"Voilà quelqu'un qui parle franchement, avec ses tripes": des milliers de personnes avaient investi dimanche après-midi le Vieux-Port à...
Sous le soleil de Marseille, Mélenchon « parle avec ses tripes »
"Voilà quelqu'un qui parle franchement, avec ses tripes": des milliers de personnes avaient investi dimanche après-midi le Vieux-Port à...
Par Beatrix BACONNIER MARTIN, Lucile MALANDAIN
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Publié le
"Voilà quelqu'un qui parle franchement, avec ses tripes": des milliers de personnes avaient investi dimanche après-midi le Vieux-Port à Marseille, sous un ciel radieux, pour écouter Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise.
Dans la foule, beaucoup de drapeaux bleu, blanc, rouge -ils étaient distribués par dizaines-, mais aussi des drapeaux du PCF et des pancartes aux couleurs de La France insoumise (bleu et orange) avec des slogans de campagne: "inéligibilité des corrompus", "indépendance des médias", "du balai", "fin du contrôle au faciès"...
Jean-Luc Mélenchon lors d'un meeting sur le vieux port de Marseille, le 9 avril 2017
AFP
Sous un franc soleil, en veste mais chemise blanche au col déboutonné, un rameau d'olivier -"l'arbre de la Méditerranée", "de la paix"- à la boutonnière, Jean-Luc Mélenchon harangue la foule rassemblée sur le Vieux-Port, les bateaux et la mer derrière lui.
Quelques minutes après le début de son discours, il fera respecter une minute de silence en mémoire des migrants morts en mer. C'est "à nous de dire que l'émigration est toujours un exil forcé, une souffrance", a-t-il dit en reprenant la parole, sous les applaudissements.
- 'Revivre mai 1981' -
Des partisans de Jean-Luc Mélenchon sur la Cannebière, en route pour un meeting de leur candidat sur le vieux port de Marseille, le 9 avril 2017
AFP
Laurent Viale, 25 ans, étudiant en "administration", a été chez les jeunes socialistes, puis au PS jusqu'en 2009. Il est venu avec son père Gérard Viale, 60 ans, retraité tuyauteur-soudeur et ancien communiste. C'est grâce à lui qu'il a rejoint le candidat de La France insoumise (LFI), raconte Laurent: "On veut être combattif autour de Jean-Luc Mélenchon. Voilà quelqu'un qui parle franchement, avec ses tripes."
"Fillon et les autres, ils nous prennent pour des cons, ça veut dire qu'ils crachent sur la République, la police et la justice. Pourquoi tu t'excuses si t'es innocent?" s'insurge Gérard.
Cathy Lopez, 60 ans, a quitté le NPA quand Olivier Besancenot a perdu la majorité. Elle a "toujours voté Jean-Luc Mélenchon au premier tour". "J'espère que cette fois j'aurai le bonheur de voter pour lui au second", dit-elle.
Selon le candidat, 70.000 personnes sont venues à son meeting, encadrées par 500 volontaires marseillais et une équipe de sécurité de 200 bénévoles LFI formés. Dans la foule, pas mal de familles avec poussettes.
- 'On ne lâche rien' -
Jean-Luc Mélenchon et ses partisans avant le meeting sur le vieux port de Marseille, le 9 avril 2017
AFP
Deux écrans géants ont été installés au Vieux-Port, deux autres sur la Canebière, avec la possibilité d'en installer d'autres, si besoin.
Mickaël Gouyou, 29 ans, Marseillais, fait partie d'un groupe d'appui. "Il ne reste que 14 jours avant le premier tour, on peut clairement être au deuxième tour. Depuis le premier débat, on le sent sur le terrain", assure-t-il.
Merlin, "comme l'enchanteur", précise-t-il, se promène dans la foule. Téléphone portable à hauteur des yeux, il filme les participants. "C'est pour tous ceux qui ne peuvent pas être présents, je leur montre ce qui se passe."
Il aborde Nicole: "Qu'est-ce qu'on dit?" "On ne lâche rien", répond celle-ci. Originaire de Martigues, elle est venue avec son mari "revivre mai 1981", la victoire de François Mitterrand, au travers de Jean-Luc Mélenchon. "Mais attention", précise-t-elle, "c'est pour les idées. Je n'ai pas le culte de la personnalité".
Près du port, Gaëlle et Océane, 17 ans, et Émilie, 11 ans, sont "venues par curiosité". C'est leur "premier meeting". "Ça donne envie de voter", dit Océane.
Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.
Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ».
Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.
Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.