Succession de Collomb: la difficile équation de Macron
Qui pour remplacer Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur ? En confiant un intérim à son Premier ministre Édouard Philippe,...

Succession de Collomb: la difficile équation de Macron

Qui pour remplacer Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur ? En confiant un intérim à son Premier ministre Édouard Philippe,...
Public Sénat

Par Baptiste PACE

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Qui pour remplacer Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur ? En confiant un intérim à son Premier ministre Édouard Philippe, Emmanuel Macron s'est donné un peu de temps pour trancher sur le profil du futur locataire de la Place Beauvau, entre proximité politique et compétence sécuritaire.

Rien n'avait filtré mercredi matin en provenance de l'Élysée sur le type de profil souhaité par le chef de l'État, ni sur une éventuelle réorganisation du ministère, qui comprenait jusqu'ici un ministre d'État assisté d'une ministre, la MoDem Jacqueline Gourault.

Le premier cercle: la piste Castaner

Emmanuel Macron pourrait être naturellement tenté de faire appel à son premier cercle pour occuper ce poste éminemment sensible. "Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début: Ferrand, Castaner, Griveaux et moi", soulignait récemment Gérard Collomb, dans des propos rapportés par La Dépêche du Midi.

Parmi ces hommes de confiance, Christophe Castaner n'a jamais fait mystère de son intérêt pour le poste. "+Casta+ veut être ministre de l'Intérieur. (La mairie de) Marseille, Macron y pense pour lui mais +Casta+ ne veut pas forcément", relevait dès le printemps un fidèle du chef de l'État. M. Castaner, qui affiche volontiers son entente avec Édouard Philippe, était intervenu à plusieurs reprises durant la campagne présidentielle sur les sujets régaliens, rappelle un de ses proches.

Mais sa nomination provoquerait un autre casse-tête pour M. Macron puisqu'il faudrait lui trouver un remplaçant à la tête de La République en marche et au secrétariat d'État aux Relations avec le Parlement. Richard Ferrand venant d'être élu président de l'Assemblée nationale, subsiste encore la piste menant à Benjamin Griveaux. Mais le porte-parole du gouvernement laboure depuis plusieurs mois le terrain afin de se présenter à la mairie de Paris.

Enfin, le chef de l'État pourrait solliciter un autre homme d'expérience au gouvernement: le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Mais l'ancien ministre de la Défense socialiste, qui avait rallié M. Macron au printemps 2017, devrait privilégier son actuel portefeuille au Quai.

Autre nom circulant parmi les anciens hiérarques socialistes passés chez LREM: celui du sénateur Alain Richard, ministre de la Défense de Lionel Jospin (1997-2002), bon connaisseur des questions électorales, une des attributions de l'Intérieur.

Les pistes à droite: Darmanin, Péchenard

Dans l'aile droite de la majorité, les regards se tournent vers Gérald Darmanin. Proche d'Édouard Philippe, passé de LR à LREM en 2017, le ministre des Comptes publics est souvent présenté comme un des profils les plus "politiques" du gouvernement. Une arrivée Place Beauvau étofferait son CV, à l'image de l'un de ses modèles également passé par Bercy et par l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Le timing est cependant des plus délicats, en pleine élaboration du projet de loi de finances 2019 et le prélèvement à la source.

Autre hypothèse évoquée: Frédéric Péchenard. L'ancien patron de la police nationale, également proche de Nicolas Sarkozy, est actuellement vice-président LR de la région Ile-de-France aux côtés de Valérie Pécresse. La Place Beauvau ? "On ne m'a rien demandé mais si on me le demandait, je réfléchirais", affirmait-il y a quelques semaines à l'AFP.

Mais son arrivée à Beauvau serait mal vécue par Les Républicains. "Ce serait renoncer aux convictions qui sont les siennes", a prévenu la secrétaire générale de LR Annie Genevard. En mars, M. Péchenard s'était déclaré opposé à la rétention administrative des fichés S et au rétablissement de l'état d'urgence, défendus par Laurent Wauquiez, président de LR. Le président Macron l'en avait félicité, par l'intermédiaire de son directeur de cabinet Patrick Strzoda.

En revanche, Christian Estrosi (Les Républicains) a indiqué mercredi qu'il n'était "absolument pas" candidat. Bienveillant envers Emmanuel Macron depuis son élection, le maire de Nice s'est récemment fait plus critique.

Les techniciens

Parmi les noms circulant dans la presse figure celui de Jean-Michel Fauvergue, ex-patron du Raid devenu député LREM, ou encore de François Molins, procureur de Paris en partance pour la Cour de cassation et visage de la lutte antiterroriste depuis les attentats de 2015.

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