Succession de Collomb: la difficile équation de Macron
Qui pour remplacer Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur ? En confiant un intérim à son Premier ministre Édouard Philippe,...

Succession de Collomb: la difficile équation de Macron

Qui pour remplacer Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur ? En confiant un intérim à son Premier ministre Édouard Philippe,...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Qui pour remplacer Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur ? En confiant un intérim à son Premier ministre Édouard Philippe, Emmanuel Macron s'est donné un peu de temps pour trancher sur le profil du futur locataire de la Place Beauvau, entre proximité politique et compétence sécuritaire.

Rien n'avait filtré mercredi matin en provenance de l'Élysée sur le type de profil souhaité par le chef de l'État, ni sur une éventuelle réorganisation du ministère, qui comprenait jusqu'ici un ministre d'État assisté d'une ministre, la MoDem Jacqueline Gourault.

Le premier cercle: la piste Castaner

Emmanuel Macron pourrait être naturellement tenté de faire appel à son premier cercle pour occuper ce poste éminemment sensible. "Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début: Ferrand, Castaner, Griveaux et moi", soulignait récemment Gérard Collomb, dans des propos rapportés par La Dépêche du Midi.

Parmi ces hommes de confiance, Christophe Castaner n'a jamais fait mystère de son intérêt pour le poste. "+Casta+ veut être ministre de l'Intérieur. (La mairie de) Marseille, Macron y pense pour lui mais +Casta+ ne veut pas forcément", relevait dès le printemps un fidèle du chef de l'État. M. Castaner, qui affiche volontiers son entente avec Édouard Philippe, était intervenu à plusieurs reprises durant la campagne présidentielle sur les sujets régaliens, rappelle un de ses proches.

Mais sa nomination provoquerait un autre casse-tête pour M. Macron puisqu'il faudrait lui trouver un remplaçant à la tête de La République en marche et au secrétariat d'État aux Relations avec le Parlement. Richard Ferrand venant d'être élu président de l'Assemblée nationale, subsiste encore la piste menant à Benjamin Griveaux. Mais le porte-parole du gouvernement laboure depuis plusieurs mois le terrain afin de se présenter à la mairie de Paris.

Enfin, le chef de l'État pourrait solliciter un autre homme d'expérience au gouvernement: le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Mais l'ancien ministre de la Défense socialiste, qui avait rallié M. Macron au printemps 2017, devrait privilégier son actuel portefeuille au Quai.

Autre nom circulant parmi les anciens hiérarques socialistes passés chez LREM: celui du sénateur Alain Richard, ministre de la Défense de Lionel Jospin (1997-2002), bon connaisseur des questions électorales, une des attributions de l'Intérieur.

Les pistes à droite: Darmanin, Péchenard

Dans l'aile droite de la majorité, les regards se tournent vers Gérald Darmanin. Proche d'Édouard Philippe, passé de LR à LREM en 2017, le ministre des Comptes publics est souvent présenté comme un des profils les plus "politiques" du gouvernement. Une arrivée Place Beauvau étofferait son CV, à l'image de l'un de ses modèles également passé par Bercy et par l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Le timing est cependant des plus délicats, en pleine élaboration du projet de loi de finances 2019 et le prélèvement à la source.

Autre hypothèse évoquée: Frédéric Péchenard. L'ancien patron de la police nationale, également proche de Nicolas Sarkozy, est actuellement vice-président LR de la région Ile-de-France aux côtés de Valérie Pécresse. La Place Beauvau ? "On ne m'a rien demandé mais si on me le demandait, je réfléchirais", affirmait-il y a quelques semaines à l'AFP.

Mais son arrivée à Beauvau serait mal vécue par Les Républicains. "Ce serait renoncer aux convictions qui sont les siennes", a prévenu la secrétaire générale de LR Annie Genevard. En mars, M. Péchenard s'était déclaré opposé à la rétention administrative des fichés S et au rétablissement de l'état d'urgence, défendus par Laurent Wauquiez, président de LR. Le président Macron l'en avait félicité, par l'intermédiaire de son directeur de cabinet Patrick Strzoda.

En revanche, Christian Estrosi (Les Républicains) a indiqué mercredi qu'il n'était "absolument pas" candidat. Bienveillant envers Emmanuel Macron depuis son élection, le maire de Nice s'est récemment fait plus critique.

Les techniciens

Parmi les noms circulant dans la presse figure celui de Jean-Michel Fauvergue, ex-patron du Raid devenu député LREM, ou encore de François Molins, procureur de Paris en partance pour la Cour de cassation et visage de la lutte antiterroriste depuis les attentats de 2015.

Partager cet article

Dans la même thématique

Succession de Collomb: la difficile équation de Macron
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

Succession de Collomb: la difficile équation de Macron
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le