Stratégie vaccinale : sénateurs et députés appellent à la transparence
Après une série d’auditions engagée au mois de décembre, l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), présentait, ce mardi, ses recommandations sur la stratégie vaccinale face à l’épidémie de Covid-19.

Stratégie vaccinale : sénateurs et députés appellent à la transparence

Après une série d’auditions engagée au mois de décembre, l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), présentait, ce mardi, ses recommandations sur la stratégie vaccinale face à l’épidémie de Covid-19.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L’Agence européenne des médicaments (AEM) ne se réunira que la semaine prochaine pour étudier la demande d’autorisation du vaccin Pfizer-BioNTech contre le coronavirus. En attendant, pour l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), « il y a urgence à construire le processus d’information » de la stratégie vaccinale.

« De façon que la polyphonie ne se transforme pas en cacophonie, on a mis en évidence une complexité des dispositifs en présence […] L’exécutif s’appuie sur des agences spécialisées que ce soit l’Agence du médicament, la Haute autorité de santé, Santé publique France, la Direction générale de la Santé » a rappelé Sonia de la Provôté. Une liste d’agences à laquelle, il faut rajouter « des organismes consultatifs » comme le comité vaccin, sans oublier le Conseil scientifique et le Conseil de défense.

« Une défiance forte liée à un discours politique »

En effet, ce qui ressort des premières recommandations des quatre rapporteurs les députés Jean-François Eliaou (LREM) et Gérard Leseul (PS) et les sénatrices Sonia de La Provôté (centriste) et Florence Lassarade (LR), c’est la nécessité pour l’exécutif de faire preuve de transparence, « tant au niveau de l’action que de la communication, afin de rétablir la confiance nécessaire en s’appuyant sur un canal d’information simple, clair et accessible tel qu’un portail unique fournissant une synthèse de l’ensemble des informations disponibles ».

« On sent bien qu’il y a une défiance. On le sent sur les réseaux sociaux […] Cette défiance a des raisons multiples […] Les théories complotistes, la pensée antivaccin… Et il y a une défiance forte liée à un discours politique qui depuis plusieurs mois n’a pas toujours été constant et cohérent. Nous avons noté les cafouillages dans la gestion des masques » a rappelé le député Gérard Leseul lors d’une conférence de presse ce mardi.

D’autres mesures pour retisser le lien de confiance entre les citoyens et les pouvoirs publics sont également préconisées comme : rendre obligatoire la déclaration d’intérêts de l’ensemble des personnes qui interviennent dans le champ de la stratégie vaccinale, afin de prévenir contre les conflits d’intérêts.

S’appuyer sur la médecine de ville

De même, l’OPECST encourage vivement l’exécutif à s’appuyer sur les professionnels de santé et la médecine de ville pour améliorer l’adhésion vaccinale. « C’est une leçon qui a été tirée de l’épisode de vaccination contre la grippe H1N1. Les collectivités territoriales devraient, de notre point de vue, être dès à présent sollicitées » a appuyé Sonia de la Provôté.

En ce qui concerne le volet économique de la stratégie vaccinale, Florence Lassarade a comparé le coût du vaccin aux Etats-Unis et en Europe où il est 20 % plus cher. « Compte tenu du nombre de commandes fermes (200 millions de doses pour la France), les clauses d’annulation, de renégociation et d’indemnisation seront donc d’une importance cruciale » note le rapport de l’OPECST qui fait référence au précédent de la crise du H1N1 en 2009. De même, afin de renforcer la position des États membres et de l’Union européenne dans de futures négociations, les parlementaires recommandent d’instituer un registre européen des contrats signés par les États membres ou la Commission européenne pour la fourniture de produits pharmaceutiques.

Enfin, l’OPECST recommande de doter l’Union européenne d’une agence calquée sur le modèle de la BARDA américaine « capable d’investir massivement, sous la forme de partenariats public-privé, dans le développement initial et la production de médicaments stratégiques, et chargée de constituer des stocks mutualisés ».

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le