgo voteront Macron, mais 32 % n’expriment pas non plus de préférence, illustrant là aussi la difficulté de la mise en œuvre du front républicain, avec des mots d’ordre des candidats et des partis qui ne sont pas nécessairement suivis par les électeurs.

69 % des sondés sont certains d’aller voter

69 % des sondés sont certains d’aller voter, 10 % vont probablement s’abstenir, 11 % pourraient peut-être s’abstenir. On retrouve cette incertitude enfin dans la part des votes blancs ou nuls. 43 % des personnes exprimant ce choix disent pouvoir encore changer d’avis.

A noter que Marine Le Pen ne fait pas totalement le plein des voix chez Eric Zemmour, arrivé quatrième avec 7,1 % des voix, soit 2,5 millions d’électeurs. 78 % se reportent sur la candidate d’extrême droite, 6 % sur le Président sortant et 16 % n’expriment pas de préférence. Elle ne récupère aussi que 67 % des électeurs de Nicolas Dupont-Aignan (11 % voteraient Macron, 22 % de non exprimés). Une mauvaise nouvelle pour Marine Le Pen, qui a besoin de toutes les voix dans son camp pour espérer l’emporter.

Marine Le Pen préférée à Emmanuel Macron sur le pouvoir d’achat, le chef de l’Etat mieux jugé sur la guerre en Ukraine ou l’économie

La principale préoccupation des Français dans cette élection est de très loin le pouvoir d’achat, à 57 %, suivi derrière par le système de santé (30 %), la guerre en Ukraine (27 %), l’environnement (27 %), les retraites (25 %), l’immigration (25 %), les inégalités sociales (23 %), la délinquance (19 %). Les déficits publics et la dette ne préoccupent que 14 % des sondés, le système scolaire 11 % et l’épidémie de covid-19 ne préoccupe plus que 10 % des personnes interrogées.

A noter que Marine Le Pen est préférée à Emmanuel Macron sur le sujet numéro 1 du pouvoir d’achat (53 % contre 45 %), l’immigration (60 % contre 38 %) ou les inégalités sociales (51 % contre 47 %), alors qu’Emmanuel Macron est mieux jugé sur la guerre en Ukraine (70 % contre 28 %), la croissance économique (63 % contre 35 %), la gestion de l’épidémie de covid-19 (63 % contre 35 %) ou l’environnement (61 % contre 36 %).

Ce qui frappe aussi dans cette enquête, c’est que le choix semble se faire par défaut. C’est une élection par le rejet, plus que par la conviction. Chez les sondés disant voter Macron au second tour, 39 % disent le faire « pour barrer la route à l’autre candidat », contre 38 % chez les électeurs de Marine Le Pen. Soit d’un côté le barrage à l’extrême droite, contre le « tout sauf Macron ». 36 % des sondés disent voter Macron parce qu’ils ont confiance en lui (20 % chez Le Pen). 42 % disent votent Le Pen « parce qu’elle est la plus proche » de leurs idées (25 % chez Macron).

Emmanuel Macron jugé « trop autoritaire », Marine Le Pen plus proche des gens

En terme d’image, 64 % des sondés pensent qu’Emmanuel Macron, qui a occupé la fonction depuis 5 ans, a l’étoffe d’un Président, contre 39 % seulement pour Marine Le Pen. Le candidat d’En Marche est jugé capable de faire face à une crise grave à 62 % (34 % pour Marine Le Pen), qu’il donne une bonne image de la France à l’étranger à 61 % (contre seulement 26 % pour Marine Le Pen).

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Le chef de l’Etat est en revanche jugé « trop autoritaire » à 55 % (contre 51 % pour la candidate d’extrême droite). Marine Le Pen inquiète davantage les électeurs, à 57 % (contre 49 % pour Emmanuel Macron) et est jugée plus démagogique (54 % contre 48 % pour le Président). Point positif pour Marine Le Pen, 63 % des sondés pensent qu’elle « veut vraiment changer les choses » (contre 41 % pour Macron), et 46 % croient qu’elle « comprend bien les problèmes des gens comme nous » (contre seulement 25 % pour Emmanuel Macron, confirmant le manque de proximité que dégage le Président). A noter que les personnes interrogées ne sont que 33 % à penser qu’Emmanuel Macron est « capable de rassembler les Français », niveau similaire à Marine Le Pen (34 %).

Cette grande enquête montre aussi un certain pessimisme quant à l’avenir, quel que soit le candidat élu. 57 % des sondés pensent que la situation de la France se dégradera si Marine Le Pen l’emporte, 48 % le pensent si Emmanuel Macron est reconduit. Ils sont seulement 27 % à estimer que les choses s’amélioreront si Marine Le Pen est à l’Elysée, soit plus que pour Emmanuel Macron (23 %, contre 29 % qui répondent « ni l’un, ni l’autre »). Même constat sur la situation personnelle : 48 % pensent qu’elle se dégradera avec Marine Le Pen, 50 % avec Emmanuel Macron.

 

Méthodologie :

Echantillon de 12.706 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française, inscrite sur les listes électorales, âgée de 18 ans et plus. Date de terrain : Du 15 au 18 avril 2022.

Échantillon interrogé par Internet via l’Access Panel Online d’Ipsos. Méthode des quotas : sexe, âge, profession de la personne interrogée, catégorie d’agglomération, région.

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