Soupçonné d’espionnage, Benoît Quennedey est mis en examen pour « trahison »
Soupçonné d’espionnage au profit de la Corée du Nord, le fonctionnaire du Sénat, Benoît Quennedey a été mis en examen jeudi pour « trahison » et « intelligence avec une puissance étrangère ». Au Sénat, il a aussi été suspendu provisoirement de ses fonctions. Si les faits incriminés étaient avérés, le Sénat n’exclut pas de se constituer partie civile.

Soupçonné d’espionnage, Benoît Quennedey est mis en examen pour « trahison »

Soupçonné d’espionnage au profit de la Corée du Nord, le fonctionnaire du Sénat, Benoît Quennedey a été mis en examen jeudi pour « trahison » et « intelligence avec une puissance étrangère ». Au Sénat, il a aussi été suspendu provisoirement de ses fonctions. Si les faits incriminés étaient avérés, le Sénat n’exclut pas de se constituer partie civile.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Soupçonné d'espionnage au profit de Pyongyang, le haut fonctionnaire du Sénat qui ne cachait pas ses amitiés nord-coréennes a été mis en examen ce jeudi pour « trahison » et « intelligence avec une puissance étrangère ».

Déféré un peu plus tôt dans la journée au parquet de Paris, Benoît Quennedey a été présenté à un juge d'instruction qui l'a mis en examen pour « trahison par livraison d'informations à une puissance étrangère », « recueil en vue de livraison d'informations à une puissance étrangère » et « intelligence avec une puissance étrangère ».

Conformément aux réquisitions du ministère public, il a été placé sous contrôle judiciaire, ce qui signifie qu'il n'a pas été écroué. Il a désormais interdiction de quitter le territoire, d'exercer sa profession, et des interdictions de contacts.

Suspendu provisoirement de ses fonctions au Sénat

Mardi, le sénateur LR et président du comité de déontologie du Sénat, François Pillet expliquait à publicsenat.fr. « Les fonctionnaires des assemblées parlementaires sont soumis à des obligations strictes. Étant donné l’atteinte portée à l’image du Sénat, je ne vois pas comment Benoît Quennedey pourrait échapper à une suspension de ses fonctions à titre conservatoire ».

C’est chose faite. Après avoir été placé en garde à vue dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), pour « recueil et livraison d’informations à une puissance étrangère, susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation », Benoît Quennedey s’est vu interdire provisoirement, par le secrétaire général de la Questure, l’exercice de ses fonctions. « Par ailleurs, si les faits incriminés étaient avérés, ils seraient d’une extrême gravité et seraient de nature à porter atteinte à la perception de notre Institution. C’est pourquoi, le Sénat pourrait se constituer partie civile » précise le communiqué de la Haute assemblée.

Passionné par la Corée du Nord, sujet pour lequel il a écrit plusieurs ouvrages, cet administrateur à la Direction de l’architecture, du patrimoine et des jardins de la Haute assemblée est également président de l’association d’amitié franco coréenne. Son éditeur Aymeric Monville et le secrétaire général de l’association, Patrick Kuentzmann ont posté une vidéo sobrement intitulée : « Libérez Benoît ».

Au Sénat, un groupe d’étude France Corée du Nord existe mais selon plusieurs sources de la Haute assemblée, Benoît Quennedey n’en a jamais été le secrétaire administratif. « Son profil aurait posé trop de problèmes » souffle l’une d’elles. Mardi, le sénateur LREM, André Gattolin a affirmé à Public Sénat que Benoît Quennedey lui avait fait rencontrer en 2011 des écologistes Sud Coréens. « C’était en fait un groupe crypto-communiste qui prônait la grande réconciliation avec la Corée du Nord » se souvient-il. (voir la vidéo)

Partager cet article

Dans la même thématique

Soupçonné d’espionnage, Benoît Quennedey est mis en examen pour « trahison »
5min

Politique

Sénatoriales : le RN évoque des « contacts » avec des élus LR et centristes pour constituer un groupe

A l’approche des élections sénatoriales, le Rassemblement national a confirmé son objectif de constituer un groupe à la Haute assemblée avec son allié UDR. Lors d’une conférence de presse au siège du parti, Christopher Szczurek, sénateur LR du Pas-de-Calais évoque même des « contacts » avec des sénateurs LR et centristes tentés par l’aventure.

Le

ECOLE DE LANTA
6min

Politique

Protection des enfants : que contient le projet de loi pour réformer l’aide sociale à l’enfance en crise ?

Le gouvernement a présenté ce mercredi les grandes lignes de son projet de loi très attendu sur la protection de l’enfance. Axé sur la réforme de l’Aide sociale à l’enfance, institution en faillite, le texte se veut aussi une réponse aux récentes affaires d’agressions sexuelles dans le périscolaire. Le ministre de l'Éducation a ainsi annoncé la création d'une « liste noire » pour les personnels ayant des comportements problématiques sur des enfants.

Le

Soupçonné d’espionnage, Benoît Quennedey est mis en examen pour « trahison »
6min

Politique

« Un signal catastrophique » : au Sénat, les organisations patronales chargent le gouvernement après le gel des allègements de cotisations sociales

Entendues ce mardi par les sénateurs, les organisations patronales ont réaffirmé leur vive opposition à la décision du gouvernement de ne pas augmenter le budget consacré aux allègements de cotisations sociales, à l’occasion de la revalorisation du Smic en juin. La mesure devrait coûter deux milliards d’euros aux entreprises, qui craignent pour leur compétitivité.

Le

Chateauneuf sur Isere: Jean-Luc Melenchon at the 3rd day of the Amfis summer university LFI
9min

Politique

Bon sondage pour Jean-Luc Mélenchon : « Ça doit être un sérieux clignotant orange pour la gauche sociale et écologiste »

Selon notre sondage Odoxa/Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale, Jean-Luc Mélenchon prend 4 points et se retrouve au coude à coude avec Edouard Philippe. Du pain béni pour LFI. Mais quand les candidatures se préciseront, « il y aura un rééquilibrage », se rassure le socialiste Patrick Kanner. Mais ce sondage doit « servir de rappel » face à l’« incurie de la gauche sociale-démocrate », alerte le sénateur Place Publique, Bernard Jomier.

Le