Takieddine, mis en examen: « une reconnaissance de ma crédibilité »
Ziad Takieddine s'est dit "soulagé" jeudi par sa mise en examen, intervenue la veille, qui selon lui conforte sa "crédibilité"...

Takieddine, mis en examen: « une reconnaissance de ma crédibilité »

Ziad Takieddine s'est dit "soulagé" jeudi par sa mise en examen, intervenue la veille, qui selon lui conforte sa "crédibilité"...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Ziad Takieddine s'est dit "soulagé" jeudi par sa mise en examen, intervenue la veille, qui selon lui conforte sa "crédibilité" dans ses déclarations visant le camp Sarkozy, a-t-il déclaré à l'AFP.

L'homme d'affaires franco-libanais a été mis en examen pour "complicité de corruption et complicité de trafic d'influence actif et passif" et pour "complicité de détournements de fonds publics en Libye" dans l'enquête sur des soupçons de financement libyen dans la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007. Il n'a pas été placé sous contrôle judiciaire.

"Je suis soulagé par cette mise en examen qui va me permettre de rentrer dans le dossier (du financement libyen présumé) et de continuer à collaborer avec la justice. C'est une reconnaissance de la crédibilité de mes témoignages sur la corruption, cela fait plus de deux ans que j'en parle", a-t-il affirmé à l'AFP.

Ziad Takieddine était convoqué mercredi par le juge d'instruction après ses révélations fracassantes à Mediapart mi-novembre, où il avait confié avoir convoyé vers Paris, entre novembre 2006 et début 2007, trois valises contenant 5 millions d'euros en provenance du régime de Kadhafi. Des fonds qu'il dit avoir remis deux fois à Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur et à l'ancien chef de l’État lui-même, ce qu'ils ont farouchement démenti.

Takieddine dit avoir effectué ces remises de liquide à la demande de l'ex-chef des services secrets libyens, Abdallah Senoussi, dans le but qui lui avait été présenté à l'époque, pour "rémunérer la formation d'agents libyens (du renseignement) en France", dans le cadre de la coopération entre Paris et Tripoli.

Aujourd'hui, il affirme que son témoignage corrobore les déclarations en 2012 d'Abdallah Senoussi, lors d'une audition dans le cadre de poursuites de la Cour pénale internationale. Il avait alors affirmé avoir "personnellement supervisé" le transfert de cinq millions d'euros "pour la campagne du président Nicolas Sarkozy en 2006-2007" via un intermédiaire, "le nommé Takieddine", selon des éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance.

Son avocate Élise Arfi a estimé à l'issue de l'audition de mercredi que la justice donnait "beaucoup de crédit à la version d'Abdallah Senoussi".

Pour Ziad Takieddine, "la prochaine étape, ce sont les mises en examen de Nicolas Sarkozy et Claude Guéant".

Dans ses précédentes auditions, l'homme d'affaires disait avoir eu confirmation de versements pour la campagne de Nicolas Sarkozy, mais jusqu'ici, il ne s'était jamais impliqué dans des remises de fonds.

Partager cet article

Dans la même thématique

Takieddine, mis en examen: « une reconnaissance de ma crédibilité »
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Takieddine, mis en examen: « une reconnaissance de ma crédibilité »
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Takieddine, mis en examen: « une reconnaissance de ma crédibilité »
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le