Suppression de la taxe d’habitation : Dussopt promet une « neutralité du transfert » pour les communes
Le secrétaire d’État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics a voulu rassurer les sénateurs sur le mécanisme de compensation imaginé pour les communes quand celles-ci seront privées des ressources de la taxe d’habitation.

Suppression de la taxe d’habitation : Dussopt promet une « neutralité du transfert » pour les communes

Le secrétaire d’État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics a voulu rassurer les sénateurs sur le mécanisme de compensation imaginé pour les communes quand celles-ci seront privées des ressources de la taxe d’habitation.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Il est un article du projet de loi de finances (PLF) pour 2020 sur lequel les sénateurs seront particulièrement vigilants : l’imposant article 5 organisant la refonte de la fiscalité locale et les nouvelles façons d’assurer aux communes les moyens d’exercer leurs missions quotidiennes, une fois que la taxe d’habitation aura disparu dans sa grande majorité. En 2020, cet impôt local ne concernera plus que 20 % des foyers fiscaux les plus aisés. En 2023, plus personne ne la paiera sur sa résidence principale. L’opération se chiffre à 18 milliards d’euros.

Pour les communes, le manque à gagner est important. Le gouvernement a tranché pour une solution qui se dessinait depuis plusieurs mois. Les communes récupéreront la part de la taxe foncière sur le foncier bâti qui revenait alors aux départements, ces derniers étant compensés par une fraction de la TVA perçue par l’État. « Il faut tenir l’engagement du président de la République pris en novembre 2017 de donner aux collectivités une ressource, en compensation, qui soit à la fois pérenne et dynamique », a rappelé Olivier Dussopt, secrétaire d’État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, auditionné par la commission des Finances du Sénat, aux côtés du ministre de tutelle, Gérald Darmanin.

Les petites communes pourront garder la monnaie

Dans ce nouveau modèle de financement pour les collectivités, qui « s’appliquera intégralement en 2021 », les compensations varieront localement en fonction des niveaux de la taxe foncière. Certaines communes y gagneront. D’autres non. Selon le secrétaire d’État, « un peu moins de 25 000 seront surcompensées » et « un peu plus de 10 000 seront sous-compensées ». Le gouvernement souhaite une opération nulle, à sa charge. Olivier Dussopt promet de « garantir la neutralité du transfert » en mettent en place un coefficient correcteur.

Il y a une bonne nouvelle pour les petites communes néanmoins, dans le PLF. Si la surcompensation d’une commune, par le versement de la taxe foncière, est inférieure à 10 000 euros, aucun coefficient correcteur ne s’appliquera. En clair, le trop-perçu peut être conservé. 7 300 communes bénéficieront de ce geste, dont 95 % ont moins de 1 000 habitants.

Le gouvernement enverra les simulations demandées par Gérard Larcher

Initialement, davantage de communes auraient dû être concernées par ce coup de pouce. Cet été encore, le gouvernement promettait que les communes, obtenant jusqu’à 15 000 euros de trop-perçus dans ces compensations financières, pourraient conserver l’argent. À la recherche d’économies pour boucler son budget 2020, l’exécutif a dû se résoudre à abaisser le curseur à 10 000 euros.

Pour être certain que la réforme fiscale locale se fera sans communes perdantes, le Sénat demande des simulations. Pour toutes les communes. Gérard Larcher a d’ailleurs prévenu qu’il refuserait d’ouvrir la séance dans l’hémicycle du Sénat sur le budget, tant qu’il n’obtiendrait pas ces calculs (relire notre article). Le coup de gueule du président du Sénat, lors du congrès des Régions de France, semble avoir payé. « Le Premier ministre se charge de lui transmettre ces simulations. Il m’a indiqué lors des questions d’actualité au gouvernement qu’il avait signé le courrier dans les dernières heures », a fait savoir Olivier Dussopt.

Le secrétaire d’État rappelle, en outre, qu’il y a « deux ou trois jours », les directions départementales des finances publiques ont « reçu pour instruction » de « donner les simulations aux élus qui le souhaitent ».

Partager cet article

Dans la même thématique

SoftBank CEO Masayoshi Son Meets French President Emmanuel Macron at Elysee Palace
5min

Politique

Nouvelle dissolution avant la présidentielle 2027 ? Une « instrumentalisation » de la Constitution que rien n’interdit

Plusieurs conseillers du camp présidentiel évoquent dans la presse la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale avant la tenue de la présidentielle 2027 pour compliquer la possible arrivée au pouvoir du Rassemblement national. Un scénario inédit sous la Vème République, que rien n’interdit formellement, mais qui dévoierait l’esprit de la Constitution, de l’avis de plusieurs juristes.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
7min

Politique

Affaire Lyhanna : après un rapport accablant de l'inspection, la responsabilité politique est-elle écartée ?

L'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice déclenchée par la mort de la jeune Lyhanna a pointé, ce lundi, une série de dysfonctionnements suite au dépôt de plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella. Sébastien Lecornu indique que « la puissance publique ne se défaussera pas » face à « une vérité d'une extrême gravité » et promet des mesures, sans évoquer la proposition de « loi intégrale » sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

France Extreme Weather Heat
8min

Politique

Canicule : le congé climatique fait monter la température politique

Face à une nouvelle vague de chaleur, les Écologistes proposent la création d’un « congé climatique » de cinq jours par an. Une mesure qui est déjà mise en place en Espagne depuis 2024. Entre urgence sanitaire, coût économique et adaptation de la société, la mesure attise les débats bien au-delà du thermomètre.

Le

The left-wing groups give a press conference on Bill of Finance
6min

Politique

Sénatoriales 2026 : les communistes visent « la stabilité », voire gagner des sièges « si toutes les planètes sont alignées »

Avec seulement 4 sénateurs renouvelables sur 18, le groupe CRCE-K (communiste) du Sénat aborde les élections sénatoriales de septembre prochain avec une certaine sérénité. Il espère conserver les sièges de ses quatre sortants. C’est surtout le scrutin de 2029, où 14 siègent seront remis en jeu, qui s’annonce plus ardu.

Le