Sondage : pour leur santé, les Français font plus confiance à l’Etat qu’à l’Europe
Selon un sondage Harris interactive, 85 % des Français s’estiment « bien protégés » par leur système de santé. Ils font plus confiance à leur pays qu’à l’Europe pour améliorer leur système. Côté santé environnementale, 6 Européens sur 10 souhaitent que l’Europe porte en priorité son action sur la lutte contre la pollution de l’eau et de l’air.

Sondage : pour leur santé, les Français font plus confiance à l’Etat qu’à l’Europe

Selon un sondage Harris interactive, 85 % des Français s’estiment « bien protégés » par leur système de santé. Ils font plus confiance à leur pays qu’à l’Europe pour améliorer leur système. Côté santé environnementale, 6 Européens sur 10 souhaitent que l’Europe porte en priorité son action sur la lutte contre la pollution de l’eau et de l’air.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Quel regard les Européens portent-ils sur le système de santé de leurs pays respectifs ? C’est l’objet de ce sondage Harris interactive pour la Mutualité française, réalisé auprès de 7056 Européens de France, Allemagne, Grèce, Italie, Pologne, Portugal et Suède. Les regards sont contrastés selon le pays.

On souligne souvent que le système de protection sociale permet de bénéficier d’une bonne couverture santé en France. Ce sondage confirme que ce sentiment est partagé en France. Il est plus fort que dans les autres pays.

En moyenne, deux citoyens sur trois estiment être bien protégés par le système de soins de leur pays. 85 % des Français s’estiment « bien protégés », 83 % des Allemands, 73 % des Suédois. Mais ce chiffre tombe à 57 % en Italie et même 35 % en Pologne et 27 % en Grèce. Quand ils se comparent, 50 % des Européens pensent être mieux protégés que leurs voisins en Europe. Ce sentiment est le plus élevé chez les… Français. Ils sont 77 % à penser qu’ils sont les mieux protégés (6 % chez les Grecs).

image1.jpg

Les plus « confiants » quant à l’avenir de leur système de santé ne sont en revanche pas les Français. Ce sont les Suédois (62 %), suivis des Allemands (58 %) et des Français (55 %). Les plus pessimistes sont les Portugais (42 % de confiance), suivis des Polonais (36 %) et des Grecs (20 %).

Pour améliorer le système de santé, les pays européens les plus riches font plus confiance aux pouvoirs publics de leur pays (56 % en France, 55 % en Allemagne). Les moins riches vont plus confiance à l’Union européenne (65 % en Pologne, 61 % au Portugal, 59 % en Grèce). Ils ne sont que 40 % en France (43 % en Allemagne) à faire confiance à l’Europe pour améliorer les choses.

Si 68 % des Français souhaitent que la France régisse son système de santé, ils ne sont que 32 % au Portugal à souhaiter que leur pays s’en charge, 31 % en Grèce. Autrement dit, les pays qui ont, ou estiment avoir, un bon système de santé ne souhaitent pas que l’Europe s’en mêle, quand les pays dont le système de santé est plus faible voient en l’Europe un moyen d’améliorer les choses, notamment par une « harmonisation des droits sociaux » ou par des « directives dans le domaine de la santé ».

image2.jpg

La seconde partie de ce sondage porte sur les sujets environnementaux liés à la santé. Sur l’ensemble des sept pays sondés, les citoyens européens estiment que leurs gouvernements prennent « plutôt bien » en compte la qualité de l’eau (61 %), les épidémies (60 %), la sécurité alimentaire (60 %), mais « plutôt mal » les OGM (60 %), la qualité de l’air (62 %), le dérèglement climatique (65 %), les pesticides (68 %) ou les perturbateurs endocriniens (70 %).

83 % des sondés veulent une plus forte implication de l’Union européenne en matière de santé environnementale, dans le cadre d’une politique commune renforcée. Ce chiffre monte à 95 % au Portugal, 88 % en Pologne, contre 74 % en France et 73 % en Suède.

S’ils devaient choisir un domaine d’action prioritaire pour l’UE en matière d’environnement, 6 Européens sur 10 souhaitent qu’il porte sur la lutte contre la pollution de l’eau et de l’air, 24 % sur la lutte contre les pesticides.

image3.png

Dernière partie de ce sondage : la question de la protection des données personnelles et de santé au travail.

88 % des personnes interrogées en Europe sont « d’accord » pour que la collecte des données personnelles dans le domaine de la santé s’accroisse. Mais ils sont 67 % à s’inquiéter et à ne pas avoir confiance dans l’utilisation qui peut en être faite. 54 % pensent que la collecte et l’utilisation des données sont suffisamment encadrées par la loi.

93 % des personnes sont prêtes à partager leurs données de santé avec leur médecin, 51 % avec les pouvoirs publics de leur pays, 42 % avec les pouvoirs publics européens et 39 % avec des entreprises privées offrant des services de e-santé. A noter qu’en Pologne, ils sont 52 % à être prêts à transmettre leurs données à une entreprise, contre seulement 38 % aux pouvoirs publics de leurs pays.

Coté niveau de protection des données de santé, 67 % des sondés sont satisfaits (71 % en France contre 47 % en Grèce). 90 % des Portugais souhaitent que l’Europe intervienne plus pour la protection des données de santé, contre 63 % des Français.

Concernant la prise en compte des enjeux de santé et de bien-être au travail, 54 % des Français pensent que leur employeur le prend bien en compte (62 % en Suède, 69 % en Italie) et 46 % le pensent pour les pouvoirs publics. En moyenne, 78 % des Européens souhaitent que l’Union européenne exprime une plus grande volonté sur ce sujet.

 

Méthodologie :

Enquête réalisée en ligne du 27 février au 8 mars 2019. Échantillon de 7056 Européens, représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus en France (1000), Allemagne (1012) , Grèce (1002), Italie (1027), Pologne (1012), Portugal (1003) et Suède (1000).

Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, revenus/catégorie socio-professionnelle et région d’habitation. Le poids de chaque pays dans l’échantillon global a été pondéré en fonction du nombre d’habitants.

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le

Drought severely weakens maize crops. A lack of rainfall and high temperatures cause water stress, which can slow plant growth and reduce yields. Faced with these weather conditions, farmers must adapt their practices and optimize water use to safeguard th
7min

Politique

Plan d'aide d'1 milliard pour les agriculteurs : « Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence », demande Guillaume Gontard

Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.

Le