Spots sur le référendum sur ADP : les sénateurs PS et PCF écrivent à la PDG de Radio France
Les parlementaires à l’origine du projet de référendum d’initiative partagée sur la privatisation d’Aéroports de Paris veulent se payer des spots sur Radio France. Devant le refus de la radio publique, les sénateurs de gauche ont décidé d’écrire à Sybile Veil, patronne de Radio France.

Spots sur le référendum sur ADP : les sénateurs PS et PCF écrivent à la PDG de Radio France

Les parlementaires à l’origine du projet de référendum d’initiative partagée sur la privatisation d’Aéroports de Paris veulent se payer des spots sur Radio France. Devant le refus de la radio publique, les sénateurs de gauche ont décidé d’écrire à Sybile Veil, patronne de Radio France.
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Ils veulent se payer des spots. Encore faut-il trouver où les diffuser. Les 248 parlementaires de gauche et de droite qui demandent un référendum d’initiative partagée (RIP) sur la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) veulent financer des spots radios pour informer les citoyens, à défaut de spots officiels du gouvernement. De quoi, espèrent les parlementaires, donner un coup de pouce au recueil des 4,7 millions de signatures nécessaires, qui marque le pas. Le compteur approche quand même le premier million.

Refus de Radio de France pour ne pas « choquer les convictions politiques des auditeurs »

Pour produire ces spots, les députés et sénateurs sont prêts à se cotiser et à payer de leur poche. « Tout cela a un coût. Un spot de 30 secondes, c’est 6.000 euros » expliquait le 12 novembre Eliane Assassi, présidente du groupe CRCE (à majorité communiste) du Sénat. Mais deux jours après, c’est la douche froide. France Inter annonce en direct le refus de Radio France. « Donner la parole à l’opposition sur ce sujet, ça peut paraître clivant » explique un journaliste à l’antenne, alors qu’une campagne d’information émanant du « ministère de l’Intérieur, qui héberge cette pétition, (…) serait évidemment relayée ». On précise au passage que le coût des spots serait de près de 100.000 euros.

Le refus est motivé par l’article 37 du cahier des charges de Radio France. Il affirme que « les messages publicitaires ne doivent contenir aucun élément de nature à choquer les convictions religieuses, philosophiques ou politiques des auditeurs ».

« Etonnement face aux divers sons de cloches »

Les sénateurs de gauche, à l’origine de ce RIP sur ADP, ne veulent pas en rester là. Ils ont très officiellement écrit à Sybile Veil, PDG de Radio France, ce mercredi. « Quelle information civique pourrait "choquer les convictions religieuses, philosophiques ou politiques des auditeurs" ? De plus, quelle information sur les droits des citoyens serait plus "choquante" que les incitations à acheter des actions de la Française des Jeux qui passent en boucle sur vos antennes ? » demandent le président du groupe PS du Sénat, Patrick Kanner, et Eliane Assassi, présidente du groupe CRCE, dans ce courrier dont publicsenat.fr a obtenu copie. Le gouvernement diffuse en effet des spots sur la privatisation de la FDJ. Là, c’est possible, pour une campagne d’information venant du gouvernement.

Jointe par Libération, la direction de Radio France s’est montrée ensuite moins fermée. « On a simplement émis une réserve, en attendant d'avoir plus d'informations » explique un porte-parole. Une déclaration qui a poussé les sénateurs à contacter le groupe de radio publique. Ils attendent encore un retour. « Un mail demandant, auprès de vos services, des précisions sur votre réponse est resté sans réponse » écrivent les sénateurs. « Passé (leur) étonnement face aux divers sons de cloches », Patrick Kanner et Eliane Assassi profitent du courrier pour « solliciter officiellement » la réponse de Sybile Veil. Ils précisent vouloir des spots « informatifs, rémunérés selon les tarifs et politiquement neutre ».

Tractage au congrès des maires

En attendant la réponse, les pourfendeurs de la privatisation d’ADP se sont rendus ce mercredi matin au Congrès de l’Association des maires de France. Echarpes tricolores sur l’épaule, socialistes, dont le numéro 1 du PS, Olivier Faure, et communistes, ont sensibilisé les maires. Et là, il faut se faire remarquer. « Les maires avec les parlementaires ! Venez à nous, n’ayez pas peur ! » se sont égosillés les élus. De quoi trouver quelques relais de plus, à défaut de spots radio.

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